Une opération spéciale de Tsahal menée mardi au cœur de la bande de Gaza a permis la capture de Moein al-Arabid, présenté comme le chef du renseignement intérieur du Hamas, dans une action qui n’a pourtant guère fait la une des médias. Selon une analyse publiée par le site israélien Walla, cet épisode illustre pourtant la réalité du contrôle exercé par Israël sur le territoire, à rebours du discours ambiant évoquant une reconstitution des capacités du mouvement islamiste et une pleine maîtrise du terrain par celui-ci.
Selon cette même analyse, Israël contrôle actuellement environ 70 % de la surface de la bande de Gaza, un niveau de contrôle territorial inédit depuis la période comprise entre 1967 et les accords d’Oslo. À titre de comparaison, à l’époque où des implantations juives étaient disséminées sur l’ensemble du territoire de Gaza, avec leurs zones tampons, leurs voies d’accès et leurs terres agricoles, celles-ci ne représentaient jamais plus de 35 % de la superficie totale de l’enclave. Dans les zones aujourd’hui sous contrôle israélien, aucune présence civile arabe ne subsiste, mais on y trouve un nombre important de soldats, de postes avancés et de bases militaires, les seules habitations encore utilisées servant désormais au logement des troupes.
Sur les 30 % restants du territoire encore sous emprise du Hamas, le mouvement continue certes d’exercer son autorité sur la population locale, mais cette emprise se fragilise progressivement. L’opération de capture du chef du renseignement du Hamas cette semaine aurait d’ailleurs été rendue possible grâce à l’appui de forces arabes locales coopérant avec Israël, signe supplémentaire de l’érosion du contrôle du mouvement sur le terrain.
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L’armée israélienne n’opère pas actuellement à haute intensité dans la bande de Gaza, en raison de la coordination jugée essentielle avec les États-Unis dans le cadre du cessez-le-feu en vigueur. Cette relative retenue est exploitée par certains adversaires politiques du gouvernement, qui accusent l’exécutif de ne pas avoir vaincu définitivement le Hamas, contrairement à ses engagements précédents, notamment la promesse d’une « victoire totale » longtemps raillée par ses détracteurs et aujourd’hui brandie par ces mêmes voix comme un objectif non atteint. Selon l’analyse, l’accord ayant permis la libération de l’ensemble des otages n’a toutefois pas contraint les mains de Tsahal ni imposé un retrait total du territoire, contrairement à d’autres propositions d’accord antérieures rejetées par Benjamin Netanyahu et les membres du cabinet restreint après le départ de Gadi Eisenkot et Benny Gantz. L’accord aurait au contraire obtenu une garantie claire de Washington selon laquelle ni le Hamas ni aucune autre organisation terroriste ne pourrait, à terme, subsister à Gaza.
Cette analyse intervient dans un contexte politique israélien particulièrement dense, à quelques jours de la clôture des listes électorales prévue mardi en vue des élections générales de 2026. Le procès de Benjamin Netanyahu doit reprendre prochainement avec l’audition des témoins de la défense, une étape que certains commentateurs présentent comme potentiellement favorable au Premier ministre, dans la mesure où plusieurs figures centrales de l’accusation initiale, dont l’ancien procureur général Avichai Mandelblit et l’ancien chef de la police Roni Alsheich, devront s’expliquer sur des méthodes d’enquête controversées.
Sur le plan des alliances électorales, le parti Yesh Atid de Yair Lapid, fondé en 2013, semble avoir atteint son terme, une majorité de ses vingt-quatre députés actuels devant se tourner vers d’autres formations, notamment celle de Naftali Bennett, voire celle de Gadi Eisenkot, qui n’a pour l’instant pas répondu favorablement aux avances de Bennett et Lapid, jugeant préférable une candidature séparée de son bloc. Du côté de la droite, Bezalel Smotrich et Moshe Feiglin ont scellé cette semaine une union électorale, tandis qu’Ofer Winter, autre figure émergente du paysage politique de droite, reste pour l’instant isolé, misant sur sa capacité à attirer des électeurs au-delà de son propre camp.






