Le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) a présenté à la direction politique israélienne les résultats d’un sondage récemment mené auprès de la population de Gaza : près de 80 % des Gazaouis interrogés ont exprimé le souhait de recevoir des informations sur les mécanismes permettant d’émigrer vers un pays tiers via les passages de Rafah et de Kerem Shalom. L’information a été rapportée par le Jerusalem Post et confirmée par d’autres sources israéliennes de premier plan.
Le sondage posait aux habitants de la bande une question précise : sur quels sujets souhaiteraient-ils « recevoir des informations supplémentaires pour le public palestinien » ? C’est dans ce cadre que presque huit personnes sur dix ont indiqué vouloir en savoir plus sur les voies légales pour quitter le territoire. La formulation indirecte de la question n’a pas empêché le résultat d’être sans ambiguïté. Certains responsables sécuritaires israéliens estiment d’ailleurs que le chiffre réel est sans doute plus élevé encore, des répondants ayant pu hésiter à exprimer ouvertement leur position dans un contexte de surveillance sociale. « Il est possible que certains n’aient pas pleinement compris la question ou qu’ils aient eu des réticences à exprimer leur avis ouvertement », a précisé un responsable sécuritaire cité par le JPost.
Ces données arrivent dans un contexte précis : le Hamas continue de refuser de désarmer, condition centrale du plan Trump pour l’après-guerre et prérequis indispensable à toute reconstruction sérieuse de l’enclave. Depuis le début du conflit consécutif au massacre du 7 octobre 2023, plus de 44 000 Gazaouis — incluant des patients médicaux et des personnes détenant des visas pour des pays tiers — sont sortis de la bande via les passages de Rafah et de Kerem Shalom. Environ 2 500 sont partis via Rafah après la réouverture du point de passage en février, dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu.
Ce sondage du COGAT ne s’inscrit pas dans le vide. D’autres enquêtes d’opinion menées dans les mois précédents avaient déjà signalé une tendance similaire, quoique moins prononcée. Une étude Gallup publiée au printemps 2025 indiquait que 52 % des Gazaouis envisageraient de partir, temporairement ou définitivement, si l’occasion se présentait. Le chiffre du COGAT — 80 % — marque une progression significative et reflète sans doute la dégradation des conditions de vie dans la bande depuis la reprise des hostilités.
La signification politique de ces données est considérable. Elles révèlent un écart profond entre la rhétorique du Hamas — qui présente toute évocation du départ comme une capitulation devant l’ »occupation » — et les aspirations concrètes d’une population épuisée. Elles viennent également alimenter le débat, en Israël et aux États-Unis, sur la faisabilité du plan Trump visant à reconstruire Gaza comme zone côtière après le départ du Hamas du pouvoir, et sur la question de savoir si des pays tiers accepteraient d’accueillir des Gazaouis souhaitant partir volontairement.
Pour aller plus loin :
➡ Le Hamas et le Fatah s’affrontent publiquement sur le sort des Palestiniens de la bande de Gaza






