« LA AMIDA SIONISTE » : Une médecin britannique suspendue s’en prend à la prière juive de la Amida

La médecin britannique déchue Dr Rahmeh Aladwan, suspendue en novembre 2025 dans le cadre d’une enquête pour des publications antisémites et de soutien au terrorisme, s’en est pris mercredi à la prière de l’Amidah dans un message publié sur X, la qualifiant de prière « sioniste ».

Dans le judaïsme traditionnel, l’Amidah est une prière récitée trois fois par jour, l’un des piliers de la liturgie juive depuis des siècles.

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« Les Juifs récitent la Amidah sioniste depuis 2 400 ans. Elle a été inventée par des rabbins. Ils la prient trois fois par jour », a-t-elle affirmé dans sa publication. Elle a poursuivi en estimant que l’idée selon laquelle les Juifs seraient indissociables du sionisme relève d’un choix qu’ils font et perpétuent eux-mêmes, ajoutant que la grande majorité d’entre eux, environ 90 % selon elle, continuent de soutenir l’existence d’« israël », qu’elle assimile directement au sionisme — ce qui, selon elle, ne serait pas surprenant dès lors que leurs prières et leur vie religieuse contiendraient des « enseignements sionistes ».

Tout en reconnaissant, du bout des lèvres, l’attachement millénaire du peuple juif à cette terre, la Dr Aladwan estime que les Juifs devraient y renoncer et « se repentir ». Elle a écrit qu’ils pourraient toujours choisir de changer et d’exister en tant que communauté religieuse sans « suprématie » ni « vol de terres », ou bien simplement se repentir — et qu’ils refuseraient activement de faire l’un ou l’autre.

Une lecture du texte que dément le contenu réel de la prière

La médecin s’en est aussi prise à plusieurs sections précises du texte, avançant des interprétations que Jewish Breaking News qualifie d’absurdes, et réclamant une réforme de la prière avec suppression des passages qu’elle juge problématiques. Selon elle, les sections 10, 11 et 14 appelleraient à « l’usurpation de la Palestine et au déplacement de la population autochtone ».

Or, dans les faits, la section 10 de l’Amidah est une prière pour le rassemblement des exilés, la section 11 une prière pour un système judiciaire juste et équitable, et la section 14 une prière pour la restauration de Jérusalem. Les mots « Palestine », « usurpation », « déplacement » ou « population autochtone » n’apparaissent nulle part dans ces passages. La population autochtone de cette terre étant précisément le peuple juif, l’accusation portée par la Dr Aladwan apparaît d’autant plus contradictoire.

Elle a également visé les sections 1, 12 et 17, affirmant qu’elles établiraient un « modèle de suprématie mythique fondé sur une lignée spirituelle » et viseraient délibérément des révélations divines postérieures à la Torah. Là encore, le contenu réel du texte dit tout autre chose : la section 1 loue Dieu en tant que père des ancêtres du peuple juif et protecteur d’Abraham, la section 12 est une prière demandant à Dieu de déjouer les complots malveillants de ceux qui cherchent à nuire, et la section 17 exprime l’espoir que Dieu accueille favorablement les prières et le culte qui lui sont adressés. Aucune compréhension de l’hébreu n’est nécessaire pour vérifier ces traductions, largement disponibles en ligne.

Une enquête disciplinaire toujours en cours

Cette sortie ne devrait pas jouer en faveur de la Dr Aladwan dans le cadre de l’enquête menée par le General Medical Council (GMC), l’organisme britannique qui régule les médecins, portant sur des publications qui, selon l’organisme, « diabolisent, ou expriment et encouragent la haine envers les Juifs en général, leur histoire et leur mode de vie ».

La praticienne, médecin résidente en traumatologie et chirurgie orthopédique âgée de 31 ans, avait déjà été suspendue pour quinze mois par un tribunal disciplinaire médical britannique après la publication de commentaires jugés antisémites sur les réseaux sociaux. Le tribunal avait alors estimé que ses publications pouvaient nuire à la confiance des patients envers elle-même et envers la profession, certains patients pouvant être dissuadés de se faire soigner par elle. D’origine britannique et palestinienne, la Dr Aladwan conteste avoir tenu des propos racistes ou haineux, par l’intermédiaire de son avocat, qui a fait valoir devant le tribunal l’absence de preuve d’un quelconque impact de ses publications sur la sécurité des patients ou sur sa capacité à exercer ses fonctions.

Cette nouvelle prise de position publique sur un texte religieux central du judaïsme intervient donc alors que son dossier reste pendant devant le régulateur médical britannique, qui n’a pas encore rendu ses conclusions sur le fond de l’affaire.

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