L’Iran a commencĂ© la construction d’une nouvelle structure Ă l’installation nuclĂ©aire souterraine de Purdue, selon des images satellite publiĂ©es aujourd’hui (vendredi) par l’Associated Press. L’objectif du nouveau bâtiment n’est pas clair, mais toute expansion du site souterrain d’enrichissement d’uranium est susceptible de soulever des inquiĂ©tudes quant Ă une Ă©ventuelle rĂ©ponse de l’administration amĂ©ricaine ces derniers jours Ă la prĂ©sidence de Donald Trump.
Dans le mĂŞme temps, l’Iran rĂ©habilite Ă©galement l’installation d’enrichissement d’uranium de Natanz, qui a Ă©tĂ© endommagĂ©e en juillet de cette annĂ©e par un engin explosif. L’Occident a ensuite attribuĂ© Ă IsraĂ«l l’activitĂ© qui a endommagĂ© une structure qui contenait des centrifugeuses avancĂ©es. L’Iran n’a pas reconnu la construction actuelle du site de Purdue, qu’il a dĂ©voilĂ© Ă l’Occident en 2009 et ses activitĂ©s ont Ă©tĂ© limitĂ©es dans le cadre de l’accord nuclĂ©aire de 2015.
La construction du site de Purdue a commencĂ© Ă la fin septembre. Des images satellites prises par la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine « Maxar Technologies » montrent que la construction se dĂ©roule dans le coin nord-ouest du site, près de la ville de Qom, Ă environ 90 km au sud-ouest de TĂ©hĂ©ran. L’une des photographies du 11 dĂ©cembre montre des preuves de la construction de fondations pour un bâtiment comprenant des dizaines de colonnes d’un type qui pourrait ĂŞtre utilisĂ© pour construire des structures antisismiques.
Plus tĂ´t cette semaine, une photo satellite a Ă©tĂ© publiĂ©e sur un compte Twitter sous le nom d’Observer IL depuis le site de Purdue, oĂą les travaux de construction ont Ă©tĂ© vus. La photo a Ă©tĂ© attribuĂ©e Ă l’Institut de recherche aĂ©rospatiale de CorĂ©e du Sud. L’agence de presse AP a contactĂ© le responsable du compte, qui a demandĂ© Ă ne pas publier son nom, mais s’est identifiĂ© comme un ancien soldat de Tsahal avec une formation en ingĂ©nierie. L’Institut sud-corĂ©en a confirmĂ© qu’ils Ă©taient la source de la photo.
« Nous surveillerons de près tout changement sur le site, qui sera considéré comme un signe des objectifs possibles du programme nucléaire iranien », a déclaré Jeffrey Lewis, chercheur au James Martin Center du Middlebury Institute for International Studies en Californie.
Le site d’enrichissement d’uranium de Purdue a Ă©tĂ© fouillĂ© Ă flanc de montagne dans une base militaire de manière Ă empĂŞcher d’Ă©ventuelles frappes aĂ©riennes. Des centaines de centrifugeuses d’enrichissement d’uranium de très haute qualitĂ© adaptĂ©es Ă la production d’une bombe atomique ont Ă©tĂ© initialement installĂ©es sur le site, mais dans le cadre de l’accord nuclĂ©aire signĂ© en 2015, les opĂ©rations ont Ă©tĂ© dĂ©tournĂ©es et il est devenu un centre de recherche technologique sous contrĂ´le international. L’utilisation de centrifugeuses est destinĂ©e Ă un usage mĂ©dical, agricole, industriel et scientifique.
Le mois dernier, l’AP a signalĂ© un document secret communiquĂ© par l’AIEA aux États membres de l’organisation, selon lequel, au 2 novembre, l’Iran disposait d’un rĂ©servoir d’uranium faiblement enrichi de 2 442,9 kilogrammes. Il s’agit d’une augmentation de 2 105,4 kilogrammes signalĂ©e le 25 aoĂ»t. Sous conditions, l’accord signĂ© entre l’Iran et les États-Unis, l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, la Chine et la Russie – TĂ©hĂ©ran ne peut contenir qu’un rĂ©servoir de 202,8 kilogrammes. L’Iran continue Ă©galement d’enrichir de l’uranium jusqu’Ă une puretĂ© allant jusqu’Ă 4,5%, supĂ©rieure au niveau approuvĂ© de 3,67% dans le cadre de l’accord.





