Tsahal a éliminé mercredi Fatina al-Sahhar, commandante de la police féminine du Hamas à Gaza, dans une frappe aérienne. Au moins huit autres personnes ont été tuées dans cette frappe visant un poste de police municipale situé à proximité du quartier général de la police, dans la ville de Gaza.
Selon des informations non vérifiées circulant sur les réseaux sociaux, al-Sahhar aurait tenté de contraindre des otages israéliennes à se convertir à l’islam, et face à leur refus, aurait incité des terroristes à les violer. Ces accusations n’ont, à ce stade, fait l’objet d’aucune confirmation officielle ni d’aucune enquête indépendante. « Ce n’était pas une femme, mais un démon sous l’apparence d’une femme », a écrit un internaute sur les réseaux sociaux.
Une frappe qui s’inscrit dans une série de ciblages de la police gazaouie
À découvrir aussi :
Une autre officière supérieure de la police, Samaher Misbah Hamada, a également été tuée dans la frappe. Le reste des victimes seraient, selon les informations disponibles, des agents de la police dite civile ainsi qu’une fillette de 13 ans, déplacée, qui se trouvait à proximité du bâtiment visé. Selon des médias palestiniens et le ministère de l’Intérieur du Hamas, neuf personnes au total ont été tuées dans cette frappe sur le poste de police, et au moins vingt autres blessées.
Israël ne fait pas de distinction entre la police civile et le Hamas, arguant que cette police fonctionne comme un bras armé de l’organisation terroriste. Selon Tsahal, la frappe visait un commandant du Hamas soupçonné de préparer des attaques contre les soldats israéliens présents dans la bande de Gaza. Le ministère de l’Intérieur contrôlé par le Hamas a de son côté condamné cette frappe, la qualifiant de « nouveau crime de guerre », et a appelé les États-Unis à adopter une position claire et ferme contre ce qu’il a décrit comme une escalade dangereuse, exhortant Washington à faire pression sur Israël pour qu’il respecte l’accord de paix en cours.
Selon le ministère de l’Intérieur du Hamas, au moins 53 commandants, officiers et membres de la police auraient été tués dans des frappes israéliennes directes visant des quartiers généraux, des patrouilles, des véhicules et des agents depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu l’automne dernier. Les autorités du Hamas décrivent cette force comme une institution civile protégée par le droit international, chargée du maintien de l’ordre et du service aux habitants, et accusent Israël de chercher délibérément à semer le chaos dans l’enclave en visant systématiquement ses effectifs.
Une escalade au lendemain d’une rencontre entre Netanyahou et Kushner
Cette frappe est intervenue le même jour qu’une autre opération de Tsahal ayant visé, selon l’armée, quatre commandants de la force Nukhba dans le secteur d’Al-Shati, au nord de Gaza, tous décrits comme impliqués dans la préparation d’attaques contre les troupes israéliennes ; l’un d’eux aurait par ailleurs participé au massacre du 7 octobre. La veille, mardi, une frappe distincte avait visé un café du port de la ville de Gaza, tuant plusieurs commandants de la même force Nukhba, selon Tsahal.
Ces frappes surviennent alors que les efforts se poursuivent, sous l’égide des États-Unis, pour faire avancer le plan de paix du président Donald Trump concernant Gaza, prévoyant le désarmement du Hamas et un retrait israélien, sans que des progrès significatifs n’aient été enregistrés à ce stade sur ce dossier. Elles interviennent au lendemain d’une rencontre entre le Premier ministre Benjamin Netanyahou et l’envoyé américain Jared Kushner.






