Shanbhazada a publiĂ© le tweet en question en mai dans un geste qui semblait innocent et peut-ĂŞtre mĂŞme une erreur, mais il a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© quelques semaines plus tard, après que sa rĂ©ponse ait fait un « ratio » (un terme du monde de Twitter qui fait rĂ©fĂ©rence Ă la situation en (oĂą une rĂ©ponse Ă un tweet recevant plus de likes que le tweet original) et a attirĂ© une large attention. Son mandat d’arrĂŞt temporaire a Ă©tĂ© prolongĂ© d’un mois en juillet.
Le 31 aoĂ»t, son avocat a annoncĂ© qu’il avait Ă©tĂ© condamnĂ© Ă un total de 12 ans de prison pour des accusations fabriquĂ©es de toutes pièces, gĂ©nĂ©ralement portĂ©es par le système judiciaire de la RĂ©publique islamique contre des militants afin de les maintenir en prison pendant de longues pĂ©riodes et d’intimider les autres.
Shanbahzadeh, connu pour ses critiques et sa prĂ©sence sur les rĂ©seaux sociaux, a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă cinq ans de prison pour « activitĂ© de propagande pro-israĂ©lienne », quatre ans pour « insulte au caractère sacrĂ© de l’Islam », deux ans pour « diffusion de mensonges » sur les rĂ©seaux sociaux, ainsi qu’un an pour « activitĂ©s de propagande contre le rĂ©gime », a dĂ©clarĂ© samedi son avocat Amir Raisian au journal rĂ©formateur Sharg.
Selon son avocat, l’autoritĂ© judiciaire n’a fourni aucune preuve prouvant que l’accusĂ© menait une « activitĂ© de propagande pro-israĂ©lienne », et Raisian affirme que l’acte d’accusation a Ă©tĂ© dĂ©posĂ© contre lui sur la base de « ses conversations privĂ©es sur Internet ». Quant aux autres accusations, Raisian a dĂ©clarĂ© que le tribunal a citĂ© son soutien Ă d’autres prisonniers politiques après avoir dĂ©peint l’Ă©tat du pays sous un jour nĂ©gatif, utilisĂ© le hashtag « non aux exĂ©cutions », soutenu la levĂ©e de l’obligation du hijab, créé une atmosphère mĂ©diatique nĂ©gative contre les Ă©lections iraniennes et a exprimĂ© sa joie Ă l’Ă©gard de la mort de l’ancien prĂ©sident iranien, Ebrahim Raisi, comme preuve. Son avocat a dĂ©clarĂ© qu’il envisagerait de faire appel de la sentence après en avoir discutĂ© avec son client en prison.
Peu de temps après son arrestation en mai, le compte X de Shanbhazada, auparavant un compte Twitter, a Ă©tĂ© dĂ©sactivĂ©, apparemment pour Ă©viter qu’il ne soit utilisĂ© Ă mauvais escient par les agences de sĂ©curitĂ©. Dans le mĂŞme temps, son nom est apparu pendant des heures sur la liste des tendances (les sujets populaires) du rĂ©seau social en langue persane, lorsque les utilisateurs soulignaient son influence et son interprĂ©tation.
Shanbehzadeh avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© emprisonnĂ© en 2019 pour « insulte aux martyrs et au chef de la RĂ©publique islamique », mais cette fois son arrestation a donnĂ© lieu Ă des accusations de la part des mĂ©dias liĂ©s aux Gardiens de la rĂ©volution, certains affirmant mĂŞme qu’il Ă©tait un « fugitif du Mossad ». agent » ayant des liens avec les services de renseignement israĂ©liens et un historique d’insultes Ă des personnalitĂ©s religieuses. Une autre affirmation avancĂ©e par l’accusation Ă©tait que Shanbhazada Ă©tait en contact avec des officiers supĂ©rieurs du Mossad et avait Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© alors qu’il tentait de fuir le pays.
En rĂ©ponse Ă ces allĂ©gations, la famille de Shanbhazada a rejetĂ© ces allĂ©gations, les qualifiant d’« injustifiĂ©es », soulignant qu’il avait toujours utilisĂ© sa vĂ©ritable identitĂ© sur les rĂ©seaux sociaux. Ils ont Ă©galement notĂ© que les accusations avaient Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es seulement 24 heures après son arrestation, sans qu’il ait eu accès Ă un avocat.
L’arrestation a suscitĂ© l’indignation des internautes sur les rĂ©seaux sociaux, dont beaucoup l’associent directement Ă la rĂ©ponse virale publiĂ©e par Shenbazadeh sous le tweet de Khamenei. Le joueur d’Ă©checs de renommĂ©e mondiale Garry Kasparov a mĂŞme rĂ©pondu Ă la nouvelle avec un point dans son compte X.




