« Je savais que c’était un Iranien, je voulais juste de l’argent » : nouveaux détails sur l’affaire d’espionnage de mineurs déguisés en soldats de l’unité 8200

De nouveaux détails ont été dévoilés ce dimanche soir sur l’affaire d’espionnage impliquant deux mineurs, âgés de seulement 14 et 16 ans, originaires de Kiryat Motzkin, accusés d’avoir collaboré avec le renseignement iranien. Le grave acte d’accusation déposé par le parquet du district de Haïfa révèle que les deux adolescents savaient, dès le départ, qu’ils avaient affaire à un agent hostile agissant pour le compte de l’Iran, et qu’ils ont malgré tout choisi de continuer à œuvrer à son service en échange d’un paiement d’environ 1 500 dollars.

L’affaire a été mise au jour à la suite d’une activité financière suspecte ayant déclenché une enquête, laquelle s’est conclue par l’arrestation spectaculaire de l’adolescent de 14 ans à l’aéroport Ben Gourion, immédiatement après son atterrissage en Israël. Le contact entre les mineurs et l’agent iranien, qui se présentait sous le nom de « Daniel », avait débuté en juin dernier lorsque les deux jeunes, à la recherche d’un travail pour les grandes vacances, avaient rejoint un groupe Telegram dédié à la recherche d’emploi.

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Dans le cadre de leur activité pour le compte de l’agent, les adolescents ont recueilli des renseignements sur des sites situés à Herzliya, notamment un centre commercial, certaines routes précises ainsi qu’un bâtiment gouvernemental dans la région de Tel-Aviv, documentant au passage le nombre de sorties et de gardes de sécurité présents sur les lieux. Ils ont également aspergé de graffitis un mur situé sous un pont à Kiryat Motzkin, photographiant leur méfait avant d’en envoyer les preuves à l’agent — une tâche pour laquelle l’un des mineurs aurait reçu 150 shekels. L’un des deux adolescents est allé plus loin encore : il s’est fait passer, via le compte Telegram de son ami, pour un soldat de l’unité 8200, unité d’élite du renseignement militaire israélien, dans le but de recruter d’autres adolescents pour la même activité. Il a par la suite créé un nouveau canal Telegram, à la demande de l’agent, pour y rassembler des mineurs prêts à accomplir des missions qualifiées de « à haut risque ». Au total, les deux jeunes auraient perçu plusieurs centaines de shekels, versés en partie en cryptomonnaies.

Lors de son interrogatoire, l’un des adolescents a détaillé le déroulement des faits : « Au début, je cherchais du travail sur Telegram, dans des groupes de jeunes et aussi d’adultes, j’envoyais des messages en disant que je cherchais un job pour les vacances. Au départ, il m’a demandé de distribuer des flyers, il m’a envoyé une photo sur Telegram. Ensuite, l’agent a voulu qu’on aille photographier un centre commercial ou quelque chose comme ça. Il m’a dit d’aller filmer le centre commercial le plus proche de chez moi, je l’ai fait et c’est tout. »

Face aux enquêteurs, qui lui ont rappelé qu’il avait accompli ces missions en sachant pertinemment qu’il s’agissait d’un agent iranien, l’adolescent a reconnu les faits : « Oui, mais pas des missions d’une ampleur qui pourrait mettre en danger ou nuire à l’État, je voulais juste de l’argent. » Il a également confirmé avoir été rémunéré pour les tâches accomplies pour le compte des Iraniens.

L’enquête, menée de façon clandestine par l’unité centrale de la région d’Asher, en collaboration avec l’unité « Barak » de la division Lahav 433 ainsi que d’autres organismes de sécurité, a débouché sur le dépôt, ce dimanche, d’un acte d’accusation devant le tribunal pour mineurs du district de Haïfa. L’accusation retient notamment, à l’encontre de l’un des adolescents, les chefs de contact avec un agent étranger et de transmission d’informations au bénéfice de l’ennemi à trois reprises, ainsi que la dégradation de biens immobiliers pour les deux mineurs ; le second est également poursuivi pour complicité de contact avec un agent étranger. Le tribunal a interdit la publication de tout élément permettant d’identifier les deux jeunes.

La police israélienne a réagi en assurant que les forces de sécurité continueraient d’agir avec la plus grande détermination, par tous les moyens à leur disposition, ouverts comme secrets, contre toute tentative d’États ennemis ou d’éléments hostiles de recruter des citoyens israéliens, en particulier des mineurs, en les exploitant pour porter atteinte à la sécurité de l’État.

Cette affaire s’inscrit dans une série déjà longue de tentatives de recrutement de citoyens israéliens par les services de renseignement iraniens via les réseaux sociaux, ciblant des profils de plus en plus jeunes et vulnérables, prêts à accomplir de petites missions en apparence anodines contre rémunération, sans toujours mesurer la gravité réelle de leurs actes.

Sur le même sujet, à lire aussi sur infos-israel.news : notre article sur Vladislav Victorson et Anna Bernstein, recrutés par l’Iran via les réseaux sociaux pour des missions de graffitis et d’incendies volontaires à Tel-Aviv, ainsi que notre article sur un couple de rapatriés juifs d’Azerbaïdjan arrêtés pour espionnage au profit de l’Iran.