La pénurie de radiologues en Israël n’est pas un secret. Elle se mesure en files d’attente, en délais d’attente allongés, en diagnostics retardés — et dans le sud du pays, elle est particulièrement sévère. C’est précisément pour combler cette lacune que le Conseil de l’enseignement supérieur a donné son feu vert au SCE — le Collège académique d’ingénierie Sami Shamoun — pour lancer dès le mois d’octobre prochain, dans le cadre du semestre d’hiver, un nouveau cursus de licence en imagerie médicale (B.Sc.). Une première dans le Néguev.
Les cours théoriques se dérouleront sur le campus de l’établissement à Beer-Sheva. Pour les enseignements pratiques, les étudiants seront accueillis dans deux structures hospitalières de référence de la région : l’hôpital Soroka à Beer-Sheva et l’hôpital Barzilai à Ashkelon. La durée totale du programme est d’environ trois ans. L’obtention du diplôme reste conditionnée à l’accréditation officielle du Conseil — une procédure standard pour les nouvelles filières en cours d’homologation.
Une pénurie qui n’attendait plus
Les données du ministère de la Santé ne laissent pas de place à l’ambiguïté : la demande en professionnels de l’imagerie médicale — radiographistes, spécialistes du scanner, de l’IRM, de l’échographie — dépasse largement l’offre disponible dans le pays, et particulièrement dans le sud. Cette réalité se traduit au quotidien par une pression croissante sur les équipes en place, une érosion professionnelle accélérée et des temps d’attente qui pèsent directement sur la qualité des soins apportés aux patients.
Le programme du SCE a été conçu pour répondre à ces besoins de front. Il couvrira les fondamentaux des sciences du vivant, de la physique et des technologies avancées appliquées à l’imagerie. Les étudiants acquerront une maîtrise des principes physiques propres aux différentes techniques d’imagerie, des connaissances en pathologie nécessitant un diagnostic par imagerie, ainsi que des outils pratiques et théoriques adaptés aux réalités contemporaines du secteur.
La cible du programme est clairement définie : les jeunes candidats souhaitant s’intégrer dans le système de santé israélien, que ce soit en milieu hospitalier ou dans les centres d’imagerie privés, dans un domaine qui combine exigences techniques et impact humain direct sur la vie des patients.
« Un vrai remède à la pénurie du Sud »
Le professeur Yéhouda Haddad, fondateur du SCE, a formulé l’ambition du projet sans détour. « Il s’agit d’un programme d’études unique en son genre dans le Néguev, destiné à répondre au besoin croissant en radiologues et professionnels de l’imagerie », a-t-il déclaré. « Ce programme constituera une vraie solution à la pénurie qui existe aujourd’hui dans la prestation de services médicaux dans la région du Sud, et permettra au système de santé israélien d’être prêt à former et recruter des professionnels médicaux de qualité, qui pourront apporter le meilleur service possible aux patients. »
Derrière cette déclaration institutionnelle se dessine un enjeu plus large. Le Néguev concentre une part significative de la population israélienne, avec des caractéristiques démographiques spécifiques — notamment une proportion importante de communautés bédouines — qui génèrent des besoins de santé qui ne peuvent être ignorés. Former sur place les futurs techniciens en imagerie, dans les hôpitaux où ils seront ensuite appelés à exercer, c’est aussi parier sur l’ancrage territorial et réduire le phénomène de fuite des cerveaux vers le centre du pays.
Le partenariat avec Soroka et Barzilai n’est pas anodin. Ces deux établissements constituent l’épine dorsale du système hospitalier du Sud. Ils traitent des cas complexes, gèrent des urgences permanentes, et ont depuis longtemps intégré la formation dans leur fonctionnement. Leur inclusion dans le dispositif pratique du cursus garantit une exposition immédiate au terrain réel — loin des simulations de laboratoire.
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