Des coups de feu ont été entendus ce matin dans la région de Ras al-Ain, dans le nord-est de la Syrie, juste un jour après l’accord de la Turquie sur le cessez-le-feu, sous l’égide des États-Unis.
Après avoir rencontré le président turc Recep Tayyip Erdogan, le vice-président américain Mike Pence a annoncé que la Turquie avait accepté de mettre fin aux hostilités en Syrie pendant 120 heures afin de donner aux Kurdes la possibilité de retirer leurs troupes de la frontière.
L’opĂ©ration militaire turque en Syrie sera complètement interrompue après le retrait des troupes. Selon Pence, les États-Unis « faciliteront le retrait des troupes kurdes de la zone frontalière sĂ»re ». Le vice-prĂ©sident amĂ©ricain a soulignĂ© lors d’une confĂ©rence de presse que les États-Unis restaient impliquĂ©s dans la situation en Syrie, « mais pas par des moyens militaires ».
Le prĂ©sident des États-Unis, Donald Trump, s’est immĂ©diatement fĂ©licitĂ© des « bonnes nouvelles de la Turquie ». «Merci Erdogan! Des millions de vies seront sauvĂ©es », a-t- il Ă©crit .
Une demi-heure plus tard, Trump a ajoutĂ© qu’un tel accord «N’aurait jamais pu ĂŞtre conclu il y a trois jours», c’est-Ă -dire avant l’annonce des sanctions contre la Turquie.
«C’est un grand jour pour la civilisation! Je suis fier que les États-Unis, sous ma direction, aient empruntĂ© le droit chemin, mĂŞme s’il est quelque peu non conventionnel. Les gens tentent de conclure cet accord depuis de nombreuses annĂ©es. Des millions de vies seront sauvĂ©es. FĂ©licitations Ă tous!
Le prĂ©sident amĂ©ricain a qualifiĂ© Erdogan de « dirigeant sage » et d ‘ »homme dur » qui « a fait la bonne chose ».
Lors d’une confĂ©rence de presse, le vice-prĂ©sident Pence a assurĂ© que la Turquie n’avait reçu aucune « concession » des États-Unis en Ă©change d’un cessez-le-feu, Ă l’exception de la levĂ©e des sanctions Ă©conomiques. Il a soulignĂ© que l’accord avec la Turquie Ă©tait le mĂ©rite de l’administration Trump et avait Ă©tĂ© conclu grâce à « d’excellentes relations entre le prĂ©sident Trump et le prĂ©sident Erdogan ».
Le ministère turc des Affaires Ă©trangères a publiĂ© le texte intĂ©gral de l’ accord avec les États-Unis de 13 points. Le ministre des Affaires Ă©trangères, Mevlut Cavusoglu, a dĂ©clarĂ© qu’il ne s’agissait pas d’un accord de cessez-le-feu et que la Turquie ne mettrait fin Ă l’opĂ©ration militaire en Syrie qu’après avoir rempli les conditions fixĂ©es par celui-ci.
Selon les quatre premiers paragraphes de l’accord, les États-Unis et la Turquie restent des alliĂ©s de l’OTAN. Les États-Unis « reconnaissent l’inquiĂ©tude lĂ©gitime de la Turquie concernant la sĂ©curitĂ© de sa frontière sud », « reconnaissent la nĂ©cessitĂ© d’une coordination Ă©troite fondĂ©e sur des intĂ©rĂŞts communs » dans le nord-est de la Syrie et restent attachĂ©s au principe la dĂ©fense collective de la « population de l’OTAN » sur la base du principe « un pour tous, tous pour un » et est fidèle Ă l’engagement de « protĂ©ger la vie humaine et les droits fondamentaux des communautĂ©s ethniques ».
Dans les paragraphes suivants, la Turquie et les États-Unis affirment leur dĂ©termination Ă poursuivre la lutte contre l’Etat islamique et « conviennent que les opĂ©rations antiterroristes ne devraient viser que des terroristes. » Les États-Unis « reconnaissent l’importance et l’utilitĂ© de la zone de sĂ©curitĂ© (occupation turque des rĂ©gions du nord-est de la Syrie) », ainsi que le dĂ©sarmement et le dĂ©mantèlement des unitĂ©s armĂ©es kurdes du Groupe de la paix.
Seul le paragraphe 11 de l’accord indique que la Turquie est prĂŞte à «suspendre l’opĂ©ration militaire pour la paix» afin de «permettre aux forces des YPG de quitter la zone de sĂ©curitĂ© dans les 120 heures». Pour cela, les Etats-Unis ont promis « avec le dĂ©but d’une pause dans l’opĂ©ration militaire de ne pas imposer de sanctions Ă la Turquie sur la base d’un dĂ©cret prĂ©sidentiel du 14 octobre ».
Les dirigeants dĂ©mocrates du Congrès, Nancy Pelosi et Chuck Schumer, ont qualifiĂ© l’accord de cession honteuse de Trump Ă Erdogan, ce qui porte atteinte Ă la crĂ©dibilitĂ© de la politique Ă©trangère des États-Unis auprès de tous les alliĂ©s et opposants des États-Unis.
Mais aujourd’hui, le bruit des bombardements et des Ă©changes de tirs se fait entendre dans la ville de Ras al-Ain, dans le nord de la Syrie. C’est un jour juste après l’accord de cessez-le-feu signĂ© par la Turquie et les États-Unis, aux termes duquel Ankara s’est engagĂ© Ă suspendre les opĂ©rations en Syrie afin de permettre aux forces kurdes de se retirer de la zone frontalière.





