Chypre n’est pas une cible pour l’Iran. C’est ce qu’ont affirmé mercredi des responsables du gouvernement chypriote au site local Cyprus Mail, en réaction au rapport publié par le Financial Times selon lequel l’île figurait parmi les cibles potentielles envisagées pour une riposte iranienne en cas de reprise des frappes américaines contre Téhéran.
Des responsables du ministère chypriote des Affaires étrangères ont indiqué au média local que des déclarations et rapports similaires avaient déjà circulé par le passé, mais que Nicosie restait en contact avec Téhéran. « Nous sommes en contact avec l’Iran, et Chypre n’est pas une cible », a affirmé l’un des responsables.
Un rapport qui évoquait plusieurs scénarios en Europe
À découvrir aussi :
Cette réaction chypriote intervient après la publication d’un rapport du Financial Times selon lequel les forces iraniennes avaient examiné la possibilité de frapper des actifs militaires américains dans le sud-est de l’Europe, dans l’hypothèse où le président américain Donald Trump déciderait d’intensifier l’affrontement avec l’Iran. Selon le journal, deux responsables proches du régime iranien avaient indiqué que parmi les cibles étudiées figuraient des actifs américains en Bulgarie, où l’usage par les forces américaines de la base aérienne de Bezmer pour des avions ravitailleurs avait été autorisé le mois précédent. L’une des sources avait également mentionné Chypre comme l’une des cibles possibles d’une riposte iranienne.
Toujours selon les sources citées par le Financial Times, l’Iran avait envisagé des options allant au-delà des frappes de missiles : en cas d’escalade, les forces iraniennes auraient également étudié la possibilité de s’en prendre aux câbles de communication sous-marins en fibre optique traversant le détroit d’Ormuz.
L’OTAN affirme sa capacité de dissuasion
L’OTAN a elle aussi réagi à ce rapport, affirmant que l’Alliance était prête à faire face à toute menace et qu’elle ferait toujours le nécessaire pour protéger l’ensemble de ses membres. Un responsable de l’OTAN a déclaré à l’agence Reuters que, comme cela avait déjà été démontré plus tôt cette année, les systèmes de défense aérienne de l’Alliance avaient intercepté avec succès des missiles balistiques tirés depuis l’Iran en direction de la Turquie, dans quatre cas distincts. Selon lui, la posture de dissuasion et de défense de l’Alliance demeure solide et efficace.
De son côté, le président américain Donald Trump a indiqué qu’aucune négociation n’était actuellement en cours avec Téhéran. Il avait auparavant averti qu’en cas de nouvelle attaque iranienne contre des navires dans le détroit d’Ormuz, les États-Unis détruiraient une infrastructure iranienne, telle qu’un pont ou une centrale électrique.
Un climat de tension qui ne faiblit pas
Ce nouvel épisode illustre la persistance d’un climat de tension aiguë entre Washington et Téhéran, plusieurs mois après la fin des principales hostilités du printemps dernier. Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz reste très réduit, malgré les affirmations répétées de l’administration américaine selon lesquelles la voie aurait été rouverte à la navigation. La région demeure marquée par une tension constante autour de ce passage stratégique, par lequel transite une part majeure du commerce énergétique mondial — un point déjà souligné par la publication, plus tôt cette année, d’une carte officielle iranienne imposant de nouvelles routes maritimes dans le détroit, en raison de la présence de mines navales sur les itinéraires habituels.
Les scénarios évoqués par les sources iraniennes s’inscrivent également dans la continuité d’attaques déjà menées contre des installations américaines dans le Golfe, à l’image de la frappe ayant visé la base aérienne du Prince Sultan en Arabie saoudite, où un avion de contrôle et d’alerte précoce américain avait été touché. Ces précédents donnent une idée de l’ampleur que pourrait prendre une nouvelle vague d’attaques si celle-ci venait à s’étendre, comme l’envisagent certaines sources iraniennes, au continent européen.
Le démenti chypriote et la mise au point de l’OTAN interviennent ainsi comme les premières réactions officielles occidentales à ces révélations, sans pour autant dissiper totalement les inquiétudes exprimées par plusieurs responsables cités par le Financial Times, selon lesquels Téhéran ne s’imposerait plus aucune limite dans sa réponse si elle estimait que Washington était allé trop loin.






