Détroit d’Ormuz : l’accord avec l’Iran s’éloigne, le feu vert militaire manquerait encore

L’accord sur la réouverture du détroit d’Ormuz, présenté mercredi matin comme pratiquement finalisé, reste en réalité suspendu à plusieurs désaccords majeurs. Selon de nouvelles informations publiées dans l’après-midi, l’approbation iranienne serait encore incomplète et les chances de parvenir à un compromis rapide seraient nettement plus faibles qu’annoncé.

Un haut responsable d’un pays du Golfe, directement informé des négociations, a déclaré à CNN qu’il n’existait plus qu’une probabilité de « 50 sur 50 » qu’un accord soit conclu d’ici vendredi.

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Cette estimation contraste avec l’optimisme affiché quelques heures plus tôt par Washington. Donald Trump avait affirmé que les discussions progressaient favorablement et qu’une annonce pourrait intervenir très rapidement. Plusieurs sources américaines et régionales avaient même laissé entendre que la direction iranienne avait déjà donné son approbation de principe.

Les nouvelles informations montrent cependant que le processus de validation à Téhéran est plus complexe.

Le rôle décisif des Gardiens de la révolution

Selon le responsable cité par CNN, la délégation iranienne participant aux discussions ne représente pas pleinement les positions les plus dures des Gardiens de la révolution. Or cette organisation militaire contrôle une grande partie des capacités navales iraniennes déployées dans et autour du détroit d’Ormuz.

Son approbation serait donc indispensable pour mettre en œuvre un éventuel accord concernant les voies maritimes, les inspections, la sécurité des navires et le déminage.

Cette situation signifie que l’accord ne dépend pas uniquement du gouvernement du président iranien Masoud Pezeshkian ou de l’équipe diplomatique iranienne. Les responsables militaires devront également accepter les modalités opérationnelles envisagées.

Certaines sources estiment que l’autorisation finale du Guide suprême iranien reste elle aussi nécessaire. D’autres affirment que l’accord de principe aurait déjà été obtenu au plus haut niveau, mais que les détails doivent encore être validés par les Gardiens de la révolution.

En l’absence d’un communiqué officiel iranien, aucune de ces versions ne peut actuellement être considérée comme définitive.

Le contrôle des navires au cœur du désaccord

Le projet négocié par l’Iran et Oman prévoirait l’ouverture de deux voies provisoires pendant une période renouvelable de 60 jours.

Les navires entrant dans le golfe Persique emprunteraient une voie située dans les eaux iraniennes, tandis que les bâtiments quittant la région passeraient par un itinéraire placé sous coordination omanaise.

Mais cette formule soulève une question particulièrement sensible : quel pouvoir l’Iran pourrait-il exercer sur les navires utilisant la voie entrante ?

Selon Reuters, plusieurs points restent en discussion, notamment les procédures d’inspection, la nature du contrôle iranien et les éventuels droits de passage.

Téhéran chercherait à obtenir une rémunération pour les services de sécurité et de surveillance, pouvant représenter entre 5 % et 7 % de la valeur des cargaisons. Oman défendrait un montant inférieur, tandis que les États-Unis refusent catégoriquement l’instauration d’un péage.

Washington estime qu’aucun pays ne peut transformer un détroit international en source de revenus ou conditionner la liberté de navigation à une autorisation nationale.

Ce différend ne porte donc pas seulement sur une question financière. Reconnaître officiellement un contrôle iranien sur la voie d’entrée pourrait constituer une importante victoire stratégique pour Téhéran et modifier durablement l’équilibre des forces dans le Golfe.

Aucun accord officiel pour le moment

Les informations disponibles permettent de confirmer que les négociations progressent et qu’un projet détaillé existe. En revanche, aucun texte signé ni communiqué conjoint de l’Iran, d’Oman et des États-Unis n’a encore été publié.

L’annonce attendue mercredi ne peut donc plus être considérée comme acquise.

Le projet évoqué comprendrait notamment :

  • une pĂ©riode provisoire de 60 jours, Ă©ventuellement renouvelable ;
  • une rĂ©partition du trafic entre une voie iranienne et une voie omanaise ;
  • le lancement du dĂ©minage de la voie maritime centrale dans un dĂ©lai de 30 jours ;
  • des garanties destinĂ©es Ă  protĂ©ger les navires commerciaux ;
  • la reprise ultĂ©rieure des discussions sur le cessez-le-feu et le programme nuclĂ©aire iranien.

Ces éléments restent néanmoins soumis à des modifications. Les négociateurs doivent encore résoudre la question des inspections, des paiements et de l’autorité réellement accordée à l’Iran.

Quelles conséquences pour Israël ?

Pour Israël, l’issue de ces discussions dépasse largement la circulation des pétroliers.

Un accord pourrait éloigner le risque immédiat d’une nouvelle campagne de frappes américaines contre l’Iran et réduire la menace de représailles contre Israël, les bases américaines ou les infrastructures énergétiques des pays du Golfe.

À l’inverse, un échec pourrait provoquer une nouvelle escalade militaire. Donald Trump a déjà averti que les États-Unis frapperaient avec puissance si l’Iran revenait sur ses engagements ou faisait échouer les négociations.

La situation concerne également directement les ménages israéliens. Le détroit d’Ormuz est normalement emprunté par environ un cinquième du pétrole et du gaz commercialisés dans le monde. Toute perturbation prolongée peut entraîner une hausse du prix du pétrole, du carburant, du transport maritime et de nombreux produits importés.

La principale conclusion est donc désormais claire : l’accord reste possible, mais il n’est ni signé ni entièrement approuvé par le pouvoir iranien. Le calendrier annoncé mercredi matin doit être considéré avec prudence, tout comme les affirmations selon lesquelles la réouverture du détroit serait déjà acquise.

Sources complémentaires : Associated Press, CNN repris par KRDO et Ynet en hébreu.