Commandant de l’unitĂ© du gĂ©nie des missions spĂ©ciales : « Le Hamas n’arrĂŞtera pas de creuser »

Il s’agit d’une intervention inhabituelle par un officier supĂ©rieur de Tsahal Ă  une sĂ©rie d’activitĂ©s terrestres audacieuses et transfrontalières, dont la plupart ne sont pas entendues dans les mĂ©dias, mĂŞme pas dans les publications Ă©trangères.

« Les actions publiĂ©es dans ce cadre ne sont gĂ©nĂ©ralement que des actions de l’armĂ©e de l’air israĂ©lienne, et mĂŞme alors, pour la plupart, IsraĂ«l n’en assume pas la responsabilitĂ© officielle. Nous menons des entraĂ®nements avec d’autres partenaires et avec d’autres armĂ©es », admet M.. Les combattants s’entraĂ®nent avec des unitĂ©s supplĂ©mentaires, exĂ©cutant une procĂ©dure de combat pendant des mois. « 

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Ce n’est un secret pour personne que l’État d’IsraĂ«l envoie les meilleures unitĂ©s Ă  diverses activitĂ©s au-delĂ  des lignes de l’ennemi dans le cadre de la campagne secrète. La preuve de cela peut ĂŞtre trouvĂ©e dans une opĂ©ration qui s’est empĂŞtrĂ©e Ă  Khan Yunis Ă  la fin de 2018, lorsqu’une force spĂ©ciale israĂ©lienne a Ă©tĂ© dĂ©noncĂ©e sur le site, qui Ă©tait engagĂ© dans une opĂ©ration secrète au cĹ“ur de Gaza. Les Ă©chelons supĂ©rieurs de l’armĂ©e soulignent Ă  plusieurs reprises que malgrĂ© le dysfonctionnement, le rĂ©giment MM (opĂ©rations spĂ©ciales) a de nouveau effectuĂ© des opĂ©rations secrètes. « 

Les combattants de Yahalom sont considĂ©rĂ©s comme des experts du contenu dans une variĂ©tĂ© de domaines considĂ©rĂ©s comme critiques dans ces opĂ©rations complexes transfrontalières. L’unitĂ© compte actuellement un total d’environ 1 000 soldats et commandants, dont seulement 240 combattants d’Ă©lite, soigneusement sĂ©lectionnĂ©s et suivant un cours de formation de 30 mois.

Les combattants qui rejoignent d’autres opĂ©rations unitaires ou d’autres corps, sont sĂ©lectionnĂ©s un par un, et commandent en petit nombre pour chaque opĂ©ration concernĂ©e, rejoignent l’unitĂ© opĂ©rationnelle, s’entraĂ®nent avec elle et exĂ©cutent les procĂ©dures de combat. Il s’agit principalement de patrouilleurs Yael, spĂ©cialisĂ©s entre autres dans le nettoyage des bâtiments, les patrouilles et le franchissement d’obstacles d’eau, mais aussi ceux dans la neutralisation des bombes (SF) spĂ©cialisĂ©s dans la localisation d’explosifs.

Ces opĂ©rations secrètes restent sous le radar, mais le nom de Yahalom est assez souvent Ă©voquĂ© dans les mĂ©dias, notamment dans le domaine du tunnel, car elle est la seule Ă  y travailler rĂ©gulièrement et Ă  s’y spĂ©cialiser. L’unitĂ© est Ă©galement considĂ©rĂ©e comme une experte en matière d’armes biologiques et chimiques dans les zones touchĂ©es.

L’unitĂ© de Yahalom attend de recevoir le signal du chef de l’Ă©valuation opĂ©rationnelle en ce qui concerne l’organisation et une rĂ©ponse opĂ©rationnelle mĂŞme sous terre (tunnel). La coopĂ©ration rĂ©ussie entre les unitĂ©s qui ont effectuĂ© de nombreuses opĂ©rations et de nombreuses rĂ©alisations opĂ©rationnelles qui ont conduit Ă  une efficacitĂ© opĂ©rationnelle dans la dimension souterraine (tunnels).

« Le mur a donné une indication »
Le colonel M. (41 ans) sert dans l’armĂ©e israĂ©lienne depuis plus de 20 ans, mais bien qu’il ait participĂ© Ă  d’importants processus et ait mĂŞme Ă©tĂ© parmi les rĂ©cipiendaires du Prix de la sĂ©curitĂ© d’IsraĂ«l, il a rarement Ă©tĂ© interrogĂ©. Il a commencĂ© son service militaire dans le grand corps du gĂ©nie, les bataillons et le commandement de Yahel M, depuis plus d’un an, a dĂ©butĂ© son premier emploi dans l’unitĂ© spĂ©ciale.

Dans le cadre de son rĂ´le de commandant de l’ingĂ©nierie du commandement sud, il a enregistrĂ© de nombreux succès opĂ©rationnels dans la mise Ă  nu des tunnels du Hamas, et a Ă©tĂ© l’un des architectes de la barrière souterraine qui aide Ă  localiser les tunnels de la bande de Gaza Ă  IsraĂ«l.

