Moshe Davidovitch, président du Conseil régional de Mateh Asher et président du Forum des localités de la ligne de front, a révélé ce matin dans une interview à la radio 103FM une information qui n’avait pas encore été rendue publique : Binyamin Netanyahou l’aurait personnellement contacté la veille pour l’informer d’une décision gouvernementale concernant la région nord — et, au passage, lui aurait glissé que la solution contre les drones explosifs du Hezbollah était désormais trouvée et serait mise en œuvre dans les jours qui viennent.
« Il m’a appelé hier soir, raconte Davidovitch. Je l’ai remercié pour la décision en elle-même, qui est vraiment importante, mais je lui ai fait savoir qu’elle ne serait pas complète sans la sécurité de nos habitants. Il y a une guerre dans le Nord. Sur la question des drones, le Premier ministre m’a dit qu’une solution a déjà été trouvée et qu’elle sera mise en application dans les prochains jours. J’ai voulu en savoir plus — on m’a répondu que le sujet est pour l’heure classifié et ne peut pas être divulgué. »
Ce type de confidence, glissée dans un coup de fil nocturne du chef du gouvernement à un élu local, sonne à la fois comme une promesse et comme un signal politique adressé à une population épuisée. Depuis plusieurs semaines, les localités du Nord subissent des attaques répétées de drones à guidage par fibre optique — une technologie redoutablement difficile à contrer, car elle échappe à la guerre électronique classique. Le fil de fibre optique relie le drone à son opérateur, qui peut se tenir bien au-delà de la ligne jaune et piloter l’engin sur une distance pouvant atteindre dix kilomètres, sans aucun signal radio à brouiller.
Un défi qui dépasse les réponses classiques
Huit soldats ont été tués par ces engins en l’espace de six semaines, et le gouvernement a débloqué deux milliards de shekels pour accélérer la recherche de contre-mesures. L’armée israélienne explore plusieurs pistes simultanément : des filets de protection, des munitions à fragmentation, des combats drone contre drone, et des solutions de détection plus précises. En parallèle, le chef du Renseignement militaire, le général Shlomi Binder, a mobilisé les meilleures ressources de la communauté du renseignement — notamment des cerveaux de l’Unité 81, la structure technologique d’élite de la Direction du Renseignement — pour analyser la menace et proposer des solutions créatives.
Le problème fondamental est connu : les drones à fibre optique représentent un changement de paradigme. Ce n’est plus seulement une menace tactique que les commandants sur le terrain doivent gérer — c’est une menace stratégique qui modifie le comportement des unités combattantes et oblige Tsahal à revoir ses doctrines d’engagement dans le sud du Liban.
La semaine dernière, Netanyahou avait reconnu lors d’une réunion du Cabinet qu’il avait lui-même alerté sur le danger des drones lors d’une réunion du Cabinet six ans plus tôt, et que la guerre en Ukraine avait confirmé l’ampleur du problème sur le champ de bataille. Son cabinet avait alors lancé ce qu’il a qualifié d’ « effort national massif » pour trouver une réponse technique.
Les habitants de la ligne de front, eux, attendent depuis trop longtemps. Davidovitch n’a pas caché son impatience : « La décision du gouvernement ne sera complète que lorsque nos habitants seront en sécurité. » La promesse du Premier ministre, aussi rassurante soit-elle, devra se traduire en résultats concrets sur le terrain — dans un délai que le secret défense ne permet pas encore de préciser.
Pour aller plus loin, retrouvez notre article sur le déploiement du système laser Or Eitan dans le Nord d’Israël ainsi que notre couverture des opérations de Tsahal au sud du Liban.






