Il est en Israël deux peuples qui, logiquement, devraient rejoindre la diaspora  —  par Philippe ARNON

 
Beaucoup vont sans doute se dire qu’un goy comme moi, n’est pas en mesure de saisir la complexité phénoménale qui définit la nation israélienne. Sans doute, suis-je trop logique et n’ai pas le goût des nuances et surtout, le goût des subtilités. Mais il me paraît important d’analyser comment un goy appréhende Israël tout simplement parce que cette appréhension, sans doute trop simple, peut cependant aider les Juifs à mieux … s’appréhender eux-mêmes sur leur propre terre.
Pour un Bolivien, un Danois, un Tanzanien, un Mongole ou un Néo-Zélandais bref, un citoyen du monde, Israël est avant tout, et même uniquement la terre des Juifs, c’est à dire la terre de ces gens qui ont pour religion, le judaïsme. C’est carrément  une lapalissade. Et ça l’est d’autant plus que le reste du monde est bourré depuis ses origines, d’antisémitisme et que les voisins d’Israël obsédés de satanocratie islamique, n’aspirent qu’à une chose, exterminer ce peuple … « du fleuve à la mer » comme on l’entend souvent aujourd’hui.
C’est en assistant le 5 janvier 1895 à la dégradation du capitaine Alfred Dreyfus et en entendant la foule hurler : « Mort aux Juifs ! » que Theodor Herzl écrit « L’Etat des Juifs » qui sera l’élan intellectuel conduisant à la création de l’Etat d’Israël. Cet Etat est avant tout l’expression et l’aboutissement intimes du martyrologe vécu sur près de 2000 ans par les Juifs, indentifiés par les goyim par leur seule religion. Israël, dès sa création en 1948 transpire le judaïsme. « Nous sommes un peuple, un peuple un » soupire Herzl qui poursuit : « Partout nous avons loyalement tenté de nous fondre dans les communautés nationales qui nous entouraient et de conserver la foi de nos pères. On ne nous le permet pas. C’est en vain que nous sommes de bons patriotes voire dans certains pays des patriotes exacerbés … Dans les pays où nous vivons depuis des siècles, nous sommes considérés comme des étrangers … ». C’est bien le Juif, en tant que pratiquant du judaïsme que Theodor Herzl a dans l’esprit, pas un martien ! Il veut de toutes ses forces, un endroit où enfin les Juifs seront à l’abri : « Tout au long de leur longue et tragique histoire, les Juifs n’ont cessé d’entretenir ce rêve royal (L’idée de l’Etat) : « L’an prochain à Jérusalem ». Nous sommes en plein dans le judaïsme !
 
Le problème, et dont Israël encore aujourd’hui est victime, c’est que Herzl est homme de son temps, fortement marqué par les idées de la Révolution française. Certains se sont même demandés s’il n’était pas franc-maçon. Et le problème, car cela en est un ! c’est que dans son dessein de la création de l’Etat d’Israël, il prend un vrai recul vis à vis du judaïsme. On a envie de dire qu’il le pollue avec l’universalisme français et fragilise ainsi et à jamais le statut d’Israël« Aurons-nous une théocratie ? Non ! Si la loi maintient notre unité, la science nous libère (on croirait entendre Auguste Comte avec son positivisme !). C’est pourquoi nous ne permettrons pas aux velléités théocratiques de nos chefs religieux d’émerger. Nous saurons les cantonner dans leurs temples … ». Cette vision sera reprise par David Ben Gourion, fondateur et premier Ministre d’Israël en 1958 : « L’Etat juif ne doit pas être gouverné par la loi religieuse … ». Pourquoi dans ces conditions qualifier l’Etat de juif alors? Il y a de quoi se poser franchement la question. Pourquoi cette dénaturation dès le départ ? Il y a là comme une contradiction car un Etat est avant tout une construction objective et neutre et préciser alors qu’il est juif, se heurte de plein fouet à son objectivité ! La Déclaration d’indépendance d’Israël de 1948 évoque l’ « identité spirituelle, religieuse et politique » d’Eretz-Israël. On finit par avoir la tête qui tourne : « Israël n’est pas un Etat religieux. Il n’y existe pas de religion d’Etat. Personne cependant ne peut séparer le peuple juif de la religion juive » affirme Golda Meir en 1971. Enfin, la Loi fondamentale de 2018 oblige l’Etat à préserver le « patrimoine culturel, historique et religieux du peuple juif ».. On voit donc bien à quel point, il est impossible à Israël de se détacher, non pas de sa judéité mais tout simplement du judaïsme … tout simplement parce que le judaïsme est consubstantiel à son identité !
 
