Faille de sécurité majeure à la Knesset : un intrus franchit deux postes de contrôle et pénètre à l’intérieur, près du bureau du président

Un homme non identifié est parvenu à franchir deux postes de sécurité durant la nuit et à pénétrer à l’intérieur du bâtiment de la Knesset à Jérusalem, où il a finalement été retrouvé assis non loin du bureau du président du Parlement, Amir Ohana.

La faille n’a apparemment été découverte qu’après que des agents de sécurité du ministère des Affaires étrangères, situé à proximité, ont alerté la garde de la Knesset qu’un homme au comportement suspect s’était approché de la Banque d’Israël en demandant comment se rendre à la Knesset. Les gardes ont alors visionné les images de vidéosurveillance et découvert qu’il était déjà parvenu à entrer dans l’enceinte. Vers 2h15 du matin, la sécurité de la Knesset a localisé l’homme et l’a interpellé. Il n’est pas entré dans le bureau du président Ohana.

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

Un profil qui écarte pour l’instant la piste terroriste

Selon les informations de la Knesset relayées par les médias israéliens, les premiers interrogatoires suggèrent que l’homme souffrirait d’instabilité mentale. Il a été transféré à la police, puis orienté vers une observation médicale. Aucun mobile terroriste n’a été rapporté à ce stade de l’enquête.

Malgré l’absence apparente d’intention malveillante, l’incident soulève de sérieuses questions sur la solidité du dispositif de sécurité protégeant l’un des bâtiments institutionnels les plus sensibles d’Israël, siège du pouvoir législatif et lieu de passage régulier de responsables gouvernementaux de premier plan. Le président Ohana a ordonné à l’officier de la Knesset de désigner un enquêteur chargé d’examiner comment un individu non autorisé a pu franchir deux niveaux de sécurité et circuler librement à l’intérieur du bâtiment avant d’être détecté.

Une institution déjà sous tension sécuritaire

Cette faille intervient dans un contexte où la sécurité des institutions israéliennes fait l’objet d’une attention renforcée, notamment depuis les défaillances révélées après les événements du 7 octobre 2023, qui avaient conduit à une remise en question profonde de la coordination entre les différents services de sécurité du pays. Des voix se sont d’ailleurs élevées ces derniers mois au sein même de l’appareil sécuritaire pour dénoncer un excès de confiance dans les dispositifs existants, certains responsables évoquant une « culture de façade » privilégiant l’apparence de sécurité à son efficacité réelle sur le terrain.

La Knesset, qui accueille quotidiennement des centaines de parlementaires, collaborateurs, journalistes et visiteurs, dispose pourtant de plusieurs cercles de sécurité successifs censés empêcher toute intrusion non autorisée jusqu’aux zones les plus sensibles du bâtiment, dont les bureaux des principaux responsables de l’institution. Le fait qu’un individu ait pu, de nuit, franchir deux de ces barrières sans être détecté avant plusieurs heures constitue un signal d’alarme pour les services chargés de la protection du Parlement.

L’enquête interne désormais lancée par le président Ohana devra déterminer précisément les failles techniques et humaines ayant permis cette intrusion, et si des mesures correctives immédiates doivent être mises en place avant que l’incident ne se reproduise avec, cette fois, des conséquences potentiellement plus graves.

Pour mieux comprendre le climat sécuritaire actuel entourant les institutions israéliennes, notre article sur les critiques exprimées par le chef du Shin Bet David Zini concernant une dérive de la culture sécuritaire apporte un éclairage complémentaire sur ce contexte. Voir également notre couverture des tensions récentes ayant émaillé les débats à la Knesset, qui illustrent le climat particulier régnant actuellement au sein de l’institution.