L’organisme indépendant britannique de contrôle de la police, l’IOPC, a annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête visant l’ancien chef de la police du West Midlands, Craig Guildford, qui avait démissionné en janvier dernier après la décision d’interdire aux supporters israéliens du Maccabi Tel-Aviv d’assister à un match les opposant à l’Aston Villa à Birmingham, en Angleterre.
« L’ancien chef constable de la police du West Midlands, Craig Guildford, ainsi que trois officiers et un membre du personnel, ont été informés que leur conduite fait l’objet d’une enquête de l’IOPC en lien avec l’interdiction des supporters du Maccabi Tel-Aviv à Birmingham », a écrit l’organisme dans un communiqué.
« Après avoir examiné l’ensemble des éléments actuellement disponibles, nous estimons qu’il existe une indication selon laquelle M. Guildford, un officier supérieur ainsi qu’un membre du personnel pourraient avoir commis une faute grave. Ils ont été formellement notifiés que leur conduite fait l’objet d’une enquête », précise le communiqué.
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Une enquête qui pointe des manquements graves
L’IOPC estime que Guildford n’aurait pas fait preuve de la diligence nécessaire dans la supervision des renseignements ayant servi de base à cette interdiction, des renseignements qui se sont révélés erronés et qui auraient présenté aux forces de police une vision déséquilibrée des supporters israéliens.
Au moment des faits, cette interdiction avait suscité de vives condamnations de la part des gouvernements britannique et israélien, ainsi que de groupes locaux qui avaient accusé la police du West Midlands de ne pas s’être coordonnée avec la communauté juive locale, d’avoir utilisé un chatbot d’intelligence artificielle pour tenter de justifier a posteriori cette interdiction, et d’avoir cité un match inexistant entre le Maccabi et West Ham. Une enquête avait alors établi que la police avait d’abord mis en place l’interdiction avant d’essayer, après coup, de la justifier à l’aide de renseignements erronés et de déclarations mensongères.
La police avait notamment affirmé que des renseignements transmis par la police néerlandaise indiquaient que les supporters du Maccabi représentaient un risque élevé d’affrontements violents avec des supporters pro-palestiniens, en s’appuyant sur un précédent lors d’un match aux Pays-Bas. La police britannique avait alors prétendu que les renseignements néerlandais faisaient état du déploiement de 5 000 policiers pour contenir les violences, et qu’un supporter israélien avait jeté un supporter musulman dans un canal.
Les autorités néerlandaises ont formellement démenti ces informations, les qualifiant de fausses : en réalité, seuls 1 200 policiers avaient été mobilisés, et c’est un supporter musulman qui avait jeté un supporter israélien dans le canal — l’inverse de ce qu’avait affirmé la police britannique.
À l’époque des faits, la ministre de l’Intérieur britannique Shabana Mahmood avait déclaré avoir perdu confiance en la capacité de Guildford à diriger la police du West Midlands. « Les conclusions de l’inspecteur en chef étaient accablantes », avait-elle déclaré. « Elles dressent la liste d’une série de manquements qui ont entamé la confiance envers la police du West Midlands. »
Une vidéo de l’incident, largement relayée en ligne au moment des faits, continue de circuler et illustre l’ampleur de la polémique suscitée par cette décision.
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