LE PREMIER PEUPLE :
L’introduction insidieuse de l’universalisme français dans les élites israéliennes ne pouvait évidemment qu’aboutir, par la nature même des choses, à un rejet pur et simple, parmi certains Israéliens, du judaïsme. Il fallait bien s’y attendre. On appelle ces Israéliens particuliers les « Hilonim », ce qu’en France on qualifierait de séculiers. Les Israéliens les appellent laïcs. Mais attention, il y a deux sortes d’hilonim : les modérés et les radicaux. Et c’est sur ceux-là que je voudrais porter mon attention. Si le laïc modéré rejette les lois religieuses contraignantes mais demeure attaché au patrimoine culturel juif bref, s’il conserve au fond de lui-même sa judéité, en revanche, le laïc radical perçoit la religion comme un outil d’aliénation. Il revendique avec obstination une séparation totale et absolue de la synagogue et de l’Etat sur le modèle français et souffre de voir la conception démocratique de l’Etat reculer face à l’ascension des partis religieux. Surtout, ils dénoncent avec vigueur les subventions publiques accordées aux écoles religieuses et l’exemption des ultra-orthodoxes du service militaire. Ces laïcs radicaux représentent entre 10% et 15% de la population. Ce n’est pas rien en ce sens qu’ils sont un réel facteur de destabilisation du pays !
A partir du moment où ces Israéliens extrémistes rejettent le judaïsme, en un mot, sont athées, leurs revendications objectivement peuvent paraître fondées … mais pas totalement, tout simplement, et comme je l’ai dit au début de cet article, parce qu’Israël est un Etat à part et pour l’éternité de surcroît du fait qu’il est irréversiblement marqué par le judaïsme. Israël, ce n’est pas la France, loin s’en faut ! Cet aspect est incontournable d’autant plus d’ailleurs que le taux de croissance des communautés juives ultra-orthodoxes est de loin supérieur au leur. Il y a donc manifestement entre Israël et eux une inadéquation manifeste. Et on a alors envie de leur dire : « Mesdames et Messieurs, vous vous êtes trompés de domiciliation. Vous n’aurez jamais réellement votre place ici qui n’est pas chez vous. Celle-ci serait plutôt dans un pays comme la France. Ne perdez plus de temps, quittez Israël et rejoignez la Diaspora ! Là, vous serez en adéquation avec votre vision du monde qui n’est pas et ne peut être une vision objective et respectueuse d’Israël.
 
LE DEUXIEME PEUPLE :
 
Il est extrangement à l’autre extrème sur l’éventail du peuple israélien. Cette fois, il s’agit des Juifs orthodoxes ou haredim. Pour eux, tant que le Messie n’est pas arrivé, il ne peut y avoir de légitimité de la souveraineté juive en Terre d’Israël en un mot, pas d’Etat juif. Mais attention : là encore, il y a deux catégories de haredim : les haredim en général et les haredim antisionistes. Ce que ceux-là rejettent, c’est le fait de transformer le retour des Juifs en Terre d’Israël en projet politique national avec un Etat souverain créé par des humains avant la venue du Messie. Pour eux, cette oeuvre humaine est une usurpation de ce qui appartient à la rédemption messianique, une transgression religieuse.
Alors, on a envie de leur poser la question suivante et qui relève de la logique la plus élémentaire : « Puisque le Messie n’est pas encore venu pour accomplir la rédemption, que faîtes-vous en Israël ? Votre présence ici constitue une infraction, ‘het et plus exactement Mézid. A cela, ils objectent que la Terre d’Israël est une terre sainte, c’est la raison pour laquelle ils y vivent. Mais cela ne vaut que s’ils sont descendants de Juifs n’ayant depuis 70, c’est à dire depuis l’expulsion des Juifs par les Romains, jamais quitté la Terre d’Israël. S’ils sont descendants de Juifs s’étant par exemple installés à Jérusalem au XIXème siècle, leur argument ne tient plus. Eux aussi dans ces conditions doivent rejoindre la Diaspora ! Sans compter leur malhonnêté : ils rejettent donc l’Etat d’Israël mais seulement dans le principe !!! car ils sont bien contents de refuser le service militaire et donc que les autres Israéliens risquent leurs peaux pour la leur ; comme ils sont bien contents d’étudier la Torah et le Talmud tout en recevant avec plaisir des subventions … de l’Etat pour vivre !
Je crois qu’il serait bon pour le bien et la continuité d’Israël que ces deux peuples extrèmes modèrent un peu leurs transports. Ils se rapprocheraient ainsi de leurs compatriotes pour former une union bien plus solide que ce qu’elle est aujourd’hui, ne serait-ce que pour se défendre de la satanocratie islamique. Peut-être, s’ils jettent un regard sur leurs enfants qui jouent près d’eux, leur sera t-il possible de mieux saisir le Olam Ha-Ba.
Je suis goy. Vive Israël !
Philippe ARNON
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