Les tensions ont explosé mardi dans l’enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord, lorsque la police anti-émeute a fait usage de tirs de dissuasion et de munitions anti-émeute après qu’une manifestation massive contre la gestion gouvernementale de la crise migratoire s’est déplacée vers le front de mer. Des images circulant en ligne montrent des agents ouvrant le feu face à des foules confrontant les lignes de police. Les comptes-rendus espagnols n’ont pas encore clairement confirmé la nature exacte des projectiles utilisés — certains évoquent des balles en caoutchouc, d’autres font état de gaz lacrymogènes déployés pour disperser la foule. Cette contradiction entre les sources reste, à ce stade, non tranchée.
Progressive NGOs are out on the streets of Ceuta tonight handing out pepper spray to illegal migrants so that they can use the pepper spray against local Spaniards in tonight’s clashes
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— Visegrád 24 (@visegrad24) August 26, 2026
Des milliers d’habitants de Ceuta avaient défilé plus tôt dans la journée pour réclamer des expulsions et dénoncer la réponse du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez face à la crise. Les manifestants brandissaient des drapeaux espagnols et ceutis, réclamaient la démission de Pedro Sánchez et du délégué du gouvernement dans l’enclave, et scandaient des slogans hostiles à l’accueil de nouveaux migrants dans des infrastructures publiques de la ville, dont d’anciens sites militaires et potentiellement des complexes sportifs.
Plus tard dans la soirée, entre 200 et 300 manifestants se sont dirigés vers la plage d’El Trampolín, où des migrants campent depuis plusieurs semaines. Certains manifestants ont arraché des abris de fortune, jeté des affaires personnelles à la mer et lancé des pierres, poussant la police anti-émeute à s’interposer entre les deux groupes pour éviter une confrontation directe.
Une crise migratoire sans précédent en toile de fond
BREAKING:
The Spanish police have opened fire on crowds in Ceuta tonight. They are shooting rubber bullets.
They are shooting at Spaniards protesting against illegal migration. They didn’t fire rubber bullets at the 70 000 illegal migrants when they stormed Ceuta in July. pic.twitter.com/hF82rJJdSd
— Visegrád 24 (@visegrad24) August 26, 2026
Ces troubles surviennent quelques semaines après une traversée massive et extraordinaire qui avait débordé les autorités espagnoles. Le gouvernement de Madrid affirme qu’environ 72 000 migrants sont entrés de manière irrégulière à Ceuta lors de la vague de fin juillet, un afflux qui avait nécessité le déploiement de renforts militaires et policiers après que les forces frontalières eurent été totalement dépassées par le nombre d’arrivées. L’ampleur de cette percée est devenue le grief central alimentant la colère grandissante d’une partie de la population locale, qui reproche au gouvernement central son incapacité à contenir la situation.
Le climat s’est encore tendu ces derniers jours autour du campement improvisé de la plage d’El Trampolín, où des milliers de migrants vivent depuis des semaines dans des conditions précaires, en attendant une hypothétique régularisation ou un transfert vers d’autres structures d’accueil. La coexistence entre ce campement et la population locale, déjà fragile, s’est encore détériorée à mesure que la frustration des habitants de Ceuta grandissait face à l’absence de solution durable proposée par Madrid.
La Policía tiene que intervenir en Ceuta para evitar enfrentamientos entre vecinos e inmigrantes pic.twitter.com/yugSUuis5P
— ABC.es (@abc_es) August 27, 2026
Une population locale à bout de patience
Les habitants qui ont défilé mardi ont exprimé un ras-le-bol après plusieurs semaines de ce qu’ils décrivent comme une gestion insuffisante de la crise par le gouvernement central. Nombre d’entre eux estiment que les infrastructures de la ville, déjà sous tension, ne peuvent absorber davantage de nouvelles arrivées, et réclament des mesures de reconduite à la frontière plus fermes.
La situation à Ceuta illustre la difficulté croissante de l’Espagne à gérer les points d’entrée que représentent ses deux enclaves nord-africaines, Ceuta et Melilla, seules frontières terrestres entre l’Afrique et l’Union européenne. Après la vague de fin juillet, les autorités avaient promis un rétablissement rapide de l’ordre, une promesse que la population locale juge aujourd’hui largement insatisfaite, comme en témoigne l’ampleur de la mobilisation de ces derniers jours.
Le gouvernement espagnol n’a pas encore communiqué de bilan officiel concernant d’éventuels blessés lors des affrontements de mardi soir, ni précisé la nature exacte du matériel anti-émeute employé sur la plage d’El Trampolín. La situation reste tendue dans l’enclave, où les autorités locales craignent une nouvelle escalade dans les prochains jours si aucune réponse concrète n’est apportée à la colère de la population.
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