Affaire d’espionnage et drame à Ben Gourion : en Russie, on affirme qu’il s’agit de l’Israélien arrêté

Un nom circule depuis vendredi dans la presse russe et internationale, alors qu’il demeure officiellement sous le sceau du secret en Israël. Selon des médias étrangers, l’acte d’accusation déposé ce jour contre un citoyen israélien, poursuivi pour avoir été activé par un service de renseignement étranger dont l’identité reste confidentielle, viserait Artiom Kirpitchonok, historien et écrivain porté disparu en Russie depuis le début du mois d’août, après son atterrissage en Israël.

Kirpitchonok avait atterri en Israël le 2 août. Depuis, le contact avait été rompu avec lui, plongeant ses proches dans l’inquiétude. C’est dans ce climat d’incertitude que son nom refait surface aujourd’hui, associé à une affaire sécuritaire dont seuls certains éléments ont été autorisés à la publication.

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Une arrestation immédiate selon la presse russe

D’après les informations du site Meduza et d’autres médias russes, Kirpitchonok aurait été arrêté début août dès sa descente d’avion, par des enquêteurs du Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien. Il serait soupçonné d’avoir entretenu des liens avec un agent étranger et d’avoir commis des infractions relevant de l’espionnage.

L’affaire avait déjà provoqué une onde de choc à Moscou dès le début du mois. Des amis de Kirpitchonok ainsi que des militants des droits de l’homme avaient lancé des appels publics pour aider à le localiser. Certains sont même allés jusqu’à affirmer que l’ambassade de Russie en Israël s’était rapprochée des autorités israéliennes pour tenter d’éclaircir les circonstances de sa disparition mystérieuse à l’aéroport Ben Gourion.

Un passé israélien, un virage idéologique

Âgé de 51 ans, Artiom Kirpitchonok possède la double nationalité russe et israélienne. Il a vécu en Israël pendant environ quinze ans, y a servi dans les rangs de Tsahal et y a étudié à l’Université hébraïque de Jérusalem. Mais ces dernières années, il s’était installé en Russie, où il s’était fait connaître pour ses positions résolument anti-israéliennes, exprimées avec virulence sur les réseaux sociaux.

Selon les informations relayées depuis l’étranger, Kirpitchonok serait détenu depuis son arrivée en Israël sans aucun contact avec le monde extérieur — et ce jusqu’au dépôt, aujourd’hui, de l’acte d’accusation par le parquet du district central.

Confirmation partielle côté israélien

De leur côté, les autorités sécuritaires israéliennes ont confirmé aujourd’hui qu’un citoyen israélien avait bien été arrêté, soupçonné d’avoir été activé par des agents de renseignement étrangers et d’avoir participé à une « activité d’influence étrangère » dirigée contre l’État. Sans confirmer explicitement l’identité de l’individu, les autorités laissent ainsi planer une correspondance frappante avec le cas évoqué par Moscou.

En Russie, la conviction est déjà faite : il s’agirait bien du blogueur « disparu » à l’aéroport immédiatement après son atterrissage. Cette double lecture — silence côté israélien, affirmations côté russe — illustre la tension singulière qui entoure cette affaire, suivie de près autant à Tel-Aviv qu’à Moscou.

L’ordre de non-publication qui pèse sur l’identité du suspect en Israël n’empêche donc pas la fuite d’informations par la voie de la presse étrangère, un phénomène qui n’est pas sans précédent lorsque des affaires sécuritaires israéliennes touchent des ressortissants ayant une double nationalité. Le parquet du district central, qui a déposé l’acte d’accusation ce vendredi, n’a pour l’instant pas communiqué davantage de détails publics sur la nature exacte des charges retenues ni sur le calendrier de la procédure judiciaire à venir.

L’affaire, qui mêle services de renseignement, disparition inquiétante et virage idéologique radical d’un ancien soldat de Tsahal devenu critique virulent d’Israël, continue de susciter des interrogations des deux côtés de la frontière informationnelle qui sépare, pour l’instant, ce que Jérusalem autorise à dire de ce que Moscou choisit de révéler.