Il y a des affaires criminelles qui font froid dans le dos, non pas par leur complexité, mais par leur cible. La police d’Autriche orientale a annoncé dimanche l’arrestation d’un homme de 39 ans, soupçonné d’avoir introduit du poison à rat dans des petits pots de nourriture pour bébés de la marque HiPP, placés ensuite sur les rayons de supermarchés en Europe centrale. L’objectif présumé : extorquer de l’argent au fabricant en le menaçant de contaminer davantage de produits.
Cinq petits pots contaminés ont été retrouvés avant d’être consommés. Le mot « avant » prend ici tout son poids.
Comment l’affaire a éclaté
Tout a commencé le 18 avril, lorsqu’un client a signalé un pot qui semblait endommagé dans un supermarché de la ville d’Eisenstadt, en Autriche. La police du Land de Burgenland et le parquet ont ouvert une enquête. En parallèle, un individu non identifié avait envoyé un message à une boîte mail partagée de la société HiPP — la manœuvre d’extorsion. HiPP a immédiatement alerté la police, déclenchant une procédure d’urgence.
L’enquête a révélé que cinq pots avaient subi une manipulation avant d’être remis en rayon. Les pots ciblés étaient des contenants de 200 grammes à base de carottes et de pommes de terre, destinés aux nourrissons de cinq mois. Ils avaient été commercialisés dans les réseaux SPAR en Autriche — incluant les enseignes EUROSPAR et INTERSPAR.
Un rappel dans trois pays
En réaction à la découverte, HiPP a procédé à un rappel préventif massif de ses produits en Autriche, en Slovaquie et en République tchèque. Dans ces deux derniers pays, l’ensemble des petits pots de la marque ont été retirés des rayons par précaution dès la révélation de l’affaire en avril. La société, dont le siège est en Allemagne, a tenu à préciser que la contamination n’était pas imputable à un défaut de fabrication : les pots avaient quitté l’usine dans un état parfait. La manipulation avait eu lieu après leur mise en rayon.
La réaction de HiPP
Dans un communiqué publié à la suite de l’arrestation, HiPP a exprimé un « grand soulagement » et a annoncé qu’elle fournirait des informations complémentaires au fur et à mesure que les détails vérifiés de l’enquête lui parviendraient. Le parquet de Burgenland a de son côté ouvert une enquête pour « mise en danger délibérée du public » — une qualification pénale lourde, qui reflète l’intention manifeste de cibler des consommateurs parmi les plus vulnérables : des nourrissons.
Les rapports d’experts sur la toxicité du poison retrouvé dans les pots sont encore en attente de finalisation. Le suspect, lui, est en cours d’interrogatoire.
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