L’Espagne a refusé, samedi, d’accorder l’autorisation de survol à un avion militaire israélien transportant une équipe de secours en direction de la Colombie, frappée par un séisme dévastateur. L’appareil a dû se dérouter par l’espace aérien marocain, empruntant un trajet plus long pour rejoindre sa destination.
Des sources spécialisées dans le renseignement en sources ouvertes ont indiqué que l’avion militaire israélien avait évité l’espace aérien espagnol après ce refus. Malgré cet obstacle, la délégation, composée de 80 experts issus de la réserve et de l’armée active et placée sous la responsabilité du Commandement du front intérieur, est arrivée en Colombie samedi et a immédiatement commencé à participer aux opérations de secours, à la suite du puissant séisme de magnitude 7,4 survenu la semaine précédente.
L’Espagne avait adopté un train de mesures interdisant tout matériel militaire israélien sur son territoire, et l’avion transportant la délégation appartenait justement à l’armée israélienne. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a également instauré une interdiction stricte d’accès à tout appareil étranger ayant un lien, même indirect, avec le conflit impliquant Israël.
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Madrid figure parmi les critiques les plus virulents d’Israël depuis le début de la guerre à Gaza. Le pays s’est joint à la procédure pour génocide engagée par l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice, a mis en place un embargo sur les armes visant Israël, a rappelé son ambassadeur en poste à Tel-Aviv, a reconnu l’État palestinien et a imposé des restrictions strictes sur le transit, via son espace aérien, de matériel militaire et de carburant destinés à Israël.
Selon plusieurs relais sur les réseaux sociaux évoquant cet épisode, le trajet initialement prévu pour l’avion israélien devait traverser le centre-nord de l’Espagne avant de poursuivre sa route transatlantique. Le Maroc, en revanche, a autorisé le survol de son territoire par l’appareil de la force aérienne israélienne, un B707, permettant ainsi à la mission de poursuivre sa route vers l’Amérique du Sud malgré le refus espagnol.
Cet épisode s’inscrit dans une escalade continue des tensions entre Madrid et Jérusalem depuis près de trois ans. Le gouvernement espagnol avait déjà interdit aux navires et avions transportant des armes à destination d’Israël d’accoster dans ses ports ou de survoler son territoire, une mesure que le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Sa’ar avait qualifiée d’antisémite. Israël avait répliqué en interdisant l’entrée sur son territoire à plusieurs membres du gouvernement de coalition espagnol.
Le refus de survol de ce week-end intervient alors même que la mission concernée n’avait aucune vocation militaire ni offensive : il s’agissait d’une opération strictement humanitaire, destinée à porter secours aux populations colombiennes ensevelies sous les décombres d’un séisme ayant fait des centaines de morts et des milliers de blessés. Cette dimension humanitaire n’a, selon les informations disponibles, pas suffi à faire lever l’interdiction de survol imposée par les autorités espagnoles.
La délégation israélienne, une fois arrivée à destination, a rejoint les équipes locales déjà mobilisées sur le terrain à Cali et dans les autres zones touchées, où les recherches de survivants se poursuivaient activement dans les jours suivant la catastrophe.
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