Le grand rabbin de Safed, le rabbin Shmuel Eliyahou, a vivement critiqué le « Yenouka » et le phénomène qui l’entoure, affirmant qu’il ne ressemblait ni au Baba Sali ni aux véritables tsadikim qu’il a personnellement connus.
« Est-ce qu’il ressemble au Baba Sali ? »
S’exprimant dans le podcast d’Avi Shoshan, le rabbin Eliyahou est revenu sur l’engouement massif suscité par le « Yenouka » (le rabbin Shlomo Yehuda Bari, 37 ans, de Rishon LeTsion, devenu ces dernières années une figure suivie par des dizaines de milliers de fidèles). Le rabbin a affirmé qu’il existait, selon lui, des « faux rabbins », et a présenté le Baba Sali comme la référence à l’aune de laquelle il évalue les figures rabbiniques. « Je dis aux gens : est-ce qu’il ressemble au Baba Sali ou pas ? S’il lui ressemble, alors c’est un tsadik », a-t-il expliqué.
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Le rabbin Eliyahou est ensuite revenu sur le mode de vie du Baba Sali, qu’il a lui-même connu dans une maison modeste à Netivot. Il a affirmé que le Baba Sali aurait pu, compte tenu des dons qu’il recevait, vivre « dans l’endroit le plus fastueux qui soit », mais qu’il « ne le voulait pas ».
« Bénir demande du cœur »
Le rabbin Eliyahou a également évoqué la médiatisation, les relations publiques et les entourages qui se forment autour des figures rabbiniques. Selon lui, le travail d’un rabbin exige don de soi et effort ; il a notamment déclaré : « Les gens ne savent pas à quel point bénir est difficile. Il faut bénir avec le cœur. »
Interrogé sur sa vision du phénomène du « Yenouka », il a répondu qu’il ne ressemblait à aucune des figures rabbiniques qu’il a connues. « Il ne ressemble pas à ton grand-père, à mes yeux ce n’est pas une figure. Il ne ressemble pas à mon père, il ne ressemble pas au rabbin Tsedaka, il ne ressemble à aucun des tsadikim que j’ai connus, qui étaient de véritables faiseurs de miracles. »
Interrogé ensuite sur la manière dont il expliquait l’engouement massif pour le « Yenouka », le rabbin Eliyahou a répondu : « Cela ne me plaît pas de parler d’autres personnes. » Il a toutefois ajouté que, lorsqu’on l’interroge sur ce sujet, sa réponse est : « Alors, éloignez-vous de lui. Éloignez-vous. »
Un phénomène déjà source de vives controverses
Ces propos s’ajoutent à une série de critiques déjà exprimées par d’autres figures rabbiniques importantes à l’encontre du « Yenouka » ces derniers mois. Le rabbin Shlomo Aviner avait notamment estimé qu’il s’agissait d’un homme « extrêmement assidu, mais pas un génie », pointant du doigt ce qu’il a qualifié d’« organisateurs corrompus » autour de lui. Le rabbin Amnon Yitzhak avait pour sa part affirmé que « l’amour de l’argent est pire que le meurtre et le vol », tandis que le rabbin Shlomo Benizri s’était interrogé publiquement : « Diviniser des gens ? Comment peut-on faire de telles choses ? »
Le « Yenouka » lui-même, dans de rares interviews accordées ces derniers mois, a réfuté toute ambition messianique et a affirmé n’être qu’un instrument entre les mains de D.ieu, tout en reconnaissant entretenir une relation complexe avec le surnom qui lui colle à la peau. Le phénomène continue néanmoins de rassembler chaque semaine des milliers de fidèles à Rishon LeTsion, entre récits de miracles largement diffusés sur les réseaux sociaux et soupçons persistants entourant l’entourage qui gère sa communication.






