Une employée de McDonald’s suspendue après une altercation « Free Palestine » avec des clients israéliens

Deux Australiens d’origine israélienne ont vécu une expérience qu’ils qualifient de « choquante » dans un McDonald’s de Brisbane, dans le Queensland, ce mois-ci. L’affaire, révélée dimanche, a depuis conduit à la suspension de l’employée impliquée.

Les deux hommes, identifiés comme Asaf et Matan, s’étaient rendus au service au volant du restaurant, situé dans le quartier de Cannon Hill, dans l’est de Brisbane, mardi soir. Ils sont revenus à la fenêtre du drive pour signaler qu’un Quarter Pounder manquait à leur commande. L’employée qui a pris leur réclamation a d’abord nié que l’article ait été exclu de la commande.

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Une confrontation qui dérape

L’échange s’est envenimé. Selon le récit d’Asaf, l’employée leur a alors demandé d’où ils venaient. Lorsqu’il a répondu qu’il était originaire d’Israël, elle a rétorqué « Free Palestine ». Interrogée sur ce qu’elle voulait dire par là, elle a insisté, répétant « Free, free Palestine ». Asaf affirme que la salariée les aurait ensuite qualifiés de « tueurs de bébés » et accusés de mentir au sujet de l’article manquant, avant qu’ils ne soient invités à quitter les lieux. Une partie de l’altercation a été filmée.

Choqués, les deux hommes ont tenté de parler à un responsable, avant de contacter la police. Asaf explique avoir été orienté vers la Commission australienne des droits de l’homme pour porter plainte formellement. Selon lui, cet incident constitue le centième signalement d’antisémitisme enregistré en 2026 par le Queensland Jewish Board of Deputies, l’organe représentatif de la communauté juive de l’État.

McDonald’s réagit rapidement

Un porte-parole de la franchise a confirmé que l’employée avait été suspendue de son poste. « Dès que nous en avons eu connaissance, nous avons pris des mesures immédiates et l’employée a été mise à pied en attendant les résultats de notre enquête », a déclaré le représentant de la chaîne. « McDonald’s présente ses sincères excuses aux clients pour cette expérience. » L’entreprise a ajouté appliquer une « politique de tolérance zéro envers les actes de haine et d’antisémitisme » dans ses restaurants et au sein des communautés qu’elle sert.

Pour Asaf, la réaction rapide de l’enseigne a apporté un certain soulagement, sans pour autant dissiper totalement son malaise. « Je pense que c’est bien qu’ils prennent cela au sérieux. Je n’ai pas peur, mais je ne me sens pas à l’aise de revenir dans cet établissement », a-t-il confié.

Cet incident n’est pas isolé : des cas similaires de salariés de la restauration rapide interpellant des clients israéliens sur leurs origines se sont multipliés ces derniers mois à travers le monde, certains ayant également débouché sur des licenciements très médiatisés et des campagnes de soutien financées par le public, révélant une fracture croissante autour de la question du conflit israélo-palestinien jusque dans les files d’attente des fast-foods.

Pour prendre la mesure de ce climat, notre article sur l’antisémitisme en Europe et aux États-Unis analysé par l’expert israélien Amir Tsarfati apporte un éclairage complémentaire sur cette tendance mondiale. Voir également notre couverture des pressions exercées sur les enseignes de restauration rapide liées de près ou de loin à Israël.