Des militants pro-palestiniens envahissent un supermarché de Londres et vident les rayons de leurs produits

Des militants de la Palestine Solidarity Campaign UK ont fait irruption vendredi dans un supermarché Asda du nord-ouest de Londres, retirant des rayons tous les produits qu’ils jugeaient liés à Israël d’une manière ou d’une autre, y compris des bouteilles de Coca-Cola.

Le groupe a filmé la scène, scandant le slogan « Israël sur l’emballage, remets-le en place » pendant qu’un narrateur commentait l’opération pour les réseaux sociaux. « Aujourd’hui, nous sommes entrés dans ce supermarché Asda et nous avons retiré des rayons les produits israéliens et les produits Coca-Cola. Nous avons fait cela parce que la vente de ces produits soutient les atrocités israéliennes contre les Palestiniens », a expliqué le narrateur dans la vidéo diffusée.

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Un ciblage qui dépasse largement Israël

L’un des militants a justifié son geste envers la marque de soda ainsi : « Je retire le Coca-Cola des rayons parce que Coca-Cola exploite des usines dans une colonie israélienne illégale en Cisjordanie. » Le narrateur a poursuivi en appelant Asda à cesser de vendre ces produits, accusant l’enseigne de « profiter de l’apartheid israélien » et de « profiter du génocide ». Il a également exhorté le gouvernement britannique à interdire tout commerce soutenant, selon ses termes, « l’occupation militaire illégale » israélienne, y compris les échanges de biens et de services avec les colonies.

Cette action s’inscrit dans la campagne « Don’t Buy Apartheid » lancée par la Palestine Solidarity Campaign, qui appelle depuis plusieurs mois au boycott des produits agricoles israéliens ainsi que de Coca-Cola et de ses marques dérivées comme Schweppes, Fanta, Sprite ou Costa Coffee, au motif que le distributeur israélien de la marque exploite un centre de distribution dans une colonie de Cisjordanie. Des opérations similaires ont déjà visé des enseignes comme Sainsbury’s, Tesco ou Marks & Spencer ces derniers mois, certaines ayant dégénéré au point que des responsables de magasins aient eux-mêmes retiré des produits casher de leurs rayons par crainte des manifestants, provoquant une vive polémique.

Les militants ont laissé le magasin dans un état de désordre, avec des produits éparpillés au sol, obligeant le personnel à ranger les rayons après leur départ — un personnel qui, souligne-t-on, n’a strictement rien à voir avec le conflit qu’ils prétendent dénoncer.

Des méthodes qui inquiètent les organisations juives

Si les militants affirment cibler exclusivement Israël et les produits qui y seraient liés, le caractère non réglementé de ces opérations, où des pans entiers de rayons sont vidés sans distinction, brouille les lignes selon des organisations juives britanniques, qui rapportent une anxiété grandissante chez les clients juifs témoins de ces scènes. Des groupes spécialisés dans la sécurité communautaire ont par ailleurs averti que ces « flash mobs de supermarché » avaient pour effet d’intimider le personnel des magasins et d’attiser les tensions au sein des communautés locales.

L’impact économique de cette pression militante commence par ailleurs à se faire sentir : les importations britanniques de produits alimentaires israéliens ont chuté de 17 % sur le premier semestre de l’année par rapport à la même période l’an dernier, selon des données douanières citées récemment par la presse économique, les avocats et le couscous israéliens figurant parmi les produits les plus touchés.

Pour mieux comprendre l’ampleur de ce mouvement de boycott au Royaume-Uni et ses répercussions économiques sur les entreprises liées à Israël, notre article sur l’impact du boycott des produits israéliens sur les entreprises européennes apporte un éclairage complémentaire. Voir également notre couverture de la liste noire des entreprises israéliennes et internationales établie par l’ONU, qui alimente ce type de campagnes.