Serment d’Hippocrate oublié : des diplômés en médecine scandent des menaces de mort contre les Juifs

Une vidéo tournée en juin dernier et récemment remise en circulation sur les réseaux sociaux montre des étudiants en médecine de l’université d’Alep, en Syrie, scandant des menaces de violence contre les Juifs lors de leur cérémonie de remise de diplômes.

Sur les images, un étudiant entraîne ses camarades dans un chant collectif : « Nous arrivons, Juif ; nous ferons couler ton sang comme des rivières. » Le groupe scande également : « Je viens pour toi, Juif, même à travers des montagnes de feu, et je fabriquerai des munitions avec ton sang, et je ferai des rivières avec ton sang. »

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Une vidéo qui inquiète au-delà des frontières syriennes

Cette séquence, qui circule désormais largement sur les réseaux sociaux, suscite l’inquiétude d’observateurs internationaux et d’organisations de défense des droits des Juifs, qui y voient un signe préoccupant du mépris de la vie humaine chez de futurs professionnels de santé. « Rien ne dit mieux le serment d’Hippocrate que de scander : « Nous arrivons, Juif, nous ferons couler ton sang comme des rivières » à sa remise de diplôme de médecine », a écrit sur X Emily Schrader, militante des droits humains.

Dan Burmawi, auteur d’un ouvrage sur l’islam et l’Occident, a également commenté la vidéo : « Diplômés en médecine de l’université d’Alep en Syrie, scandant : « Nous arrivons, Juif, nous ferons couler ton sang comme des rivières. » Bien sûr, Gaza n’a rien à voir avec cela », a-t-il ironisé, avant d’ajouter que ce type de discours puiserait selon lui ses racines dans un enseignement religieux plus ancien, soulignant qu’à ses yeux, l’instruction et un diplôme de médecine ne suffisent pas à faire barrage à ce genre de rhétorique.

Un climat qui dépasse le seul cadre universitaire

Cette vidéo n’est pas un cas isolé en Syrie ces derniers mois. Des soldats de l’armée arabe syrienne ont eux aussi été filmés récemment scandant des menaces quasiment identiques devant la citadelle historique de Damas, reprenant les mêmes paroles sur le sang qui devrait « couler en rivières », selon des médias arabes. Cette manifestation faisait suite au rejet par Israël d’un plan en quinze points pour Gaza, qui exigeait le désarmement préalable du Hamas. Des déclarations publiques et des chants hostiles à Israël émanant de responsables sécuritaires syriens circulent par intermittence en ligne depuis la prise de pouvoir d’Ahmed al-Sharaa en 2024.

Des spécialistes de la région soulignent que la Syrie ne compte plus de communauté juive organisée à Damas, hormis une poignée d’individus vivant dans un pays où l’incitation à la haine se propage en toute impunité. Le nouveau pouvoir syrien chercherait ainsi à ménager, sur le plan intérieur, des franges de la population acquises à ce type de discours, tout en s’efforçant de projeter à l’étranger une image de stabilité et d’ouverture.

Pour mieux comprendre le climat régional dans lequel s’inscrivent ces scènes, notre article sur l’antisémitisme en Europe et aux États-Unis vu par l’analyste israélien Amir Tsarfati apporte un éclairage complémentaire sur cette montée de la haine antijuive à l’échelle mondiale.