DubaĂŻ et Marrakech, l’hĂ©breu se parle sans crainte – mais tout n’est pas si rose…

Les photos, sur lesquelles des citoyens ont Ă©tĂ© vus marchant sur le drapeau israĂ©lien, ne viennent pas d’Iran ou du Liban – elles viennent de BahreĂŻn, qui est signataire des accords d’Abraham. Les chiites y ont cĂ©lĂ©brĂ© le jour de l’Achoura et c’est ce qui est ressorti. Alors comment d’une part est-il possible de marcher sur le drapeau israĂ©lien dans les rues de Manama et d’autre part d’entretenir des relations politiques chaleureuses avec IsraĂ«l ? Et trois ans après leur signature, les accords d’Abraham sont-ils en perte de vitesse ?

Vous souvenez-vous du grand moment de la dĂ©claration initiale de paix avec les Emirats ? Ă€ l’Ă©poque, cela semblait ĂŞtre un rĂŞve illusoire qui se rĂ©alisait, et quatre mois plus tard, trois autres pays ont rejoint ce qui est encore connu sous le nom d’Accords d’Abraham : BahreĂŻn, le Soudan et le Maroc. Cette normalisation a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e principalement grâce aux efforts de l’administration Trump et Netanyahu.

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

Dans une perspective de trois ans, les relations entre les pays progressent, mĂŞme s’il y a eu un ralentissement ces derniers mois. Cela se voit dans les volumes d’Ă©changes entre IsraĂ«l et les Émirats, dans les centaines de milliers d’IsraĂ©liens qui ont dĂ©jĂ  visitĂ© DubaĂŻ, dans les cĂ©lĂ©brations de la fĂŞte de l’indĂ©pendance Ă  Abu Dhabi et Ă  Manama, et dans la coopĂ©ration militaire entre les pays.

OĂą sont les squelettes dans le placard ?

L’enthousiasme initial de ces pays pour les relations avec IsraĂ«l a quelque peu diminuĂ©. Vous pouvez le voir dans le manque de publicitĂ© des relations, notamment dans le secteur de BahreĂŻn et des Emirats, surtout par rapport au dĂ©but. Au Maroc, il est vrai qu’il y a eu des visites et la reconnaissance du Sahara Occidental comme territoire marocain afin de promouvoir les relations, mais le Forum du NĂ©guev des pays des accords abrahamiques qui devait s’y tenir a Ă©tĂ© reportĂ© pour la Ă©nième fois. La raison ? La question palestinienne.

Malheureusement, il y a eu des problèmes avec l’ordre du jour et la date et en plus il y a un conflit d’ordres du jour qui ne permet pas au rassemblement d’apporter les rĂ©sultats nĂ©cessaires et attendus de la rĂ©union. Le forum se rĂ©unira lorsque le contexte sera propice Ă  sa convocation et aux rĂ©alisations attendues de celui-ci. Tout rĂ©cemment, le ministre des Affaires Ă©trangères Eli Cohen devait se rendre Ă  BahreĂŻn, mais Ben Gabir est montĂ© sur le mont du Temple et les BahreĂŻnis se sont souvenus que le roi avait un emploi du temps chargĂ© et reportons-le Ă  septembre. Cela nous montre que ceux qui pensaient qu’Abraham Les accords ne seraient pas affectĂ©s par l’arène palestinienne allaient un peu trop loin.

Les pays signataires des accords d’Abraham veulent montrer qu’Ă  travers les liens avec IsraĂ«l, il est possible d’aider les Palestiniens, car finalement tout le monde ne soutient pas la normalisation avec IsraĂ«l et l’opinion publique est toujours un sujet sensible.

Et il y a une autre chose qui rend les relations difficiles : la crise politique en IsraĂ«l et le fait qu’il est difficile de promouvoir des projets et des collaborations quand les gouvernements changent tout le temps. Au niveau rĂ©gional, on assiste Ă  un rapprochement de certains pays du Golfe avec l’Iran et d’autres puissances qui lui sont proches comme la Chine et la Russie. Ce n’est pas par amour pour TĂ©hĂ©ran, Moscou et PĂ©kin, mais surtout par peur que le dos amĂ©ricain ne soit plus très stable, donc il vaut mieux ĂŞtre pratique et chercher un dos alternatif, mĂŞme si vous savez qu’il n’y a rien de tel que le soutien amĂ©ricain

Dans une certaine mesure, cela montre que les accords d’Abraham n’Ă©taient pas la fin du jeu – car actuellement les Iraniens ne sont pas vraiment isolĂ©s. Quel est le lien entre tout cela et les informations faisant Ă©tat d’un accord de normalisation entre IsraĂ«l et l’Arabie saoudite sous les auspices de l’administration Biden ? Comme dans le cas des accords d’Abraham, il y a une ambition amĂ©ricaine de promouvoir un mouvement.

Ces derniers temps, les pays du Golfe ont fait part Ă  l’AmĂ©rique de leur mĂ©contentement face au langage diplomatique du Moyen-Orient. Joe Biden approche des Ă©lections et doit montrer un exploit, et c’est ainsi qu’une situation a Ă©tĂ© créée oĂą vous pouvez recevoir des cadeaux Ă©gaux de l’Oncle Sam. Les Saoudiens veulent une alliance de dĂ©fense, des systèmes d’armes avancĂ©s et un programme nuclĂ©aire civil pour contrer l’Iran. Et il y a une chance qu’en cours de route, il y ait aussi une normalisation avec IsraĂ«l.

Alors trois ans après les accords d’Avraham, la rĂ©alitĂ© est un peu complexe. D’une part, on parle d’un Ă©ventuel accord avec l’Arabie saoudite, un Ă©vĂ©nement qui, s’il se produit, changera complètement le Moyen-Orient. D’un autre cĂ´tĂ©, le sentiment que les accords d’Abraham perdent de leur Ă©lan et que des retombĂ©es sur des relations froides comme celles que nous avons avec la Jordanie et l’Égypte est quelque chose qui pourrait arriver un jour.

Il est important de se prĂ©cipiter et d’Ă©largir le cercle de la paix, mais il est tout aussi important de prĂ©server ce qui est lĂ  parce que dans le Moyen-Orient tel qu’il est venu, cela peut disparaĂ®tre …