Espoir au Népal : des dizaines de survivants piégés dans un tunnel après la catastrophe des inondations qui a coûté la vie à plus de 1 100 personnes

Sept jours. C’est le temps qu’ont passé sous la montagne les ouvriers d’une centrale hydroélectrique du Népal, piégés par le torrent de glace, de roche et de boue qui a dévasté le nord du pays. Et pourtant, l’autorité népalaise de l’électricité estime aujourd’hui qu’il existe une forte probabilité qu’ils soient encore en vie. Selon son évaluation, plusieurs dizaines d’employés — quarante-six, précisément — se trouveraient dans un espace souterrain de la centrale de Rasuwagadhi, avec de l’eau et de la nourriture à leur disposition.

Le chiffre a été avancé par Amhsu Kiran Shahi, membre du conseil de l’autorité électrique. Selon lui, les hommes seraient bloqués dans une structure semblable à une pièce, aménagée à l’intérieur du tunnel. Sa confiance repose sur un raisonnement simple : la présence de vivres et d’eau dans le bâtiment rend leur survie plausible même après une semaine. Il a estimé qu’ils devaient être vivants après sept jours précisément pour cette raison.

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La catastrophe est née d’un effondrement de glacier à la frontière entre le Népal et le Tibet. Le bilan communiqué fait état d’au moins 1 130 morts et de plus de 4 400 personnes portées disparues. Parmi elles figurent deux citoyens israéliens. Des ressortissants de trente-neuf pays différents se trouvaient sur la zone au moment du drame, ce qui donne la mesure de l’ampleur internationale de l’événement.

Le pari des tunnels

Depuis la catastrophe, l’essentiel des moyens de secours s’est concentré sur les centrales hydroélectriques, ces chantiers qui percent la chaîne himalayenne pour capter la force des rivières. Des centaines d’ouvriers y ont été piégés dans les galeries souterraines au moment où l’eau a déferlé.

La fenêtre des soixante-douze premières heures, celle que les sauveteurs du monde entier considèrent comme décisive, est depuis longtemps refermée. L’optimisme est pourtant remonté d’un cran concernant Rasuwagadhi, à partir du moment où il est apparu que les hommes se trouvaient dans un local resté sec. C’est cette information qui change tout : de l’air, un abri, des provisions.

Rasuwagadhi n’est pas un site ordinaire dans ce dispositif de secours. Cette installation de 111 mégawatts, située dans le district de Rasuwa, se trouve dans une vallée de montagne à cinq kilomètres seulement de la frontière chinoise. C’est surtout, selon les responsables, le seul projet où il est physiquement possible de progresser à pied dans le tunnel. L’armée s’y est engagée il y a trois jours sans parvenir à localiser la pièce. Les équipes s’apprêtent à recommencer.

Des équipes internationales venues d’Inde, de Chine et des États-Unis participent à l’opération. Elles prévoient d’utiliser du matériel d’écoute perfectionné et d’autres outils afin de détecter des signaux de vie depuis l’extérieur des galeries, puis de dégager un passage jusqu’aux hommes. Ailleurs, sur le site d’Upper Trishuli 3A, également frappé par la crue, il a fallu près de six jours aux secouristes rien que pour retrouver l’entrée des tunnels, tant la boue était épaisse.

Du sauvetage à la reconstruction

Pendant que les équipes creusent, le gouvernement népalais a annoncé un changement de priorité. L’effort national bascule progressivement du sauvetage vers la réhabilitation et la reconstruction, en raison de l’immensité des dégâts. L’image employée pour décrire le volume de gravats donne le vertige : l’équivalent de six Empire State Building de décombres.

Ce basculement ne signifie pas que les recherches s’arrêtent. Les forces de secours poursuivent les ratissages et le traitement des centaines de disparus. À ce jour, 279 personnes ont été extraites vivantes des projets hydroélectriques submergés par la coulée de glace, de roche et de boue.

Les organisations humanitaires internationales, elles, ont exprimé une inquiétude profonde sur un autre front : les risques sanitaires. Dans les camps de déplacés comme dans les zones restées inondées, la promiscuité et l’eau stagnante créent un terrain propice aux épidémies. C’est le second temps de toute catastrophe de cette nature, celui qui commence quand les caméras se détournent.

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