Compte à rebours : Trump pourrait annoncer un cessez-le-feu unilatéral dans les prochains jours

L’information qui circule depuis mercredi soir dans les cercles sécuritaires israéliens a de quoi provoquer l’inquiétude à Jérusalem : selon des estimations israeliennes rapportées par Ynet, le président américain Donald Trump pourrait annoncer un cessez-le-feu dans le conflit avec l’Iran dès le week-end prochain, ou au plus tard d’ici le milieu de la semaine suivante. Ce n’est pas un scénario hypothétique lointain — c’est une possibilité réelle et imminente, qui change fondamentalement la manière dont l’armée israélienne gère les prochaines 48 à 72 heures.

Selon ces mêmes évaluations, Israël aspire à tenir jusqu’au 9 avril — une date qui permettrait de consolider les gains militaires et de frapper plusieurs cibles stratégiques supplémentaires en Iran avant tout arrêt des hostilités. Mais la compréhension qui prévaut à Tel Aviv est que Trump vise une pause d’un mois, et qu’il pourrait l’imposer de manière unilatérale sans attendre un accord entre toutes les parties. C’est la raison pour laquelle Tsahal accélère ses missions et appuie sur le champignon.

Cette information est cohérente avec ce qu’avait déclaré la porte-parole de la Maison Blanche un peu plus tôt dans la journée : « Nous sommes très proches d’atteindre les objectifs de l’opération. L’Iran veut parler, Trump est prêt à écouter. » Une formulation qui suggère que Washington considère que l’essentiel a été accompli, et qu’il n’est pas prêt à s’engager dans une guerre ouverte et prolongée simplement pour permettre à Israël d’atteindre ses propres objectifs supplémentaires — notamment la destruction totale du programme de missiles balistiques iranien ou un changement de régime à Téhéran.

La tension entre les agendas américain et israélien est ici exposée sans fard. Pour les États-Unis, l’opération « Rugissement du Lion » avait pour objectifs déclarés de dégrader les capacités militaires du régime iranien et de l’amener à négocier. Avec plus de 2 500 frappes, plus de 6 000 munitions larguées, et le bunker du commandement central iranien détruit, Trump estime visiblement que ces objectifs sont en voie d’être atteints. Israël, lui, considère que la fenêtre d’opportunité est historique et qu’il serait catastrophique de la refermer trop tôt, laissant le régime des mollahs intact et capable de se reconstituer.

Ce n’est pas la première fois que la tension se manifeste entre Jérusalem et Washington sur le rythme et la durée de la campagne. Des informations citées par CNN avaient déjà rapporté qu’Israël craignait que Trump annonce une pause d’un mois pour faciliter les négociations avec l’Iran — une pause qui, dans la logique israélienne, permettrait à Téhéran de souffler, de revendiquer une forme de résistance victorieuse, et de recomposer ses forces. Netanyahu lui-même avait déclaré que « Trump croit qu’il y a une chance de capitaliser sur les succès obtenus pour les transformer en accord » — une formulation qui dit clairement que les deux alliés ne partagent pas tout à fait la même définition du succès à ce stade.

Pour les observateurs régionaux, la possibilité d’un cessez-le-feu unilatéral américain dans les prochains jours est aussi un signal fort adressé à Téhéran : les États-Unis n’ont pas l’intention de pousser jusqu’au bout quoi qu’il arrive. Ce qui signifie que le régime iranien, aussi affaibli soit-il, n’est pas condamné à une défaite totale — et que la diplomatie reprend ses droits.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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