Une vague de perturbations sans précédent frappe le trafic aérien israélien en pleine saison touristique. Le Shabak (Shin Bet) a décidé de prolonger l’interdiction faite aux compagnies aériennes israéliennes d’atterrir à Dubaï, une mesure désormais en vigueur au moins jusqu’à la fin du mois d’octobre. Cette décision, prise sur fond de tension sécuritaire élevée dans la région et de crainte d’une escalade face à l’Iran, tombe comme un couperet pour des dizaines de milliers d’Israéliens qui doivent recevoir dès aujourd’hui des notifications d’annulation de leurs vols pour les prochains mois.
La directive actuelle concerne les trois compagnies aériennes israéliennes qui desservaient la destination : El Al, Arkia et Israir. Elle prolonge en réalité une restriction antérieure qui devait initialement s’achever au début du mois de septembre. Autrement dit, ce qui devait être une mesure temporaire s’installe dans la durée, au grand dam des voyageurs qui avaient programmé leur séjour émirati pour l’automne.
Les compagnies israéliennes clouées au sol, les étrangères en plein vol
Ce qui frappe dans cette affaire, c’est le déséquilibre créé par la décision du Shabak. Les restrictions sécuritaires les plus strictes ne s’appliquent qu’aux compagnies israéliennes. Les transporteurs étrangers, eux, ne sont absolument pas concernés et continueront d’opérer normalement sur la ligne.
Ainsi, FlyDubai, filiale d’Emirates, va poursuivre l’exploitation d’une dizaine de vols quotidiens sur la liaison tant convoitée entre Tel-Aviv et Dubaï. De son côté, Etihad continuera elle aussi d’assurer sans interruption ses vols vers Abou Dabi. Pour le voyageur israélien, la conséquence est immédiate et concrète : un coup dur porté à la concurrence, une envolée potentielle des prix chez les compagnies étrangères désormais en position de quasi-monopole sur cet axe, et la nécessité urgente de trouver des solutions de remplacement ou d’attendre un remboursement de la part des compagnies locales.
Un ciel saturé : les avions militaires américains dépassent largement le quota autorisé
Comme si les annulations vers Dubaï ne suffisaient pas, un second front s’ouvre au-dessus même de Ben Gourion. La crise survient précisément au plus fort de la saison touristique, alors que l’aéroport voit transiter chaque jour entre 80 000 et 90 000 passagers.
Selon des sources du secteur, la présence accrue d’avions américains sur le tarmac de l’aéroport perturbe directement le tableau des décollages et des atterrissages des vols civils. La situation génère déjà des retards notables dans la livraison des bagages, et la crainte grandit que l’Autorité aéroportuaire israélienne soit contrainte d’ordonner l’annulation de vols supplémentaires, faute de capacité physique suffisante sur le site.
Les chiffres qui circulent donnent la mesure du problème : un quota de 20 avions américains stationnés simultanément avait été fixé comme seuil que Ben Gourion pouvait absorber sans nuire à son activité courante. Or, dans les faits, ce ne sont pas 20 mais 34 avions militaires américains qui stationnent actuellement sur le tarmac de l’aéroport — un dépassement considérable qui provoque un véritable embouteillage, aussi bien au sol que dans les airs.
Des responsables de l’Autorité aéroportuaire israélienne précisent que si une réduction du nombre de vols devait être décidée, l’Autorité se contenterait d’indiquer aux différentes compagnies un nombre de passagers ou de vols à réduire, en fonction des limites de capacité constatées. En revanche, le choix précis des vols à annuler et de ceux à maintenir resterait entre les mains des compagnies aériennes elles-mêmes. À l’heure actuelle, aucune date n’a été fixée pour le début d’éventuelles annulations supplémentaires, et les lignes qui pourraient être touchées ne sont pas encore connues.
Cette double actualité — restriction prolongée vers Dubaï et engorgement lié à la présence militaire américaine — place l’été 2026 sous le signe de l’incertitude pour tous ceux qui avaient prévu de voyager depuis ou vers Israël dans les prochaines semaines.
Pour suivre l’évolution de la situation aérienne israélienne, notre rédaction vous invite à consulter notre couverture complète des vagues d’annulations de vols vers Israël, ainsi que notre article sur les compagnies ayant déjà annulé leurs vols juste avant le pic de la saison touristique.





