Élisabeth Badinter | Pourquoi tirer une balle dans la tête d’une fillette juive ne fait pas partie de la mémoire collective en France ?

Elisabeth Badinter a été interviewé sur l’Express concernant l’antisémitisme et sa discrétion s’est oublié laissant place à des propos d’une grande franchise face au silence lourd et la mémoire sélective des français face aux victimes juives du terrorisme.

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Elle a tenu a montrer que les francais ont du mal à parler de l’antisémitisme clairement et ont tendance à se rappeler seulement des autres victimes même si chacune d’entre elle est importante.

Voici quelques réponses choc de Mme Badinter que nous avons retenues sur le site Alyaexpress-News :

Cas de l’attaque contre Sarah Halimi :

« – Je n’ai pas compris comment, en France, on a pu passer sous silence pendant deux longs mois un acte aussi atroce…Cela me désole, car la France n’est pas antisémite. Néanmoins, après Sarah Halimi, oui, j’ai ressenti le besoin de parler.
– Pourquoi la presse n’a-t-elle pas enquêté, sans apriori ? Pourquoi n’a-t-on pas entendu les hommes et femmes politiques “demander des réponses”, eux qui savent généralement si bien le faire
– Et la presse n’enquête pas ? Ne va pas interroger le voisinage ? A ce point de silence, c’est qu’on a choisi de ne pas enquêter! Au départ, j’ai même cru que c’était une “fake news”, tellement le crime était énorme et tellement personne n’en parlait. »

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Cas de la profanation de 34 sépultures juives à Carpentras :

 » – L’émotion autour de la profanation de Carpentras -perpétrée par des skinheads- s’est vite cristallisée autour de l’antilepénisme (au lieu de l’antisémitisme) »

Cas de l’attaque contre Ilan Halimi :

 » – On découvre que l’extrême droite n’a plus le monopole de l’antisémitisme dans ce pays.
– La gauche n’a plus l’épouvantail fédérateur d’extrême droite pour défiler. C’est pourquoi la manifestation in memoriam qui suit la mort d’Ilan Halimi -bien maigrelette par rapport à Carpentras- est essentiellement une manifestation communautaire, et non un grand rassemblement républicain et universaliste.
– la gauche n’a plus l’épouvantail fédérateur d’extrême droite pour défiler. C’est pourquoi la manifestation in memoriam qui suit la mort d’Ilan Halimi -bien maigrelette par rapport à Carpentras- est essentiellement une manifestation communautaire, et non un grand rassemblement républicain et universaliste.

Cas de l’attaque dans l’école Ozar Hathora :

 » On ne peut oublier ni ces amas de cadavres, les uns sur les autres au Bataclan, ni ce prêtre égorgé pendant son office, ni les journalistes de Charlie, exécutés les uns après les autres dans leur salle de rédaction, ni ce camion qui écrase des bébés à Nice… Ce sont des images gravées.

Mais je ne m’explique pas pourquoi l’exécution par Mohamed Merah de trois enfants dans la cour d’une école juive ne semble pas imprimer autant. Pourquoi cet acte de nature nazie, qui consiste à rattraper par les cheveux une petite fille de 7 ans, pour lui tirer une balle dans la tête à bout portant, ne s’incruste pas autant dans la mémoire collective. »

Cas de l’attaque de l’Hyper Casher :

 » La tribune publiée par des intellectuels français musulmans dans Le Journal du dimanche du 26 juillet 2016. C’est un bon texte, sur la nécessité de réformer l’islam de France, et sur la responsabilité qu’ils sont prêts à y prendre. Mais, dans l’entame de cette tribune, alors qu’ils listent les victimes des attentats des dernières années – “caricaturistes, jeunes écoutant de la musique, couple de policiers, enfants, femmes et hommes assistant à la célébration de la fête nationale, prêtre célébrant la messe”-, ils ne disent pas un mot des victimes juives, de Merah ou de l’Hyper Cacher.

“Un malheureux oubli”, ont-ils fait valoir par la suite. Ça signifie quelque chose, un oubli. On n’oublie jamais un rendez-vous d’amour, mais on oublie parfois un rendez-vous chez le dentiste! Cet oubli-là, dans cette tribune, m’a beaucoup attristée. Dans un texte en réponse, Philippe Val a émis l’hypothèse que cette omission avait été consentie pour ne pas heurter la partie minoritaire des musulmans qui ne veulent pas entendre parler de juifs.

Conclusion : « Je dis à mes concitoyens: ne laissez pas les juifs mener seuls ce combat. Sans quoi il est perdu d’avance. »

Merci Mme Badinter.

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