Au cours de la semaine où il est à la Maison Blanche, le président américain Joe Biden s’est entretenu avec un certain nombre de dirigeants : Trudeau du Canada, Lopez-Oberdor du Mexique, Johnson du Royaume-Uni, Merkel de l’Allemagne, Macron de la France et Poutine de la Russie. «Le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a reçu aucun appel de Biden. Par comparaison, en 2017, l’ancien président américain Donald Trump a appelé le Premier ministre pour la première fois trois jours après son entrée à la Maison Blanche.

Certains affirment que la Maison Blanche laisse Netanyahu transpirer. Les déclarations israéliennes contre le retour à l’accord nucléaire, dont la plus récente, selon le chef d’état-major Aviv Kochavi, ont choqué un bon nombre de personnes à Washington – et elles ne contribuent pas à l’atmosphère de confiance.

Les diplomates, pour leur part, affirment que Biden suit simplement la tradition de politique étrangère américaine traditionnelle selon laquelle le premier appel téléphonique du président parvient au dirigeant canadien, suivi du Mexique, de la Grande-Bretagne, etc… Une conversation avec Netanyahu suivra.

La personne qui a effectivement reçu un appel téléphonique d’un haut responsable de l’administration Biden était le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi, qui a eu son premier appel téléphonique avec son homologue, le nouveau secrétaire d’État américain, Anthony Blinken. Ashkenazi l’a félicité pour sa prise de fonction sous l’administration Biden. Les deux ont discuté des questions stratégiques régionales, de l’expansion continue du cercle de paix, de la menace iranienne et d’autres questions.

Les États-Unis sont le grand ami et partenaire stratégique d’Israël dans le processus de paix, la stabilité de la sécurité régionale et les aspects économiques. «Les accords de paix dirigés par les États-Unis ont créé une large coalition pour la paix au Moyen-Orient et nous devons tous continuer à travailler pour élargir le cercle et éliminer toute menace qui pourrait saper la stabilité de la sécurité dans la région.

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Les deux ont convenu de continuer à parler et se sont arrangés pour se rencontrer dès que possible en raison des limitations suite au virus Corona. Il y a cinq jours, le conseiller à la sécurité nationale Meir Ben-Shabbat s’est entretenu avec son homologue américain, Jack Sullivan.

À Jérusalem, ils ont été surpris hier soir par la décision de geler l’accord F-35 avec les Émirats arabes unis, rédigé ces derniers mois par l’administration Trump, et révélé pour la première fois par Nahum Barnea à Yedioth Ahronoth. Après tout, cet accord, malgré les dénégations de Netanyahu, était à la base des accords d’Avraham. Cela fait partie d’une suspension temporaire de nombreuses décisions de Trump. C’est aussi une démonstration musclée de l’administration Biden vis-à-vis des Emirats Arabes Unis avec qui les démocrates ont un long récit lié au Yémen, à la Libye et à une très grande proximité du régent Muhammad bin Zayed avec Trump et les Saoudiens. Ce n’est un secret pour personne que les démocrates n’aimaient pas la relation étroite de Netanyahu avec Trump et les républicains.

En Israël, ils ont pris soin de ne pas réagir à l’impasse au motif qu’il s’agissait d’une affaire interne américaine. Des sources politiques ont déclaré qu’il s’agissait d’une procédure procédurale d’approbation des transactions et donc d’abord de geler, d’examiner puis de réaffirmer (ou non). Mais ce gel pourrait avoir des implications pour la poursuite du processus de normalisation d’Israël avec les pays arabes.

La nouvelle administration envoie le message qu’elle soutiendra la poursuite de la normalisation mais qu’elle ne sera pas disposée à payer en monnaie américaine en retour, comme des accords d’armes exceptionnels (EAU), le retrait de la liste des pays pro-terrorisme (Soudan) et la reconnais-sance de territoires controversés. (Maroc).

Le Maroc doit être très préoccupé par la possibilité que Biden se retire de la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Si cela arrive, nous pouvons oublier le «financement» que Netanyahu prépare pour le roi du Maroc. Le Premier ministre souhaite que le roi se rende en Israël dans les semaines à venir – comme l’un des temps forts de la campagne électorale.

Une source politique à Jérusalem hier soir a tenté de rassurer et a déclaré qu’il serait très difficile pour l’administration Biden d’annuler des éléments des accords abrahamiques car il existe un consensus international, en particulier de la part des pays arabes, sur le fait qu’il s’agit de mesures importantes pour le Moyen-Orient. « Il est difficile de croire que l’administration Biden ira à l’encontre. Peut-être qu’au début, ils essaient de se muscler pour montrer qu’il y a un nouveau patron et que tout n’est pas évident mais en pratique, ils ne reculeront pas. »

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