Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a donné son accord dans la nuit de samedi à dimanche à une proposition de compromis élaborée par les médiateurs qatariens et américains concernant un arrangement pour la réouverture du détroit d’Ormuz. C’est ce qu’ont indiqué à N12 deux diplomates au fait des détails des négociations, dans un article signé Barak Ravid.
La réponse positive d’Araghchi a compté parmi les raisons ayant poussé le président Donald Trump à accepter d’annuler la frappe prévue contre l’Iran. Selon les termes de la proposition, l’entrée des navires dans le golfe via le détroit d’Ormuz se ferait désormais par l’espace maritime iranien, tandis que la sortie du golfe par ce même détroit s’effectuerait par l’espace maritime omanais. Un partage des rôles maritimes pensé comme une solution de compromis entre les deux rives du détroit, l’une des voies de passage les plus stratégiques et les plus surveillées au monde.
Les diplomates ont précisé qu’Oman avait elle aussi donné son accord à la proposition, mais avait demandé des clarifications à l’Iran quant à savoir si l’accord d’Araghchi représentait également la position des Gardiens de la révolution. Cette réserve n’est pas anodine : les médiateurs qatariens poursuivent leurs échanges avec Téhéran afin de s’assurer que les Gardiens de la révolution soutiennent bien les compréhensions obtenues par la voie diplomatique. Tant que cette confirmation n’est pas actée, l’accord reste suspendu à l’aval d’un acteur qui pèse autant, sinon plus, que le gouvernement iranien lui-même sur les questions de sécurité régionale.
L’inquiétude saoudienne exprimée à Trump
Hier, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu avec le président Donald Trump et lui a fait part de son inquiétude concernant son projet de lancer une attaque de grande envergure contre l’Iran. C’est ce qu’ont indiqué deux hauts responsables américains ainsi qu’une source supplémentaire au fait des détails de cet échange. L’intervention du prince héritier s’inscrit dans un contexte de tensions à leur comble depuis plusieurs jours, où chaque camp scrutait les signaux de l’autre en anticipant une possible escalade militaire.
Dans la nuit, Trump a annoncé avoir décidé d’annuler les frappes significatives qui devaient être menées à travers l’Iran. Après un week-end durant lequel les tensions avaient atteint de nouveaux sommets, le président a décidé de laisser une nouvelle chance à la diplomatie plutôt que de basculer vers l’option militaire qui semblait pourtant se préciser heure après heure.
Les conditions posées par Trump
Selon le communiqué publié dans la nuit par le président, un accord a été trouvé sur des mesures significatives visant à réduire les tensions dans la région. Les conditions incluent une ouverture immédiate, complète et totale du détroit d’Ormuz à la circulation, ainsi que des démarches visant à mettre fin à la menace nucléaire iranienne. Trump a précisé que l’annulation de l’attaque avait été décidée pour l’avenir du monde et la survie même de l’Iran, tout en soulignant que « cette décision reste conditionnée à la conclusion rapide d’un accord définitif ». La formulation laisse peu de place à l’ambiguïté : la trêve n’a rien d’acquis, elle reste suspendue à la rapidité avec laquelle les parties transformeront ces compréhensions en engagement formel.
À la fin de son communiqué, Trump a précisé que les États-Unis et Israël restaient conjointement engagés dans le processus diplomatique en cours d’élaboration. Il a appelé l’ensemble des parties impliquées dans les discussions à agir avec détermination pour mettre fin à la crise. « Allez travailler, tout le monde, et terminez cela », a conclu le président, tout en soulignant que la décision d’annuler l’action militaire restait conditionnée à une progression des négociations sans nouveaux délais.
L’épisode illustre à quel point la question du détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce pétrolier mondial, reste au cœur de tout calcul stratégique entre Washington, Téhéran et les capitales du Golfe — et combien la position des Gardiens de la révolution, distincte de celle du gouvernement civil iranien, demeure la véritable inconnue de cet accord encore fragile.
Pour prolonger la lecture sur ce dossier, plusieurs articles publiés sur infos-israel.news éclairent le contexte de cette séquence : notre récente analyse sur la carte officielle des routes maritimes publiée par l’Iran dans le détroit d’Ormuz, ainsi que notre décryptage du jeu dangereux mené par Trump face à Téhéran depuis le début de son second mandat.
- Détroit d’Ormuz : l’Iran publie une carte officielle des routes maritimes et confirme la présence de mines
- Le jeu dangereux de Trump face à l’Iran – et quel est le lien avec Israël ?
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