Il ne fait aucun doute que le premier et principal responsable de l’échec du concept qui a rendu possible le massacre de Simchat Torah est le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Depuis 2009, Netanyahu promeut vigoureusement le concept de « coexistence » avec le rĂ©gime du Hamas dans la bande de Gaza. Pour Netanyahu, il ne s’agissait pas seulement d’une conception mais aussi d’une idĂ©ologie organisĂ©e : il voulait Ă tout prix affaiblir l’AutoritĂ© palestinienne afin de conduire l’annexion progressive de la JudĂ©e et de la Samarie, donc le Hamas Ă©tait Ă ses yeux un atout, abandonnant Ă leur propre sĂ©curitĂ© un quart de million d’habitants de l’État d’IsraĂ«l (le sud).
Au cours de l’OpĂ©ration Plomb Durci, Barak a fait de son mieux pour empĂŞcher l’effondrement du pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza. Lorsque j’ai exigĂ© que le cabinet dĂ©termine que le renversement du Hamas Ă©tait l’objectif de l’opĂ©ration, Barak l’a empĂŞchĂ© – et ainsi une occasion en or a Ă©tĂ© perdue d’Ă©liminer l’organisation terroriste, dont l’emprise sur la bande de Gaza Ă©tait alors infiniment plus faible qu’aujourd’hui.
Lorsque nous avons eu la possibilitĂ© d’éliminer l’ensemble des dirigeants du Hamas qui se cachaient sous l’hĂ´pital Shifa, Barak a contrecarrĂ© cette dĂ©cision. Lors du conseil des ministres, j’ai demandĂ© que l’on donne l’ordre d’attaquer Ă Tsahal, mais Barak a pesĂ© de tout son poids contre cette dĂ©cision, sauvant ainsi de la mort les dirigeants du Hamas.
Je ne dĂ©taillerai pas dans cet article toutes les manipulations que Barak a subies lors de cette opĂ©ration et tous les mensonges qu’il a profĂ©rĂ© pour maintenir le Hamas au pouvoir. Et je me limiterai Ă citer ce qu’Olmert a dit Ă propos des actions du ministre de la DĂ©fense d’une manière implacable, Ă savoir que Barak « a fait tout ce qu’il pouvait pour protĂ©ger le Hamas et empĂŞcher son renversement dans la bande de Gaza, tout en agissant de manière subversive contre le gouvernement et contre son chef. »
MĂŞme en tant que ministre de la DĂ©fense du gouvernement Netanyahu, Barak a continuĂ© Ă promouvoir vigoureusement le concept de « coexistence » avec le Hamas, avec le soutien enthousiaste de Bibi. Barak, qui a Ă©tĂ© ministre de la DĂ©fense dominant dans deux gouvernements, a non seulement a créé le concept, mais pendant ses six annĂ©es au ministère de la DĂ©fense, il l’a contrĂ´lĂ© dans le système politique et sĂ©curitaire.
Ya’alon – fidèle au concept
Moshe Yaalon, le successeur de Barak au ministère de la DĂ©fense, a adoptĂ© le concept de « coexistence » et l’a fidèlement mis en Ĺ“uvre au cours de ses trois annĂ©es en tant que ministre de la DĂ©fense. Yaalon a dirigĂ© Tzuk Eitan – l’opĂ©ration la plus ratĂ©e de l’histoire de l’État d’IsraĂ«l (et la plus longue campagne militaire depuis la guerre d’indĂ©pendance, mais sans aucun rĂ©sultat dĂ©cisif). ImmĂ©diatement après le dĂ©but de l’opĂ©ration, Yaalon a plaidĂ© pour un cessez-le-feu avec le Hamas (et a Ă©tĂ© refusĂ©). Après Tzuk Eitan, Yaalon a dĂ©clarĂ© que le Hamas voulait nous impliquer dans une tentative terrestre de renversement de son gouvernement et s’est vantĂ© que grâce Ă lui une telle opĂ©ration avait Ă©tĂ© empĂŞchĂ©e.
Ya’alon a insistĂ© sur le fait que l’opĂ©ration terrestre contre les tunnels Ă©tait suffisante – mĂŞme s’il a insistĂ© pour un cessez-le-feu avant mĂŞme que Tsahal n’ait achevĂ© leur Ă©limination – et a expliquĂ© qu’il existe un Ă©quilibre de dissuasion entre IsraĂ«l et le Hamas. Grâce Ă la « balance de dissuasion » d’Alon, des milliards ont Ă©tĂ© versĂ©s au Hamas, et l’organisation terroriste a pu construire son armĂ©e, entre autres grâce aux matières premières que le gouvernement israĂ©lien a autorisĂ©es Ă introduire dans la bande de Gaza. après Netanyahu et Barak, Yaalon Ă©tait le partisan le plus enthousiaste du concept de « coexistence » avec le rĂ©gime du Hamas.
Ils n’ont ni appris ni oubliĂ©
Ce qui est vraiment Ă©tonnant chez Barak et Yaalon, ce n’est pas qu’ils Ă©chappent Ă leur responsabilitĂ© dans le concept de « coexistence », mais le fait qu’ils continuent Ă le soutenir mĂŞme après qu’il ait conduit au terrible massacre (et cela en plus de 15 ans de tirs de roquettes sur IsraĂ«l). MĂŞme aujourd’hui, Barak s’oppose Ă l’Ă©limination du Hamas dans la bande de Gaza et appelle Ă concentrer l’opĂ©ration militaire sur l’Ă©limination des « capacitĂ©s militaires » du Hamas dans la bande de Gaza. Alors que Yaalon s’est vantĂ©, mĂŞme cette semaine, d’avoir menĂ© un concept qui s’oppose au renversement du pouvoir du Hamas et qui est basĂ© sur le raisonnement suivant : « ils provoqueront, et Ă la fin de la provocation nous achèterons quelques annĂ©es de silence ». «Â
Comme la dynastie des Bourbons après la RĂ©volution française, Barak et Yaalon n’ont rien appris ni rien oubliĂ©. Au lieu d’admettre leur responsabilitĂ© dans le concept qui a conduit au massacre sanglant qui a suivi des annĂ©es de tirs de roquettes sur les habitants d’IsraĂ«l, les deux hommes sont fiers du concept ratĂ© qu’ils ont dĂ©fendu et appellent Ă sa poursuite. Si des centaines de civils massacrĂ©s et kidnappĂ©s ne font pas comprendre Ă Barak et Yaalon qu’ils ont commis une grave erreur et qu’ils doivent renverser le rĂ©gime du Hamas dans la bande de Gaza, ils ne le comprendront probablement jamais.
Par consĂ©quent, ces choses sont Ă©crites non pas pour rĂ©gler leurs comptes avec les deux, mais avec l’espoir que les dirigeants de la coalition et de l’opposition comprendront qu’il est absolument interdit de continuer Ă adopter le concept de « coexistence » de Netanyahu, Barak et Yalon et qu’ils doivent complètement effondrer le pouvoir du Hamas. Parce que cette organisation meurtrière n’abandonnera jamais sa volontĂ© de massacrer les citoyens d’IsraĂ«l, en laissant cette souverainetĂ© dans la bande de Gaza qui entraĂ®nera de plus en plus de massacres dans le futur.
Haïm Ramon, Vice-Premier ministre israélien en 2009.





