Tout être épris de droit et de justice ne peut rester insensible face aux comportements et à la conduite sans nom, si ce n’est criminelle, perpétrés par des Juifs scélérats.
Des personnels de santé, des patients jeunes ou âgés, des élèves, des professeurs, des conducteurs, des policiers, des militaires, des fonctionnaires, entre autres, sont agressés et agressent, malmenés et malmènent, menacés et menaçant, violés ou violentés et même brûlés vifs par une société en perte de ses repères moraux. Du religieux au séculier, du bourgeois au pauvre, de droite comme de gauche, tous hurlent, braillent, menacent mais jamais n’écoutent le prochain.
Le rationnel de la violence repose sur la notion de suprématie et sur une croyance bornée en l’absolu d’un pouvoir des puissants. Ces individus-là ne peuvent demeurer naïfs face aux palabres des avortons de l’Humanité et de leur prétendue morale, ils sont résolus et armés d’arrogance, de virulence et de passion froide.
Que leur importe le droit et le devoir, ils les méprisent, les législations sont fabriquées pour les précaires et les éphémères, leur éthique, leur juste mesure et leur prétendue conscience desservent la race des seigneurs. Eux savent faire triompher le « vrai droit », celui de la nature pure et propre, les règles sociétales sont arbitraires, si elles existent c’est uniquement pour exaucer les faibles qui veulent se défendre des forts.
Calliclès, chez Platon, loue les vertus guerrières, l’ivresse de la volonté de puissance à l’égard du troupeau de l’Humanité que représente à ses yeux la société.
Les récents actes de violence ont causé non seulement la souffrance d’innocentes victimes, mais parfois la mort. Néanmoins, nous savons tous pertinemment qu’il existe un droit et une justice les concernant. C’est encore plus choquant d’apprendre que des Juifs sont à l’origine de telles barbaries, qui plus est, religieux dans nombre de cas. Ni la loi, ni la foi n’eurent droit de cité chez ces ordures!
Faites attention aux intégrismes spirituels ou séculiers, aux extrémismes politiques de tous bords, aux individus persuadés d’avoir toujours raison et d’être les plus forts !
Ils ont tous un mode d’influence trivial. Ils s’affirment, haut et fort, comme l’unique idéologie capable d’offrir un monde meilleur. Ils légitiment, subtilement, l’emploi de la violence, seule véritable solution au ressentiment et à l’impatience qui les rongent au nom d’une lutte forcément juste.
Marre de toutes ces idéologies qui maintiennent les déchirures entre les hommes et fomentent des rivalités sans fins, instaurent un état de crise sociale!
L’ensemble des dogmatismes idéologiques provoquent des scissions incorrigibles et désastreuses, ils possèdent, en leur for intérieur, un potentiel de férocité ténébreuse.
Je crois sincèrement aux faits sournois de l’idéologie exacerbée, celle-ci sert les intérêts vils et méprisables d’individus avides de pouvoir, en quête d’appétit de vengeance, de répression, de passions individualistes et iconoclastes.
La foi, pas forcément religieuse, est souvent un voile qui dissimule la bestialité de créatures en mal de vivre et fournit un plaidoyer du bon droit.
C’est toujours en son nom que l’on affirme la nécessité du combat où l’endoctrinement est un édifice psychologique qui autorisera et permettra de disculper la bête humaine de toutes sortes d’exactions, de prétendre à la justice, de désavouer la morale et de se moquer de toute éthique.
La Bible nous permet d’entendre et de rĂ©flĂ©chir: « Dieu dit: « Qu’as-tu fait! Le cri du sang de ton frère s’Ă©lève, jusqu’Ă moi, de la terre.» (Genèse 4:10) Un verset significatif qui sous-entend, de manière imagĂ©e, une vĂ©ritĂ© probante: tout comportement, toute attitude violente Ă l’égard d’autrui est un acte grave et condamnable.
