Ce n’est pas un détail opérationnel parmi d’autres — c’est une révélation de première importance. Le général Omer Tishler, commandant de l’armée de l’air israélienne, a adressé une lettre personnelle aux combattants de la branche dans laquelle il lève le voile sur un épisode resté jusqu’ici secret : une opération aérienne de grande envergure contre l’Iran, planifiée jusqu’à son stade final d’exécution la semaine dernière, a été stoppée net sur intervention directe du président américain Donald Trump — une heure seulement avant le décollage.
Les mots du général Tishler dans sa lettre ne laissent aucune place à l’ambiguïté : « Toute l’armée de l’air était prête à décoller pour un raid de frappe étendu. À quelques heures seulement de l’ordre de décollage, des centaines de cibles au cœur de l’Iran. L’attaque a été stoppée alors que nous étions en briefing dans les escadrilles, une heure seulement avant le départ pour le raid. »
La formulation dit tout sur ce que les pilotes ont vécu ce soir-là. Pas une alerte annulée en amont, pas un report décidé en salle de commandement — mais des équipages déjà en train de se préparer au départ dans leurs escadrilles respectives, stopnets par un coup de téléphone venu de Washington.
C’est la première fois qu’un officier de ce rang confirme publiquement — fût-ce dans une lettre interne à ses troupes — que Trump est intervenu directement pour bloquer l’opération à ce stade d’avancement. L’existence de tensions entre Israël et l’administration américaine sur la poursuite des frappes en Iran était connue dans ses grandes lignes, mais la révélation de Tishler donne une dimension concrète et saisissante à cette friction : l’armée de l’air israélienne était physiquement prête, les pilotes en place, les objectifs validés.
Tishler a néanmoins tenu à replacer cet épisode dans un bilan opérationnel plus large, en rappelant à ses hommes l’ampleur des dommages déjà infligés à l’Iran lors des cycles de combats précédents. Ses mots sont précis et exhaustifs : « Nous avons frappé durement le leadership iranien, les systèmes de défense et d’attaque, les composantes nucléaires, l’économie, la chaîne de commandement et du savoir, l’industrie militaire et nationale, tout en réduisant significativement la menace, en allongeant la durée de reconstruction et en préservant la capacité de revenir opérer en Iran si nécessaire. »
Une liste qui couvre pratiquement l’ensemble du spectre stratégique iranien — et qui vise manifestement à maintenir le moral des troupes après ce qu’a dû représenter une annulation de dernière minute pour des centaines de pilotes déjà en briefing.
Le général a également pris soin d’ajouter une mise en garde sur la suite : le commandement suit avec attention les évolutions diplomatiques en cours, et il est « trop tôt pour savoir comment les développements mondiaux affecteront la réalité sécuritaire ». Une formulation prudente, qui laisse ouverte la possibilité de reprendre les opérations si les circonstances devaient changer.
Cette révélation intervient dans un contexte où l’accord entre Washington et Téhéran, annoncé lundi, suscite des débats intenses en Israël sur la signification réelle de la campagne militaire menée depuis des mois. Le fait que l’armée de l’air était prête à frapper une dernière fois au moment précis où l’accord se concluait dit beaucoup sur la distance qui s’est creusée entre la logique militaire israélienne et les calculs diplomatiques américains.
Pour approfondir ce sujet, vous pouvez consulter notre article sur Tsahal qui détruit un site pétrochimique stratégique en Iran ainsi que notre reportage sur la frappe israélienne à Doha et l’opération Sommet de Feu.






