Ahad tué par balle accidentelle, son père : « Il n’y a aucune raison d’enquêter. Il faut relever le moral de ses camarades »

« Je ne vois aucune raison d’enquêter et de juger le soldat qui a tiré sur mon fils. Je demande qu’on relève le moral de ses camarades. » Ces mots, prononcés ce dimanche matin dans le studio de Ynet par David Yaari, sont ceux d’un père en deuil. Un père dont le fils, le soldat de deuxième classe Ahad Yaari, 21 ans, combattant de la brigade Givati originaire de Rehovot, est mort au Liban en fin de semaine dernière — tué accidentellement par la balle d’un autre soldat israélien.

Puis il a ajouté, dans un souffle : « La seule tête qui doit tomber, c’est celle de l’ennemi. »

Un soldat qui « ne savait que donner »

Ahad Yaari était le plus jeune de quatre frères. Il avait étudié à la yeshiva du sud de Bné Akiva à Rehovot avant de s’engager dans la Givati il y a un peu plus d’un an. Son père le décrit avec la précision d’un homme qui connaissait son fils mieux que quiconque : « Comme vous le voyez sur la photo, il était toujours souriant. Il avait un cœur large qui ne savait que donner. »

Pour illustrer ce caractère, David Yaari raconte une anecdote que des camarades d’Ahad sont venus lui confier le soir même de l’annonce du décès. Un soir de garde, Ahad devait être relevé après deux heures de faction. En arrivant, il a vu que son remplaçant était de mauvaise humeur. Alors au lieu de partir dormir, il est allé lui chercher à manger, puis est resté assis avec lui pendant les deux heures supplémentaires — « pour lui remonter le moral, pour qu’il tienne ». Ce portrait est tout Ahad.

pere de ehud

« Pas de négligence, pas de préméditation »

C’est vendredi que des représentants de l’armée se sont présentés à la famille pour expliquer les circonstances de la mort. David Yaari dit avoir compris qu’il s’agissait d’une balle accidentelle survenue au cours d’une opération militaire intensive. L’enquête est entre les mains de la police militaire. « À ma connaissance, il n’y avait rien de négligent ni d’intentionnel. Ça s’est passé dans le cadre d’une opération massive. L’armée a ses procédures, je n’interviens pas. »

Sa demande est d’une clarté désarmante : ne pas accabler le soldat qui a tiré. « Ce n’est pas une question de ne pas vouloir la vérité. C’est une question de comprendre la réalité du combat. »

Dans la même interview, il révèle un détail qui dit beaucoup sur le tissu de douleurs que tisse cette guerre depuis octobre 2023. Il y a moins de trois mois, le cousin d’Ahad, Yehuda Shmouel Sherman, a été tué dans un attentat à la voiture-bélier en Samarie. Ahad était alors en opération au Liban. Son commandant l’avait libéré pour tenter d’arriver à temps aux funérailles — il n’a pas pu. Mais il s’est rendu à la shiva.

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Shahar Gamla, l’autre mort de ce week-end

La levée de censure a aussi révélé dans la même nuit la mort du capitaine Shahar Gamla, 23 ans, du village de Natur dans le sud du plateau du Golan, commandant adjoint de section dans l’unité Egoz. Grièvement blessé par un drone explosif au Liban dans la nuit de jeudi à vendredi, il a été évacué en urgence vers un hôpital et a succombé à ses blessures au cours du Shabbat.

Dans le même week-end, quatre réservistes ont également été blessés de façon modérée par un drone explosif dans le sud du Liban et ont été pris en charge médicalement. Leurs familles ont été informées.


À lire sur notre site : cinq soldats de réserve tués en 24 heures dans le sud du Liban — le deuil d’un Israël en guerre, et le crash de l’hélicoptère militaire au large de Haïfa et les deux soldats qui ont perdu la vie.

 

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