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Dans le dos d’Assad : l’accord secret entre l’Iran et les rebelles syriens dĂ©voilĂ©

Dans l’ombre de l’attaque des rebelles contre l’armĂ©e d’Assad, des fissures apparaissent dans le partenariat Iran-Syrie alors que les nĂ©gociations des rebelles avec TĂ©hĂ©ran dans le dos du prĂ©sident syrien, quant Ă  al-Assad , ainsi que les menaces israĂ©liennes contre les avions iraniens, pourrait modifier l’équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient. C’est ce que rĂ©vèle un article du « New York Times ». 

L’effondrement du partenariat entre l’Iran et la Syrie soulève des questions sur les changements dans l’Ă©quilibre des pouvoirs au Moyen-Orient, affirme le New York Times sur fond de derniers dĂ©veloppements dans la guerre des rebelles avec l’armĂ©e d’Assad . La Syrie, qui a servi de pilier Ă  la prĂ©sence iranienne dans la rĂ©gion, perd sa position importante sur le champ de bataille syrien et, ce faisant, l’influence de TĂ©hĂ©ran s’affaiblit Ă©galement. Alors qu’IsraĂ«l et ses alliĂ©s arabes devraient se renforcer, l’Iran, qui envoie ses forces et milices en Syrie, se retrouve dans une situation plus difficile.

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« Pour l’Iran, la Syrie Ă©tait l’Ă©pine dorsale de notre prĂ©sence rĂ©gionale », a dĂ©claré Hassan Shamshadi , un expert des groupes militants iraniens, qui a rĂ©alisĂ© pendant des annĂ©es des documentaires sur les champs de bataille syriens, dans une interview depuis TĂ©hĂ©ran au New York Times. « Tout ce que l’Iran a envoyĂ© dans la rĂ©gion passait par la Syrie. Il est dĂ©sormais très, très difficile de maintenir ces canaux ouverts. »

 

« Dans un premier temps, le gouvernement iranien a Ă©tĂ© choquĂ© par la rapiditĂ© avec laquelle les rebelles en Syrie ont pris de l’ampleur et l’armĂ©e syrienne a abandonnĂ© ses bases, selon trois responsables iraniens, dont deux sont membres des Gardiens de la rĂ©volution. » Une note interne des Gardiens de la rĂ©volution rĂ©vĂ©lĂ©e au New York Times qualifie la situation en Syrie d’« insondable ». « L’Iran a acceptĂ© la chute d’Assad et a perdu la volontĂ© de rĂ©sister, la Syrie est tout simplement en train de tomber », lit-on dans la note interne rĂ©vĂ©lĂ©e au journal.

Le journal rapporte Ă©galement qu’une vidĂ©o publiĂ©e vendredi sur les comptes de rĂ©seaux sociaux associĂ©s aux Gardiens de la RĂ©volution montrait un temple chiite près de Damas presque vide, et dans laquelle un prĂ©sentateur dĂ©clarait : « Ce sont peut-ĂŞtre les dernières images que vous verrez du temple. , tout le monde a quittĂ© la Syrie, tous les Iraniens ont Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©s. » Puis fond en larmes.

Les rebelles, pour leur part, ont envoyĂ© la semaine dernière un message diplomatique secret Ă  l’Iran, dans lequel ils promettent de protĂ©ger les sites chiites et religieux minoritaires, mais demandent Ă  ce pays de ne pas intervenir dans la guerre et de s’abstenir d’envoyer des forces supplĂ©mentaires. En rĂ©ponse, l’Iran a demandĂ© aux rebelles de protĂ©ger les sanctuaires chiites et de fournir des couloirs sĂ»rs permettant Ă  l’armĂ©e iranienne de fuir le pays.

Sohail Karimi , ancien combattant en Syrie et commentateur politique, a dĂ©clarĂ© au New York Times que la situation sur le terrain est diffĂ©rente de ce que dĂ©crivent les responsables iraniens, notamment en ce qui concerne la prĂ©sence de l’armĂ©e iranienne en Syrie. Il explique que non seulement les forces iraniennes n’opèrent pas sur le champ de bataille en Syrie, mais qu’elles n’ont pas non plus Ă©tĂ© autorisĂ©es Ă  combattre ni Ă  ĂŞtre prĂ©sentes sur le terrain ces derniers temps. En d’autres termes, il souhaite souligner que ce qui a Ă©tĂ© dit par les responsables iraniens ne correspond pas Ă  la rĂ©alitĂ© sur le terrain, oĂą les forces iraniennes ne sont pas aussi actives que par le passĂ©.

Une autre prĂ©occupation pour l’Iran Ă©tait la menace d’IsraĂ«l d’attaquer toute mobilisation des forces iraniennes en Syrie, selon les commentateurs Ă  l’intĂ©rieur et Ă  l’extĂ©rieur du pays. Les attaques israĂ©liennes ciblĂ©es, visant Ă  nuire aux forces iraniennes en Syrie, n’ont pas contournĂ© les bases militaires iraniennes, ni mĂŞme le complexe de l’ambassade iranienne Ă  Damas. « IsraĂ«l a tuĂ© au moins deux douzaines de forces iraniennes », ont indiquĂ© des sources iraniennes. Dans le mĂŞme temps, deux vols d’une compagnie aĂ©rienne privĂ©e iranienne en route vers Damas ont Ă©tĂ© dĂ©tournĂ©s la semaine dernière après des avertissements d’IsraĂ«l selon lesquels ils seraient abattus s’ils entraient dans l’espace aĂ©rien syrien, selon des responsables iraniens et israĂ©liens. IsraĂ«l a dĂ©clarĂ© que les vols transportaient des armes.

Dans le mĂŞme temps, le Hezbollah, l’un des principaux alliĂ©s de l’Iran, a Ă©galement subi de sĂ©vères coups au Liban après d’intenses combats avec IsraĂ«l. La Russie, autre alliĂ©e de la Syrie, se concentre sur sa propre guerre contre l’Ukraine. Et plus important encore, l’armĂ©e syrienne a fait preuve d’une rĂ©ticence Ă  se battre. « La situation en Syrie aujourd’hui est inimaginable », dĂ©clare Hassan Shamshadi. « L’Iran semble avoir perdu la volontĂ© de rĂ©sister et il a du mal Ă  y maintenir sa prĂ©sence. »

La crise en Syrie mine non seulement le partenariat de l’Iran avec Assad, mais menace également de modifier la répartition des forces dans l’ensemble du Moyen-Orient. Luttes d’influence, interventions extérieures et réactivité israélienne croissante : tout cela annonce une nouvelle ère au Moyen-Orient, dans laquelle l’Iran pourrait se retrouver isolé.