L’establishment sécuritaire israélien et les industries de défense s’apprêtent à ouvrir de nouvelles lignes de production pour des armements de précision et de nouvelles bombes intelligentes de type JDAM, destinées à l’armée de l’air israélienne. Selon des informations révélées mercredi soir par la Douzième chaîne, cette initiative marque une accélération dans la constitution des forces de Tsahal, dans le but de créer une indépendance en matière d’armement et de réduire la dépendance envers des fournisseurs extérieurs pour l’épine dorsale opérationnelle de l’armée de l’air.
Au-delà de la production de ces bombes intelligentes pour l’armée de l’air, Israël élargit également ses lignes de production pour les intercepteurs du système Arrow (Hetz), destinés à la défense antimissile.
Une bataille budgétaire en toile de fond
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Malgré cette décision stratégique, l’effort d’équipement se heurte à des difficultés budgétaires importantes. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a approuvé un transfert immédiat de 15 milliards de shekels pour ce dossier, ainsi que 25 milliards de shekels supplémentaires d’ici la fin de l’année — soit un total de 40 milliards de shekels destinés à cet effort d’équipement. Mais au sein de l’establishment sécuritaire, on affirme que le ministère des Finances refuse de transférer les fonds dans les faits.
Des sources au sein de l’appareil sécuritaire évoquent ce qu’elles appellent « la méthode du Trésor » : selon ces mêmes sources, le ministère des Finances commence par sous-financer l’establissement sécuritaire, avant de l’accuser ensuite de mauvaise gestion. Selon le ministère de la Défense, ce refus du ministère des Finances entraîne la perte d’une année d’équipement jugée critique.
Malgré cette tension budgétaire, le ministère de la Défense a décidé de commencer la mise en place des nouvelles lignes de production et de faire avancer les processus en parallèle du bras de fer avec le ministère des Finances.
Le contexte d’une dépendance devenue vulnérabilité stratégique
Cette décision s’inscrit dans une politique plus large de réduction de la dépendance israélienne envers les fournisseurs étrangers en matière d’armement de précision, une problématique mise en lumière avec une acuité particulière lors des dernières campagnes militaires. Les bombes JDAM, connues dans l’argot militaire israélien sous le nom de « Barad Kaved », consistent en un kit de guidage américain de fabrication Boeing qui transforme une bombe classique en munition guidée par satellite, à un coût unitaire estimé à environ 21 000 dollars — une solution relativement économique comparée à d’autres systèmes de précision, mais dont l’approvisionnement dépend entièrement des livraisons en provenance des États-Unis.
Lors de la dernière campagne militaire, l’armée de l’air israélienne a largué environ 90 000 munitions sur la bande de Gaza, 25 000 bombes sur l’Iran et près de 50 000 sur le Liban, selon des données rapportées par plusieurs médias israéliens — des volumes qui ont mis à rude épreuve les stocks existants et souligné la nécessité d’une production locale à grande échelle plutôt qu’une dépendance exclusive à l’achat à l’étranger, principalement auprès des États-Unis.
Le ministère de la Défense avait déjà annoncé, ces derniers mois, plusieurs étapes dans cette direction : un contrat de 1,5 milliard de shekels avec la société Elbit Systems pour la construction d’une nouvelle usine de production de munitions, ainsi qu’une instruction adressée aux principales industries de défense israéliennes — Elbit Systems, l’Industrie aérospatiale israélienne, Rafael et Tomer — d’accélérer la production d’armements aériens critiques, notamment des bombes air-sol, des bombes planantes, des missiles air-sol avancés et des intercepteurs pour les systèmes de défense antiaérienne, au premier rang desquels Hetz 3.
Cette course à l’indépendance en matière d’armement reflète une leçon largement partagée au sein de l’establishment sécuritaire israélien : selon plusieurs analystes militaires, l’enjeu n’est pas seulement d’acheter à l’étranger, mais de produire localement, en grande quantité, afin de ne plus dépendre de la volonté de gouvernements étrangers au moment critique — un facteur qui influe directement sur l’endurance opérationnelle de Tsahal en cas de conflit prolongé.






