L’utilisation de la phrase « On nous a volé le pays » dans la chanson d’Aviv Geffen reflète bien l’état d’esprit de la gauche. Il y a ce sentiment que le pays leur appartient et que la droite l’a pris. Et les élections démocratiques ? Pour eux, elles ne comptent pas.
Comme prévu, la cérémonie des familles en commémoration du 7 octobre a suscité de nombreuses controverses, notamment en raison de la présence de nombreux symboles politiques. Cela n’était pas une grande surprise, car la gauche, fidèle à elle-même, a une fois de plus tourné l’histoire pour faire porter la faute à la droite.
Il est important de noter que cette cérémonie des familles était émouvante, avec des éléments qui ont éveillé en chacun de nous des sentiments de douleur, de perte et de nostalgie pour des personnes que nous ne connaissions même pas. De plus, les familles endeuillées, les proches des otages et tous ceux qui ont été touchés par le massacre du 7 octobre ont bien entendu le droit d’organiser la cérémonie de leur choix.
On m’a demandé si je ne comprenais pas la douleur des familles et ce que j’aurais fait si, Dieu nous en préserve, un de mes proches était prisonnier. J’ai répondu que j’aurais probablement voulu brûler la Knesset ou mener un acte anarchiste, ou n’importe quoi qui pourrait accélérer le retour des otages.
Mais cet article ne porte pas sur les protestations, justifiĂ©es ou non, des familles, mais plutĂ´t sur l’arrogance et l’audace des organisateurs. Depuis des annĂ©es, la gauche considère la droite comme un troupeau ignorant, facile Ă manipuler. Dans les semaines qui ont prĂ©cĂ©dĂ© la cĂ©rĂ©monie, les messages envoyĂ©s affirmaient qu’il s’agirait d’une cĂ©rĂ©monie nationale, Ă©mouvante, sans aucune orientation politique.
Ce n’Ă©tait pas le cas.
Le chanteur Aviv Geffen a profitĂ© de la scène pour prĂ©senter une nouvelle chanson contenant la phrase : « On nous a volĂ© le pays ». Et je pense qu’il n’y a pas de meilleure phrase pour illustrer le mĂ©pris de certaines parties de la gauche et leur attitude Ă l’Ă©gard de cette question.
Non, personne ne t’a volé le pays — parce qu’il n’est pas à toi.
Nous pouvons dĂ©battre de la question de savoir si le gouvernement doit dĂ©missionner et obtenir Ă nouveau la confiance du peuple (selon moi, oui, mais après la guerre). Toutefois, il ne faut pas oublier que l’actuel gouvernement a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un plein soutien, remportant 64 sièges, bien plus qu’une simple majoritĂ©. Mais pour la gauche, cela ne semble jamais suffisant.
Depuis toujours, elle a du mal à accepter la volonté de la majorité, à appliquer et à respecter les principes démocratiques. Et maintenant, noir sur blanc, elle appelle cela un vol du pays. Un vol de qui ? Tout a été fait dans le cadre d’un processus démocratique légitime, qui peut ne pas vous plaire, mais qui n’est certainement pas un « vol ».
Un autre point qui m’a dĂ©rangĂ©, et probablement bien d’autres, est le discours autour de la culpabilitĂ©. Il est Ă©vident pour tout le monde que tous les responsables doivent quitter leurs fonctions, y compris les commandants, les hauts gradĂ©s de Tsahal et les politiciens qui ont Ă©chouĂ© dans cette tragĂ©die. Mais il semble que nous avons un peu oubliĂ© qui est le vĂ©ritable coupable.
Les monstres terroristes qui ont envahi nos foyers le 7 octobre, qui ont massacré, violé, brûlé et détruit tout ce qui se trouvait sur leur chemin, sont des terroristes du Hamas, personne d’autre. Point final.
Le discours toxique qui envahit les rues depuis le 7 octobre se concentre sur la culpabilité du gouvernement, au point qu’on en oublie qui est le véritable ennemi. Et là encore, qui est responsable de ce discours ? Les organisateurs des manifestations violentes, qui ont commencé il y a des années, ont continué avec la réforme judiciaire, et ont maintenant accroché des pancartes pour « le retour des otages ».
Alors non, Aviv, personne ne t’a volĂ© le pays, parce qu’il ne t’appartient pas. Il appartient Ă tout le monde et respecte avant tout la volontĂ© de la majoritĂ© lors d’élections dĂ©mocratiques.
Hani Adri (Srugim)





