Environ 150 habitants, chefs d’entreprise et employés du secteur touristique ont participé vendredi à une manifestation organisée à Patong, principal pôle touristique de l’île thaïlandaise de Phuket, pour réclamer un renforcement des contrôles visant les touristes et étrangers accusés de ne pas respecter la loi, la culture et les droits des habitants locaux. Bien que l’événement ait été officiellement présenté comme une protestation contre le comportement d’étrangers de toutes nationalités, une part importante des griefs et des revendications exprimées visait explicitement les touristes israéliens.
La manifestation s’est tenue au parc Loma, sur la plage de Patong, et a été organisée par un collectif local se présentant sous le nom de « Groupe de protection des terres de Phuket ». Selon le site local The Phuket News, environ 150 personnes y ont participé, parmi lesquelles des habitants, des chauffeurs de tuk-tuk, des guides touristiques, des hôteliers et des chefs d’entreprise. Le quotidien thaïlandais Khaosod a pour sa part évalué la participation à un chiffre plus élevé, entre 200 et 300 personnes. Les organisateurs, eux, attendaient initialement environ 500 participants.
Au cours de l’événement, des habitants et chefs d’entreprise ont été invités à témoigner de rencontres problématiques avec des touristes étrangers. Les organisateurs ont affirmé que, dans plusieurs cas, des touristes avaient mangé dans des restaurants sans payer, causé des dégâts matériels, agressé des habitants ou adopté des comportements mettant en danger ou effrayant la communauté locale. Aux côtés de ces plaintes générales contre les étrangers, les touristes israéliens ont été mentionnés à plusieurs reprises.
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המיאוס מהישראלים בתאילנד: תושבים בפוקט יצאו בדרישה חריגה ומדאיגהhttps://t.co/9T1Kt2VZ1X pic.twitter.com/Pxa9M5pOhj
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Saichon Nuchit, représentant du groupe organisateur, a affirmé avant l’événement que plusieurs touristes israéliens avaient été impliqués dans des cas de non-paiement dans des restaurants, des affrontements avec des chauffeurs de tuk-tuk autour du prix des courses, ainsi que des crachats, des agressions et des dégradations de véhicules. Selon lui, ce phénomène ne se limite pas à Phuket et se fait également ressentir dans d’autres destinations touristiques de Thaïlande, notamment à Koh Samui et à Koh Phangan. Ces accusations ont été formulées par les organisateurs et des chefs d’entreprise présents, et ne constituent pas des constats officiels émanant des autorités thaïlandaises chargées de l’application de la loi.
« מעולם לא ראינו אזרחים ישראלים שהולכים ומוחים נגד האזרח התאילנדי »: תומר גראור, שמתגורר בתאילנד, מצא את עצמו בלב מחאה מקומית נגד תיירים מישראל, וגילה שמאחוריה עומד גל של פייק ניוז @ifatglick @almog_tamar #גליקותמר pic.twitter.com/OwpgwiBLm2
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Un chef d’entreprise du secteur touristique, prenant la parole sur scène, a affirmé qu’environ trois vols directs en provenance d’Israël arrivent chaque semaine à Phuket, transportant des centaines de passagers. Selon lui, une partie des Israéliens séjourne sur l’île pendant des périodes prolongées et utilise un réseau d’hébergements, de restaurants et de services touristiques gérés par leurs compatriotes. Il a affirmé que cette situation prive les commerces thaïlandais locaux d’une partie des revenus du tourisme, et que certains étrangers entrent même en concurrence directe avec les habitants pour l’emploi et l’activité économique.
Ce même intervenant a appelé le gouvernement thaïlandais à limiter les visas touristiques des Israéliens à 15 jours, et à envisager également de restreindre le nombre d’Israéliens autorisés à entrer dans le pays. Selon lui, les habitants souhaitent accueillir des touristes venus passer des vacances puis repartir, et non des étrangers s’installant durablement sur l’île pour y développer des activités commerciales. Il s’agit là d’une revendication formulée par l’un des participants à la manifestation, et non d’une décision prise par les autorités ni d’une nouvelle politique du gouvernement thaïlandais.
Des critiques ont également été formulées à l’encontre de l’activité des maisons Habad dans la région. Selon la chaîne Thai PBS, plusieurs participants ont affirmé que ces structures fonctionnaient comme des espaces destinés principalement aux Israéliens et aux Juifs, contrairement aux temples, mosquées et églises locaux, ouverts à un usage plus large du public. Ils ont réclamé de s’assurer que l’ensemble des activités qui s’y déroulent respecte bien la législation thaïlandaise. Là encore, aucune preuve d’une infraction précise n’a été présentée.
Les organisateurs ont tenu à souligner que la manifestation ne visait pas l’ensemble des étrangers ni une nationalité en particulier, et que leurs revendications devaient s’appliquer de façon égale à toute personne visitant ou résidant en Thaïlande. Outre les Israéliens, ils ont également mentionné des touristes français, en particulier des groupes de motards accusés de provoquer du bruit et des nuisances. Plusieurs médias thaïlandais ont néanmoins présenté les Israéliens comme le point central de l’événement : le journal Thai Post a même titré son article en évoquant des habitants de l’île manifestant contre des « touristes israéliens se comportant comme s’ils étaient au-dessus des lois ».
Le député Chalermpong Sangdee, qui représente la circonscription de Phuket et a participé aux discussions, a cherché à apaiser les tensions. Selon lui, Phuket demeure une destination touristique internationale qui continue d’accueillir favorablement des visiteurs du monde entier, mais quiconque entre en Thaïlande doit en respecter les lois et la culture. Il a insisté sur le fait que le problème central résidait dans un relâchement de l’application des lois plutôt que dans un manque de législation, pointant des soupçons de corruption, de fermeture des yeux, et d’entreprises gérées par des étrangers par l’intermédiaire de prête-noms thaïlandais.
Sangdee a appelé à traiter chaque infraction en fonction des preuves et de sa gravité, mettant en garde contre toute expulsion ou sanction sans procédure judiciaire. Il a insisté sur la nécessité d’une application égale de la loi, à la fois pour les Thaïlandais et les étrangers, sans exemption ni traitement particulier fondé sur la nationalité ou le statut économique d’une personne.
À ce stade, aucune annonce officielle du gouvernement thaïlandais ou des autorités de l’immigration n’a été publiée concernant une éventuelle limitation du séjour des Israéliens à 15 jours. La simple formulation de cette revendication, et la manière dont la manifestation a été couverte par les médias locaux, reflètent néanmoins la montée des tensions entre une partie des habitants des pôles touristiques thaïlandais et les touristes et commerces étrangers, les Israéliens se retrouvant cette fois au cœur des critiques.
Sur le même sujet, à lire aussi sur infos-israel.news : notre article sur ce coiffeur de Thaïlande ayant affiché un panneau « Entrée interdite aux Israéliens », ainsi que notre article sur l’ouverture par Arkia d’une nouvelle liaison aérienne directe vers Phuket, devenu un hub touristique israélien majeur.






