Deux jours après : deux Palestiniens arrêtés, soupçonnés d’implication dans l’incendie de Chavat Gilad

Deux Palestiniens ont été arrêtés ce lundi par des unités mista’arvim de la police des frontières opérant en Judée-Samarie, en coordination avec des soldats de Tsahal, dans le cadre de l’enquête sur l’incendie qui a frappé Chavat Gilad, dans le nord de la Samarie, samedi dernier. Les deux suspects ont été transférés pour interrogatoire à l’unité centrale du district Shaï. Leur sort dépendra des conclusions de l’enquête, y compris la possibilité de les présenter devant un juge pour une prolongation de leur détention.

L’incendie de samedi a laissé des traces profondes dans la localité. Une dizaine de bâtiments et de véhicules ont été endommagés, treize maisons ont brûlé entièrement et vingt-quatre au total ont subi des dégâts. L’ensemble de l’implantation a dû être évacué pendant de longues heures. Deux pompiers ont été légèrement blessés au cours des opérations d’extinction et ont été pris en charge médicalement.

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L’équipe d’enquête spéciale mise en place pour déterminer l’origine du feu — composée d’enquêteurs des services de lutte contre les incendies et le sauvetage, d’investigateurs du district Shaï de la police et de représentants de Tsahal — avait initialement conclu qu’un mégot de cigarette jeté sur le bord de la route était à l’origine du sinistre. Selon les informations recueillies dans le cadre de l’enquête, les deux suspects auraient circulé en voiture avant de jeter par la fenêtre un mégot encore incandescent sur la chaussée menant à Chavat Gilad, provoquant le départ de feu. Aucun autre foyer n’a été identifié dans le secteur.

Une enquête qui a évolué en quelques heures

La veille encore, un responsable sécuritaire avait indiqué qu’aucun élément ne permettait, à ce stade, de relier l’événement à un acte d’incendie volontaire. Selon lui, la configuration ne correspondait pas à un scénario d’incendie criminel, sans que cette hypothèse soit pour autant totalement écartée. Le feu, avait-il précisé, semblait provenir d’une cigarette jetée en bordure d’une route principale traversant à la fois des localités juives et des villages arabes, à une distance non négligeable de Chavat Gilad — la propagation rapide des flammes s’expliquant par des vents particulièrement violents ce jour-là. Aucun autre élément n’avait alors été trouvé pour expliquer le départ du feu.

Les arrestations opérées dans la nuit de dimanche à lundi ont changé la donne. Elles font désormais planer un soupçon d’intentionnalité sur le geste des deux suspects, ce que l’enquête en cours devra établir. La police a précisé que les deux hommes ont été transférés pour la suite de leur interrogatoire, et qu’en fonction des résultats de l’enquête, une décision serait prise à leur sujet, y compris quant à une éventuelle prolongation de leur détention devant un tribunal. Les forces de sécurité ont ajouté qu’elles continueraient d’agir avec détermination pour retrouver et traduire en justice quiconque serait impliqué dans une atteinte à la sécurité et aux biens des citoyens.

L’ampleur du sinistre avait nécessité un déploiement exceptionnel : quarante-cinq équipes de pompiers et de sauvetage venues de tout le pays, appuyées par un hélicoptère et huit avions bombardiers d’eau effectuant des largages répétés en parallèle du travail au sol. Les équipes ont opéré sur plusieurs fronts simultanément, éteignant les foyers actifs et créant des lignes de coupe-feu pour contenir la progression des flammes.

La colère de Chavat Gilad et la réaction du ministre

Le comité de la localité de Chavat Gilad a publié un communiqué de remerciement aux forces de sécurité et à la police après l’annonce des arrestations, tout en appelant à ce que la peine la plus sévère soit appliquée aux responsables. Dans son message, le comité a évoqué « la lourde catastrophe » survenue quelques jours plus tôt, au cours de laquelle des dizaines de maisons de familles sont parties en fumée, laissant de nombreux foyers sans toit. Il a exigé des autorités qu’elles mènent l’enquête à son terme, qu’elles agissent avec fermeté et qu’elles imposent les peines les plus lourdes prévues par la loi contre les responsables. Le comité a également demandé que l’événement soit traité comme un acte de terrorisme.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a de son côté salué l’action des forces de police. Il a félicité le commandant du district Shaï, le commissaire divisionnaire Moshé Pinchi, ainsi que l’ensemble des forces engagées, pour « l’activité rapide et professionnelle » ayant conduit à l’arrestation des suspects. « Celui qui incendie, porte atteinte aux habitants et cherche à semer la terreur doit savoir que les forces de sécurité le traqueront, l’atteindront et lui feront rendre des comptes », a-t-il déclaré, ajoutant que cette politique de fermeté se poursuivrait contre quiconque chercherait à nuire à la sécurité des citoyens israéliens.

Pour prolonger la lecture sur la sécurité en Judée-Samarie, notre article sur les engagements du chef d’état-major Eyal Zamir face au terrorisme et notre reportage sur l’action des unités mista’arvim sur le terrain apportent un éclairage complémentaire sur le dispositif sécuritaire dans la région.