Un ingénieur israelien tué par la chute d’un arbre à Assaf Harofeh : sa veuve réclame 140 millions de shekels

Ce qui devait être l’un des jours les plus heureux d’une famille israélienne s’est transformé en tragédie absolue. Dmitri Lavrov, ingénieur logiciel senior chez Amazon et diplômé du Technion – Israel Institute of Technology, a été tué après la chute brutale d’une énorme branche d’eucalyptus au centre médical Shamir Medical Center (Assaf Harofeh).

Sa veuve, Olga Lavrov, dépose désormais une plainte colossale de 140 millions de shekels contre l’hôpital et le ministère israélien de la Santé. Selon les accusations présentées devant la justice, les responsables connaissaient depuis des années l’état dangereux de l’arbre mais auraient choisi d’ignorer les avertissements.

Le drame s’est produit le 28 juillet 2025. Dmitri Lavrov accompagnait sa femme enceinte à la maternité pour la naissance de leur deuxième enfant. Sur recommandation de l’équipe médicale, la famille avait effectué une promenade dans le petit bois situé près de l’hôtel de maternité afin de favoriser le déclenchement de l’accouchement.

הרוג מקריסת עץ באסף הרופא

Dmitri avait laissé sa femme, leur fille et leur doula assises sur un banc afin d’aller acheter une bouteille d’eau dans le centre commercial voisin. Alors qu’il revenait par le trottoir longeant le bois, une gigantesque branche d’eucalyptus d’environ sept mètres de long et pesant plus de 150 kilos s’est effondrée sur lui sans le moindre avertissement.

Les secours du Magen David Adom, les pompiers et la police sont rapidement arrivés sur place. Les équipes de secours ont tenté d’extraire Dmitri Lavrov à l’aide d’outils hydrauliques, mais les médecins n’ont pu que constater son décès.

À quelques dizaines de mètres de là, Olga Lavrov et leur fille tentaient de comprendre ce qui venait de se produire. Après plusieurs appels téléphoniques restés sans réponse, Olga a commencé à soupçonner que la victime mentionnée par les secours était son mari. Elle a ensuite été immédiatement reconduite à la maternité, où le personnel médical lui a officiellement annoncé sa mort. Deux jours plus tard, elle donnait naissance à leur deuxième fils, que Dmitri n’aura jamais vu.

La plainte déposée devant le tribunal du district central accuse le centre médical Shamir et le ministère de la Santé de négligence grave et prolongée dans l’entretien des arbres présents sur le site hospitalier.

Selon les avocats de la famille, l’eucalyptus responsable de l’accident — identifié comme “arbre numéro 21” dans les registres du centre médical — avait déjà été signalé comme nécessitant un traitement urgent lors d’une inspection professionnelle réalisée dès 2019. Un code-barres retrouvé sur le tronc démontrerait que l’arbre était parfaitement identifié et suivi dans les systèmes de contrôle de l’hôpital.

Le dossier judiciaire affirme que les responsables auraient permis un arrosage excessif de la zone, procédé à des tailles agressives ayant fragilisé la structure de l’arbre et omis d’effectuer des contrôles de sécurité suffisants. Les plaignants dénoncent également l’absence de restriction d’accès pour les piétons dans cette zone jugée dangereuse.

L’accident se serait produit lors d’un phénomène connu des spécialistes sous le nom de « rupture estivale », c’est-à-dire l’effondrement soudain de lourdes branches durant les journées d’été calmes, sans vent ni tempête.

L’avocat de la famille, Me Eran Becker, affirme :
« Cette catastrophe n’est pas un décret du destin. Tout était écrit sur le tronc depuis des années. L’hôpital et le ministère savaient que ces arbres étaient dangereux mais n’ont pas agi. »

L’un des éléments les plus accablants du dossier concerne les mesures prises après le drame. Environ un mois après la mort de Dmitri Lavrov, le centre médical aurait publié un appel d’offres pour l’élagage et l’éclaircissement de 170 arbres du complexe hospitalier, dont 42 eucalyptus de la même espèce que celui ayant provoqué la mort de l’ingénieur.

Le centre médical Shamir a réagi en déclarant qu’il s’agissait d’un événement tragique et imprévisible ayant provoqué une issue dramatique. L’établissement affirme que plusieurs accusations formulées dans la plainte seraient inexactes et précise qu’il présentera sa défense devant les juridictions compétentes.

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