Cérémonie du 11/9 : « se concentrer sur le commémoratif, pas la politique »

« Nous avons appris que le pouvoir ne résout pas tout »

Au cours des dernières années en tant que maire et président du 11 septembre au Memorial & Museum national, Michael Bloomberg a parfois oublié les familles des victimes, les chefs religieux et autres élus au cours de cet événement riche en symboles et en émotions.

Cette annĂ©e, l’administration a dĂ©cidĂ© de maintenir la commĂ©moration centrĂ©e sur les victimes des attaques et leurs familles s’exemptant de politique et de fabrication d’images. Dans cet esprit, aucun homme politique, y compris le maire, n’ont Ă©tĂ© autorisĂ©s Ă  prendre la parole.

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Les organisateurs du « Memorial » veulent se concentrer sur les proches de victimes, de mĂŞme que la prochaine ouverture d’un musĂ©e qui va rappeler en dĂ©tail cette journĂ©e du 11/9.

«Comme les choses Ă©volueront dans l’avenir, l’accent sera surtout mis sur le souvenir », affirme le prĂ©sident du « MĂ©morial », Joe Daniels.

Lors de la cérémonie de ce mercredi sur le Memorial Plaza, les parents vont à nouveau décliner les noms de près de 3000 personnes qui sont mortes lorsque les avions détournés se sont écrasés sur le World Trade Center et le Pentagone, près de Shanksville, en Pennsylvanie.

Au Flight 93 National Memorial Ă  Shanksville, la cĂ©rĂ©monie comprendra des cloches et le dĂ©pĂ´t de gerbes, les responsables se sont rĂ©unis mardi pour marquer le dĂ©but de la construction d’un centre d’accueil. Le Pentagone prĂ©voit une cĂ©rĂ©monie mercredi matin pour les proches et les survivants des attaques des victimes, avec dĂ©pĂ´t de gerbes et l’allocution du secrĂ©taire Ă  la DĂ©fense Chuck Hagel, et d’autres fonctionnaires, avec une journĂ©e souvenir aussi pour les salariĂ©s du Pentagone.

Marquer l’anniversaire de la pire attaque terroriste de l’histoire amĂ©ricaine Ă©tait une tâche dĂ©licate pour Bloomberg et d’autres dirigeants. Les fonctionnaires avaient prĂ©vu un service commĂ©moratif pour des milliers de familles provenant de 90 pays, tout en adoptant un ton pour connaĂ®tre comment le public pourrait commĂ©morer le 11/9.

« Tel Ă©tait le dĂ©fi dont nous avons Ă©tĂ© confrontĂ©s, et ce fut Ă©norme », se souvient, Jonathan Greenspun, qui faisait alors partie de l’unitĂ© des affaires communautaires de Bloomberg, et qui est maintenant consultant politique. « Il y avait une reconnaissance par le maire, la cĂ©rĂ©monie devait transcender les services commĂ©moratifs typiques et des politiques qui sont parfois associĂ©s avec eux. »

Les fonctionnaires ont prĂ©sentĂ© des suggestions au sujet de 4500 personnes participant Ă  un dĂ©filĂ© en l’honneur des pompiers de Broadway  et une minute de silence dans tout Manhattan – avant la lecture des noms Ă  Ground Zero.

Le rĂ´le de Bloomberg n’a pas toujours Ă©tĂ© facile, surtout pour un maire dont la personnalitĂ© pragmatique et critique du « MĂ©morial » a choquĂ© les parents de certaines victimes

La pĂ©riode qui a prĂ©cĂ©dĂ© le 10e anniversaire a exercĂ© une pression Ă  inviter des personnalitĂ©s politiques et d’inclure le clergĂ© dans la cĂ©rĂ©monie. Et quand Bloomberg a Ă©voquĂ© l’idĂ©e de mettre fin Ă  la lecture de la prochaine annĂ©e, certains des parents ont Ă©tĂ© atterrĂ©s.

« S’il y a quelque chose que les guerres en Irak et en Afghanistan nous ont appris, c’est les limites de la force militaire pour rĂ©soudre les conflits », a dit le reprĂ©sentant Ă  Washington, le dĂ©mocrate Adam Smith.«Ce n’est pas que nous ne nous en soucions pas, ce n’est pas que nous ne voulons pas aider. Nous venons de comprendre qu’une intervention pour tenter de faire cesser la violence est quelque chose d’extraordinairement difficile. »

C’est une politique que l’on veut mettre en exergue cette annĂ©e, car la situation semble contradictoire depuis la volontĂ© d’Obama de vaincre Assad et de soutenir involontairement les rebelles liĂ©s Ă  Al Qaida, responsable de l’attentat du 11 septembre.

«Nous avons le droit de demander au président Obama, comment, il va justifier ce soutien pour ceux qui ont fait sauter les tours jumelles » en parlant des rebelles, affiliés à Al Qaida) , selon le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Muallem.