Dans un podcast du Times de Londres diffusé vendredi, l’ancien directeur du Mossad Yossi Cohen a levé le voile sur l’une des méthodes employées par l’agence de renseignement israélienne pour pousser des scientifiques du programme nucléaire iranien à abandonner leurs fonctions : leur envoyer des fleurs.
Interrogé dans l’émission « The General & The Journalist », coproduite par The Times et The Sunday Times, Cohen a expliqué comment cette tactique, en apparence anodine, a suffi à semer la peur au sein du programme nucléaire iranien. « Des gens ont quitté leurs postes dans des organisations de défense à Téhéran parce que nous leur avons dit : « Nous vous connaissons » », a-t-il déclaré. « Nous leur avons envoyé des fleurs chez eux et à leurs familles, avec ce message : « Bonjour, d’accord. Nous savons que vous travaillez sur le nucléaire, et vous pourriez être le prochain. Alors il vaudrait mieux pour vous d’arrêter ce que vous êtes en train de faire. » Et en partie, ils sont partis. »
L’ancien chef du Mossad a tenu à préciser que cette méthode ne relevait pas d’une logique de vengeance, mais d’un impératif de prévention. « L’éthique est importante, mais ce n’est pas à cause de la partie vengeance, c’est à cause de ce que nous devons faire pour empêcher les méchants de nuire non seulement à l’État d’Israël et aux communautés juives à travers le monde, mais aussi aux Britanniques », a-t-il ajouté.
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FLOWERS FROM MOSSAD: The Delivery No Iranian Nuclear Scientist Wanted
In a Times of London podcast Friday, Former Mossad chief Yossi Cohen revealed how the Mossad terrified nuclear scientists in Iran into quitting their jobs: They sent them flowers with the message, “You’re… pic.twitter.com/oLpX4drhP8
— Jewish Breaking News (@JBreakingNews) August 14, 2026
Une carrière marquée par des opérations d’infiltration retentissantes
Yossi Cohen a dirigé le Mossad de 2016 à 2021. Sous sa direction, l’agence a mené certaines de ses opérations les plus audacieuses, notamment le vol des archives nucléaires iraniennes en 2018 à Téhéran, un coup d’éclat qui avait alimenté la décision des États-Unis de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien. Il a également joué un rôle de premier plan dans les accords de normalisation entre Israël, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc, négociés sous parrainage américain.
Cette révélation sur les fleurs n’est pas la première fois que Cohen évoque publiquement des méthodes de dissuasion visant les scientifiques du programme nucléaire iranien. Peu après avoir quitté ses fonctions en 2021, il avait déjà accordé une interview à la chaîne israélienne Channel 12, dans laquelle il avait confirmé que le scientifique nucléaire iranien Mohsen Fakhrizadeh, tué en 2020, avait été dans le viseur de l’agence pendant des années. Il avait alors expliqué, à propos des scientifiques ciblés : « Si le scientifique est prêt à changer de carrière et ne nous nuira plus, alors oui, parfois nous leur offrons » une porte de sortie.
Dans cette même intervention pour le podcast du Times, l’ancien chef espion a également critiqué le gouvernement britannique, l’appelant à remercier publiquement Israël pour son aide dans la déjouement d’attentats terroristes en Grande-Bretagne, plutôt que de se contenter de le remercier en privé. Il a vivement reproché à Londres de prendre ses distances avec Israël et d’envisager des sanctions contre l’État hébreu sous son nouveau premier ministre, Andy Burnham.
Pour prolonger sur les opérations du Mossad visant le programme nucléaire iranien, retrouvez nos articles sur le vol des archives nucléaires secrètes de l’Iran par le Mossad, sur le réseau d’espionnage israélien infiltré en Iran et sur les accusations de Téhéran contre le Mossad concernant une base militaire sensible.






