France : environ 7 000 décès en excès enregistrés pendant les vagues de chaleur

La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé vendredi qu’environ 7 000 décès en excès avaient été recensés en France pendant les vagues de chaleur qui ont frappé le pays depuis le début de l’été jusqu’à fin juillet. Selon elle, les données définitives seront publiées dans les prochaines semaines, une fois l’ensemble des certificats de décès traités par les autorités sanitaires.

Ce bilan provisoire s’inscrit dans la continuité d’une série de communications de plus en plus préoccupantes émanant de Santé publique France, l’agence sanitaire chargée de mesurer la surmortalité liée à la chaleur. La France a en effet connu cet été plusieurs épisodes caniculaires successifs, dont l’intensité et la précocité ont été jugées exceptionnelles par les experts.

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Le premier grand épisode, survenu du 17 juin au 2 juillet, avait déjà entraîné à lui seul 5 764 décès toutes causes confondues, soit une hausse de 36 % par rapport à la normale saisonnière. Cette canicule avait touché 92 départements, représentant 98,5 % de la population de la France hexagonale, et avait été qualifiée de plus sévère que celle d’août 2003 sur le plan météorologique. Les 24 et 25 juin avaient constitué les journées les plus chaudes jamais enregistrées à l’échelle nationale, avec une température moyenne dépassant pour la première fois les 30 degrés sur 24 heures, selon Météo-France. Des records absolus avaient alors été battus dans plusieurs villes, notamment 42,5 degrés à Bordeaux, 40,1 degrés à Paris, 42,7 degrés à Niort, 43 degrés à Brive et jusqu’à 43,8 degrés à Saintes.

Une seconde vague de chaleur, moins intense mais plus étendue géographiquement, a ensuite balayé le pays du 3 au 22 juillet. Elle a provoqué à elle seule 1 243 décès supplémentaires dans 78 départements, portant le bilan cumulé de l’été à environ 7 300 morts selon les données communiquées à la mi-août par Santé publique France, un chiffre proche de celui avancé vendredi par la ministre.

Les personnes âgées continuent de payer le tribut le plus lourd de ces épisodes de chaleur extrême. Lors de la canicule de juin, les 75 ans et plus représentaient à eux seuls près des deux tiers des décès en excès, avec au moins 3 719 morts dans cette seule tranche d’âge. Pour l’épisode de juillet, cette proportion est montée jusqu’à environ trois quarts du bilan chez les personnes de 75 ans et plus, plus vulnérables en raison de pathologies associées. Fait notable relevé par les autorités sanitaires, contrairement à la canicule historique de 2003, ce n’est pas dans les maisons de retraite que la mortalité a le plus progressé : les décès à domicile ont représenté une part significative du bilan, un phénomène qui a conduit le gouvernement à renforcer ses messages de vigilance envers les personnes isolées.

L’Île-de-France a été la région la plus durement frappée par le premier épisode caniculaire, avec une surmortalité de 81,2 % et près de 2 000 décès en excès, en raison notamment de la forte concentration de population dans cette zone urbaine. Le Centre-Val-de-Loire et les Pays de la Loire suivaient avec des taux également très élevés.

Malgré l’ampleur de ces chiffres, les autorités sanitaires ont tenu à souligner que le bilan de cet été, bien que très lourd, restait inférieur à celui de la canicule de 2003, qui avait fait au moins 15 000 morts en France. Les experts appellent toutefois à la prudence dans ces comparaisons, la population française ayant beaucoup vieilli depuis deux décennies, tandis que l’offre de soins a également évolué.

Ces bilans à répétition ont nourri une controverse politique en France, une partie de l’opposition reprochant au gouvernement un manque de préparation face à des épisodes caniculaires dont la fréquence et l’intensité vont croissant d’année en année. Un bilan définitif et consolidé de la surmortalité estivale doit être publié en octobre par Santé publique France, une fois l’ensemble des certificats de décès analysés.