Un autre passage biblique affirme que si un corps est trouvĂ© mais l’identitĂ© du tueur inconnue, une cĂ©rĂ©monie spĂ©ciale devra avoir lieu et les anciens du village le plus proche devront y dĂ©clarer: «Et ils diront tour Ă tour: « Nos mains n’ont point rĂ©pandu ce sang-lĂ , et nos yeux ne l’ont point vu rĂ©pandre. Pardonne Ă ton peuple IsraĂ«l, que tu as rachetĂ©, Seigneur! Et n’impute pas le sang innocent Ă ton peuple IsraĂ«l! » Et ce sang leur sera pardonnĂ©. » (DeutĂ©ronome 21: 7-8).
Pour que notre sociĂ©tĂ© puisse invoquer l’innocence, il faudrait agir, faire tout notre possible pour que de telles actions abjectes ne se reproduisent plus. Cela est l’évidence mĂŞme, tous les services concernĂ©s doivent se consacrer Ă ce labeur, pour une sociĂ©tĂ© plus juste, plus honnĂŞte. Nos forces de sĂ©curitĂ© doivent repĂ©rer et punir ceux qui exĂ©cutent ces faits et gestes abominables, la tolĂ©rance zĂ©ro sera dorĂ©navant la mesure Ă©talon.
Il faut condamner les malfrats en col blanc, à kippa de couleur ou non, en blouse blanche ou en uniforme, homme ou femme, père ou mère, mari ou épouse, toute cette racaille nauséabonde doit prendre le chemin des geôles, non pour y moisir mais pour réapprendre à vivre aux sons des vraies valeurs humaines.
Nul ne pourra rester en poste et continuer de salir et d’empoisonner l’environnement, non seulement les individus mais tout autant les institutions de toute obĂ©dience devront ĂŞtre fermĂ©es pour cause de salissure nationale. L’enseignement de la haine, de l’intolĂ©rance et l’incitation Ă la violence contre ces autres, qui ne nous ressemblent guère ou ne sont pas tels que nous le voudrions, doit ĂŞtre rĂ©primĂ© sans violence mais avec fermetĂ©.
Mais tout cela n’est pas suffisant!
L’existence d’une jeunesse agressive, irritable, imprĂ©gnĂ©e de prĂ©jugĂ©s, rĂ©vèle un dĂ©faut, une carence au sein de notre système d’enseignement national, comme du milieu familial Ă©ducatif, qui ne peut plus ĂŞtre ignorĂ©e. A ces fins, il faudrait pouvoir remettre en question l’ensemble des systèmes scolaires responsables de ces dĂ©sastres: le religieux, le laĂŻque et l’orthodoxe.
Acceptons que l’enseignement se conçoive comme la saisie d’un savoir, ce dernier sera éventuellement d’ordre scientifique et technique, telle est la formule le plus souvent favorisée, elle demeure néanmoins trop réductionniste. La plupart de nos enfants terminent leur scolarité avec un certain bagage de savoir quantitatif mais on peut rarement les qualifier d’éduqués, au sens qualitatif du terme. Il faut que notre cher et tendre bambin commence à penser, à réfléchir et, à cet effet, puisse vivre et prendre connaissance de la vie, conscience de lui-même, prescience de l’homme.
L’instruction est bien plus qu’une science apprise et digérée, elle doit pénétrer l’être au plus profond de ce qu’il croit être. L’enseignement bouleverse totalement celui qui sait, il lui offre la sagesse et l’élégance d’une culture, la conscience des valeurs du savoir humain. La famille et les institutions scolaires doivent, ensemble, faire œuvre d’éducation pour mieux soutenir l’évolution et le devenir de nos élèves, de nos enfants, pour les transporter vers une plus grande plénitude, sensibilité, perspicacité, érudition, ouverture et responsabilité.
Poursuivre, aller bien au-delĂ , promouvoir les valeurs positives. Il ne suffit pas, par exemple, d’enseigner l’amour de la terre d’IsraĂ«l et de la tradition juive sans jamais vouloir remettre cela dans un contexte pluriel. C’est aussi un devoir d’enseigner le sens de l’altĂ©ritĂ© vis avis de tous et de toute la CrĂ©ation, une exigence de considĂ©rer l’autre comme moi-mĂŞme, avec bontĂ© et Ă©quitĂ©.
