Le président américain Donald Trump a annoncé avoir décidé d’annuler l’attaque militaire qui était planifiée contre l’Iran. Selon ses propres mots, la décision a été prise à la suite d’une demande explicite formulée par l’Iran et par d’autres pays du Moyen-Orient, qui ont sollicité un renoncement à toute action militaire après qu’un accord ait été trouvé sur les grandes lignes d’un nouveau pacte. Trump a souligné qu’Israël était partenaire de cette démarche et a appelé l’ensemble des parties à conclure rapidement les discussions en cours.
Le président a décrit une Amérique prête et déterminée à agir avec une force considérable contre la République islamique. « Les États-Unis sont verrouillés, chargés et prêts à agir contre la République islamique d’Iran », a écrit Trump sur son réseau Truth Social. Il a insisté sur le niveau de préparation qui existait, évoquant « des niveaux de puissance militaire, de force et de puissance jamais vus depuis la Seconde Guerre mondiale ». Il a toutefois affirmé que les sollicitations reçues de la part de l’Iran et d’autres pays de la région avaient conduit au report de l’opération militaire prévue.
L’Iran dément et affiche sa préparation
Dans les médias affiliés au régime iranien, des sources militaires ont vivement contesté cette version des faits ce matin. Selon elles, les affirmations du président américain selon lesquelles l’Iran aurait demandé l’arrêt des frappes constituent « un nouveau mensonge et une tentative désespérée de faire chanter les dirigeants du golfe Persique », destinée à faire pression sur eux par la menace. Ces mêmes sources ont averti que, que Trump poursuive ses actions agressives ou qu’il y renonce, les forces iraniennes se trouvent dans le plus haut état de préparation et sont prêtes à tout scénario. Si l’affrontement devenait inévitable, ont-elles ajouté, ce serait le champ de bataille qui déciderait de tout, et chacun comprendrait alors qui détient réellement le pouvoir et qui aura le dernier mot.
Cette annonce est intervenue au terme d’une soirée de tension extrême en Israël. Une alerte maximale avait été déclenchée hier soir dans l’ensemble des systèmes de sécurité, avec des consultations à tous les échelons, sur fond de la dernière escalade au Moyen-Orient. Alors que Trump hésitait à déclencher une frappe d’ampleur contre l’Iran, ni le cabinet restreint ni le cabinet politico-sécuritaire israélien n’avaient toutefois été réunis ou mis à jour. Des responsables israéliens avaient alors indiqué être « en alerte, dans l’attente de la décision finale du président », précisant que la question de savoir si Israël serait entraîné dans une escalade dépendait avant tout de l’Iran, et de son éventuel choix de tirer vers Israël.
Au cours des deux dernières semaines, Trump avait menacé de frapper des ponts ainsi que des centrales électriques, tandis que les Iraniens avaient averti que si de telles frappes avaient lieu, ils tireraient à leur tour vers des sites stratégiques dans le Golfe et vers Israël. Malgré cette rhétorique, plusieurs moments de tension similaires avaient déjà, par le passé, débouché sur un retour à la table des négociations.
Menaces croisées et cyberattaque suspectée
Un conseiller du guide suprême iranien Ali Khamenei, Mohammad Mokhber, avait de son côté répondu aux menaces de Trump en des termes prophétiques : « Vous calculez selon des équations militaires, mais nous répondons selon la logique de l’Histoire. Toucher aux infrastructures de l’Iran déclenchera directement des fractures géologiques sur lesquelles votre hégémonie s’est construite depuis 250 ans. Lorsque les piliers de ce système s’effondreront, il ne restera plus de centre de commandement. »
Un peu plus tôt dans la journée, une source israélienne avait confié à N12 qu’« il y a une tension à son comble, on est au bord de l’explosion », estimant que Trump n’avait « jamais été aussi proche d’une grande attaque contre l’Iran, mais que rien n’était encore certain ». Selon cette même source, le président américain n’aurait pas encore arrêté sa décision sur l’ampleur de l’attaque, ni sur la question de savoir s’il souhaitait qu’Israël l’accompagne dès la première phase.
Sur un autre front, une cyberattaque visant les systèmes d’eau américains suscitait également l’inquiétude. Selon le New York Times, l’ampleur de ces attaques informatiques s’était étendue à au moins sept États américains, et pourrait être bien plus vaste encore. Le Minnesota avait été le premier à signaler publiquement ces attaques, avant que le Michigan n’annonce à son tour que ses systèmes avaient été visés. Si aucun signe n’indiquait une interruption de l’approvisionnement en eau ou une eau devenue impropre à la consommation, des responsables étatiques et locaux à travers le pays étaient en état d’alerte face à d’éventuels problèmes touchant les systèmes informatiques utilisés pour surveiller et ajuster la qualité de l’eau, notamment les niveaux de traitement chimique et la pression. Les autorités ont précisé qu’elles n’avaient pas encore établi de façon définitive la responsabilité de l’Iran, l’enquête restant à un stade préliminaire.
Enfin, Mohammad Marandi, qui a servi de conseiller auprès de l’équipe de négociation iranienne dans les discussions avec les États-Unis, avait livré un avertissement particulièrement sombre : « Sur la base des déclarations de l’administration Trump, il semble tout à fait raisonnable de penser qu’après des mois de menaces barbares, cette nuit sera la dernière nuit de normalité au Qatar, en Arabie saoudite, au Koweït, à Bahreïn, aux Émirats, et peut-être aussi à Oman. Si des attaques sont menées contre les infrastructures civiles de l’Iran, les infrastructures clés de ces régimes, partenaires de celles du régime sioniste et peut-être aussi de la Jordanie, seront détruites. Les populations de ces régimes doivent se préparer immédiatement à une évacuation. »
Entre l’accord négocié en coulisses sur le détroit d’Ormuz, les démentis iraniens, et les menaces qui continuent de peser sur toute la région, la trêve annoncée par Trump apparaît, à ce stade, aussi fragile que provisoire.
Pour prolonger la lecture sur ce dossier, plusieurs articles publiés sur infos-israel.news éclairent le contexte de cette séquence :
- Détroit d’Ormuz : l’Iran publie une carte officielle des routes maritimes et confirme la présence de mines
- Vers une offensive de grande ampleur ? Trump s’est rendu directement dans la salle de crise concernant l’Iran
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