À Gaza, on a marqué aujourd’hui (lundi) le deuxième anniversaire de l’élimination du chef de la « branche militaire » de l’organisation terroriste, Mohammed Deif, un coup qui a privé le Hamas de l’un de ses esprits les plus cruels.
L’élimination de Deif a constitué un coup significatif porté au cœur même de la « direction militaire » du Hamas. Elle a affecté la continuité du commandement, le savoir opérationnel accumulé sur des dizaines d’années, la capacité à planifier des opérations complexes, ainsi que les processus de reconstruction des forces à long terme de l’organisation.
Cette élimination s’inscrit par ailleurs dans un effort large et continu visant à frapper le reste de la direction du Hamas. Dans ce cadre, une longue série d’autres hauts responsables des échelons « politique » et « militaire » de l’organisation ont été éliminés, aux côtés de frappes contre des quartiers généraux, des infrastructures de commandement et de contrôle, des réseaux de communication et des mécanismes de coordination. L’accumulation de ces coups a ébranlé la capacité de l’organisation à mener les combats de manière ordonnée, à préserver la continuité du commandement et à faire fonctionner l’ensemble de ses structures de façon coordonnée.
Au cours des deux années écoulées depuis l’élimination, le Hamas a procédé à des ajustements significatifs dans la structure de son commandement : il a nommé des remplaçants aux hauts responsables neutralisés, décentralisé les responsabilités, et s’appuie désormais bien davantage sur des commandants locaux de cellules terroristes. Parallèlement, l’organisation s’emploie à reconstituer ses capacités en recrutant et en formant de nouveaux terroristes, en reconstruisant ses structures de commandement et de contrôle, en relançant ses capacités de production et de renforcement militaire, et en tentant de rétablir sa chaîne de commandement. Toutefois, les pertes accumulées au sommet de l’organisation continuent de compliquer ces processus de reconstruction.
Pendant plus de deux décennies, Mohammed Deif a occupé le poste de commandant de la « branche militaire », surnommée les « brigades Ezzedine al-Qassam », et en a été la figure centrale dans sa mise en forme. Depuis son entrée dans l’organisation au début des années 1990, il a été impliqué dans la direction d’une longue série d’actions terroristes contre Israël, parmi lesquelles des enlèvements, des attentats-suicides et des attaques ayant coûté la vie à de nombreux Israéliens. On se souvient en particulier de l’enlèvement et de l’assassinat du soldat Nachshon Wachsman, que Deif avait planifié.
Deif était considéré comme l’un des architectes principaux de la planification et de l’exécution du massacre du 7 octobre. Il était responsable de la conception de la doctrine de combat de l’organisation, de la construction de sa force militaire et de la direction de l’activité terroriste contre Israël. Au fil des années, il a mené le développement des capacités du Hamas dans les domaines des roquettes, du creusement de tunnels, de la production militaire et de l’activation des forces.
Au-delà de son rôle opérationnel, Deif occupait un statut symbolique et identitaire fort. Ses rares apparitions publiques, les tentatives d’élimination auxquelles il avait survécu, ainsi que son statut, en ont fait l’un des symboles marquants du Hamas et un pôle d’autorité pour la direction de l’organisation et ses commandants.
Pour plus de contexte sur cette période, retrouvez notre article sur le débat entourant l’authenticité du certificat de décès de Mohammed Deif diffusé en 2014, ainsi que notre article sur l’appel aux armes lancé par Deif le 7 octobre, révélé lors du démantèlement de cellules terroristes par le Shin Bet.






