Dans l’article du journal « The Atlantic », intitulĂ© « La doctrine d’Obama », Jeffrey Goldberg va très loin pour exprimer la dĂ©sillusion croissante du prĂ©sident, au cours de sa prĂ©sidence, concernant la possibilitĂ© de changer la rĂ©gion pour le mieux. « Certains de ses plus profondes dĂ©ceptions concernant le Moyen-Orient, sont les dirigeants eux-mĂŞmes », a Ă©crit Goldberg. Parmi ceux-ci, « Benjamin Netanyahu est dans cette catĂ©gorie ».
Selon Goldberg, « Obama a longtemps cru que Netanyahu pourrait apporter une solution Ă deux États qui permettrait de protĂ©ger le statut d’IsraĂ«l comme une dĂ©mocratie Ă majoritĂ© juive, mais il est trop craintif et politiquement paralysĂ© pour le faire ».
Pour illustrer l’impatience d’Obama avec Netanyahu, Goldberg rapporte un incident au cours d’une rĂ©union entre Obama et Netanyahu (non datĂ©e), au cours de laquelle le Premier ministre israĂ©lien « a lancĂ© lors d’une confĂ©rence, la rĂ©alitĂ© des dangers de la rĂ©gion brutale dans laquelle il vit ».
Obama, selon  Goldberg, « a estimĂ© que Netanyahu se comportait d’une manière condescendante, et a Ă©galement Ă©vitĂ© le sujet Ă portĂ©e de main : les nĂ©gociations de paix. Enfin, le prĂ©sident interrompit le premier ministre : « Bibi, vous devez comprendre quelque chose » dit-il. « Je suis le fils d’un afro-amĂ©ricain et d’une mère cĂ©libataire, et je vis ici, dans cette maison. Je vis Ă la Maison Blanche. Je suis parvenu Ă me faire Ă©lire prĂ©sident des États-Unis. Pensez-vous que je ne comprends pas ce que vous me dites ? »
Selon Goldberg, Obama reconnaĂ®t maintenant que l’objectif de son discours du Caire en 2009, au dĂ©but de sa prĂ©sidence, dans lequel il a cherchĂ© Ă convaincre les musulmans de regarder honnĂŞtement les sources de leur malheur et cesser de blâmer IsraĂ«l pour tous leurs problèmes, fut sans succès.
Il cite Obama comme suit : « Mon argument Ă©tait le suivant : nous allons tous arrĂŞter de prĂ©tendre que la cause des problèmes du Moyen-Orient est IsraĂ«l. Nous voulons travailler pour aider Ă obtenir un État et la dignitĂ© pour les Palestiniens, mais j’espĂ©rais que mon discours pourrait dĂ©clencher une discussion, pouvant crĂ©er un espace pour les musulmans et rĂ©gler les vrais problèmes auxquels ils sont confrontĂ©s, les problèmes de gouvernance et le fait que certains courants de l’islam ne sont pas passĂ©s par une rĂ©forme qui aiderait les gens Ă adapter leurs doctrines religieuses Ă la modernité »
Obama est Ă©galement citĂ© et loue la capacitĂ© des IsraĂ©liens Ă rĂ©sister Ă un climat implacable du terrorisme. Goldberg Ă©crit sur le prĂ©sident amĂ©ricain : « Il y a plusieurs annĂ©es, il m’a exprimĂ© son admiration pour « la rĂ©silience » des IsraĂ©liens face au terrorisme constant, et il est clair qu’il aimerait voir cette rĂ©silience remplacer la panique dans la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine ».
En relation Ă l’accord nuclĂ©aire de Juillet de l’an dernier avec l’Iran, sur lequel Netanyahu et lui-mĂŞme furent en dĂ©saccord si profondĂ©ment et publiquement, Obama a dit rĂ©cemment Ă Goldberg, en Janvier, qu’il ne bluffait pas quand il a dit qu’en 2012, il voulait attaquer l’Iran pour empĂŞcher que ce pays soit dotĂ© d’une arme nuclĂ©aire.
Un sujet sur lequel Netanyahu et lui-mĂŞme qui Ă©taient en dĂ©saccord, Goldberg dĂ©clare que « Netanyahu voulait qu’Obama empĂŞche l’Iran d’ĂŞtre capable de construire une bombe nuclĂ©aire, et pas seulement d’en possĂ©der une. »
Une grande partie de l’article se rapporte Ă la dĂ©cision d’Obama de ne pas frapper la Syrie après que le prĂ©sident Bachar al-Assad eut utilisĂ© des armes chimiques contre son propre peuple en étĂ© 2013 après un volte-face historique de sa prĂ©sidence. Goldberg rĂ©vèle, cependant, que le secrĂ©taire d’État John Kerry a continuĂ© Ă insister auprès d’Obama « pour violer la souverainetĂ© de la Syrie » et « lancer des missiles sur des cibles spĂ©cifiques du rĂ©gime, par des missions de nuit, pour « envoyer un message » au rĂ©gime syrien ».
RĂ©cemment, lorsque Kerry a remis Ă Obama un aperçu des Ă©crits des nouvelles mesures pour apporter plus de pression sur Assad, Obama a dit :  » Oh, une autre proposition ! «Â
Goldberg conclut l’article en faisant valoir que Obama « a placĂ© des paris Ă©normes » dans la politique Ă©trangère, notamment dans l’affaire de l’Iran. Lorsque Goldberg lui a dit en mai dernier qu’il Ă©tait «nerveux» Ă propos de l’affaire, Obama a rĂ©pondu : « Regardez dans 20 ans, je serai encore en vie si Dieu le veut. Si l’Iran dispose d’une arme nuclĂ©aire, ce sera Ă cause de moi. Je pense qu’il est juste de dire qu’en plus de nos intĂ©rĂŞts primordiaux de sĂ©curitĂ© nationale, j’ai un intĂ©rĂŞt personnel à empĂŞcher cette arme d’ĂŞtre opĂ©rationnelle en Iran ».