Le mois dernier, le lieutenant-colonel M. et ses combattants ont sautĂ© Ă  la frontière de la bande de Gaza après que la barrière souterraine ait donnĂ© une indication claire de l’excavation d’un tunnel en territoire israĂ©lien depuis la rĂ©gion de Khan Yunis. MĂŞme la connaissance intime du colonel M. avec le monde souterrain et le creusement de tunnels par le Hamas ne l’ont pas prĂ©parĂ© au nouveau tunnel, qui a Ă©tĂ© creusĂ© Ă  quelques dizaines de mètres sous terre, presque deux fois plus que n’importe quel tunnel prĂ©cĂ©dent.

«Le mur (souterrain; LS) atteint diffĂ©rentes profondeurs. Il possède des capteurs sur toute sa longueur. Le dimanche matin, on a compris qu’il s’agissait vraiment d’un tunnel. Nous le savions avec un haut niveau de confiance, mais seulement lorsque nous l’avons frappĂ© dans les fouilles et pris une photo, il y a eu un soupir de soulagement », a dĂ©clarĂ© le colonel M. Ă  propos des moments dramatiques.

« Nous savions qu’il y avait un tunnel. C’est la première fois que nous rencontrons un tunnel Ă  une telle profondeur, et c’est très important. La profondeur Ă©tait folle. Nous avons frappĂ© le tunnel mardi soir, et j’Ă©tais sĂ»r que le travail prendrait beaucoup plus de temps. Mais tout s’est bien passĂ© et nous avons terminĂ© très rapidement le travail », dit-il.

Élever le niveau de sophistication
Pour autant que le colonel M. le sache, il n’y a rien d’inhabituel dans le tunnel lui-mĂŞme, Ă  part sa profondeur, mais pour le moment aucun humain ou animal n’a Ă©tĂ© prĂ©sent en raison de sa profondeur, et on estime que cela se produira bientĂ´t. « Le tunnel est sĂ©curisĂ© et bloquĂ©. Nous y creusons pour crĂ©er l’accessibilitĂ©. Jusqu’Ă  prĂ©sent, nous l’avons atteint Ă  plusieurs endroits, Ă  l’ouest et Ă  l’est, mais nous saurons mieux ce qu’il contient lorsque nous descendrons. »

Selon le colonel M., la profondeur du tunnel Ă©tait inhabituelle, mais «ce n’est pas une surprise fondamentale». « Ils ont essayĂ© de nous dĂ©fier, la rĂ©flexion. Nous n’avions pas d’informations spĂ©cifiques du renseignement sur ce tunnel, mĂŞme si de temps en temps il y a des informations qui apparaissent. MĂŞme s’il y a des informations de renseignement, trouver un tunnel revient Ă  trouver une aiguille dans une botte de foin.

« Ce qui nous a permis de trouver le tunnel cette fois, c’est le mur souterrain et la technologie. En fin de compte, ce n’est pas le tunnel spĂ©cifique, mais de comprendre ce que fait l’ennemi Ă  tous les niveaux. » En tant qu’expert de la question des tunnels, et en tant que responsable du champ souterrain de Tsahal, le colonel M. pense qu’il n’y a actuellement aucun tunnel qui traverse le territoire israĂ©lien.
Pensez-vous qu’en mars, lorsque la construction de la barrière sera terminĂ©e, le Hamas arrĂŞtera d’essayer de creuser vers IsraĂ«l ?

« Ils n’arrĂŞteront pas de creuser, ils essaieront d’ĂŞtre plus sophistiquĂ©s et de voir comment cela se fait diffĂ©remment. La ligne de dĂ©fense ne sera jamais franchie. Le mur est un système. Vous devez compter sur le renseignement, sur les capacitĂ©s technologiques. Il y a beaucoup de moyens. En fin de compte, tout est possible pour dĂ©tourner « .

Le nom de l’unitĂ© apparaĂ®t de temps en temps dans les mĂ©dias Ă©galement dans le domaine du dĂ©minage. Ces dernières semaines, par exemple, les combattants de Yahalom ont Ă©galement dĂ©mantelĂ© le bombardement de Kalimagor sur la frontière israĂ©lo-syrienne dans le sud du plateau du Golan en territoire syrien.

L’unitĂ© elle-mĂŞme abrite Ă©galement l’Institut national de recherche et de dĂ©mantèlement des munitions. C’est le seul endroit en IsraĂ«l oĂą des armes Ă©trangères sont explorĂ©es, et toute cargaison ou arme saisie y arrive, subit une intervention chirurgicale et un dĂ©mantèlement. En plus de la cargaison «normale» qui est saisie le long des frontières, les armes arrivent Ă©galement Ă  l’institut de divers endroits, et sont dĂ©mantelĂ©es et analysĂ©es, mais cela ne peut pas ĂŞtre dĂ©veloppĂ© non plus.