Notre tradition Hébraïque est emplie d’une pédagogie positive qui est malheureusement ignorée de la plupart de nos jeunes, et moins jeunes, étudiants. Voici, malgré tout, quelques prescriptions prélevées dans notre riche patrimoine qui seraient en mesure d’être tout ou partie de notre citoyenneté, en clair, d’être entendues et comprises par chaque gamin israélien dès la petite enfance.
Nos maitres enseignent: « C’est pourquoi l’homme a été créé unique, afin d’enseigner que celui qui détruit une vie, c’est comme s’il avait détruit le monde, et celui qui sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé le monde. » (Talmud de Jérusalem traité de Sanhedrin ch.4 Mishna 5 et dans le Mishné Torah du Rambam: lois du Sanhedrin, ch12, 7).
L’Ă©galitĂ© foncière de tous les ĂŞtres humains, Juifs et non-Juifs, est l’un des fondements de la foi rabbinique. Ben Azzai l’affirme «Ceci est l’histoire des gĂ©nĂ©rations de l’HumanitĂ©. Lorsque Dieu crĂ©a l’ĂŞtre humain, il le fit Ă Sa propre ressemblance.» (Gen.5: 1). C’est l’une des règles fondatrices et essentielles de la Torah (Sifra, Kedoshim 4, 89b), l’enseignement de Hillel confirme cela : nous devons « aimer tous les ĂŞtres humains, toutes les crĂ©atures », et pas seulement les enfants d’IsraĂ«l.
Le JudaĂŻsme rabbinique a dĂ©crit la relation de Dieu avec les Juifs et les non-Juifs dans une dĂ©claration attribuĂ©e Ă Rabbi Akiva trouvĂ©e dans Avot 3:18: «Bien-aimĂ© est l’ĂŞtre humain en ce qu’il a Ă©tĂ© créé Ă l’Image ».
Et comment ne pas rappeler, peu ou prou, la pensée du Rav Kook dans l’un de ses multiples ouvrages: « les lumières du Sacré ».
« La saintetĂ© suprĂŞme est remplie d’amour, de bontĂ© et de patience, parce qu’elle est pĂ©nĂ©trĂ©e de perfection. La haine, le jugement et la sĂ©vĂ©ritĂ© sont les consĂ©quences de l’oubli de Dieu et d’une violence Ă l’égard de la lumière et de la saintetĂ©. Plus la quĂŞte de Dieu grandit dans votre cĹ“ur, plus l’amour de tous grandira dans votre cĹ“ur. Si vous aimez les mĂ©chants, les nĂ©gateurs de Dieu et dĂ©sirez le mieux et le meilleur pour eux, vous les amĂ©liorerez rĂ©ellement grâce Ă la grandeur de votre foi.
Il reste pourtant vrai et de manière Ă©vidente qu’il nous est plus aisĂ© de sentir l’amour chez tous ceux trouvant grâce Ă nos yeux. Mais lorsque nous offrons notre affection Ă toute personne par amour seul, alors nul mal, nuls maux, nulle laideur ne peuvent ĂŞtre perçus, ils sont Ă nos yeux tous bons, biens et beaux. »
Ces enseignements, et tant d’autres semblables, doivent devenir la base de l’Ă©ducation de toute notre jeunesse. Ils ne sont guère utopiques si nous le dĂ©sirons vraiment. Ainsi, nous permettent-ils de dĂ©clarer Ă haute et intelligible voix que le JudaĂŻsme est source de moralitĂ© et non cause d’agressivitĂ©.
Les bourreaux, prĂ©citĂ©s, imprĂ©gnĂ©s du poison nazifiant, doivent ĂŞtre mis au banc de nos sociĂ©tĂ©s et punis Ă la hauteur de leurs crimes innommables. Respect de l’homme!… LĂ est la pierre de touche!
« Quand le Naziste respecte exclusivement qui lui ressemble, il ne respecte rien que lui-même. » (Saint-Exupery, Lettre otage, 1943, p.402).




