Dans la nuit de dimanche Ă lundi, quatre grandes puissances europĂ©ennes — la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Italie — ont annoncĂ© conjointement qu’elles seraient prĂŞtes Ă lever les sanctions imposĂ©es Ă l’Iran, Ă condition que TĂ©hĂ©ran prenne des mesures significatives concernant son programme nuclĂ©aire.
Cette dĂ©claration commune intervient dans la foulĂ©e de l’annonce par la Maison-Blanche d’un accord conclu avec la RĂ©publique islamique. Les quatre dirigeants europĂ©ens ont publiĂ© un texte dont la teneur est sans ambiguĂŻtĂ© : « L’Iran ne doit jamais acquĂ©rir l’arme nuclĂ©aire. Nous sommes prĂŞts Ă travailler avec les États-Unis, l’Iran et l’Agence internationale de l’Ă©nergie atomique pour atteindre cet objectif. »
Une levée de sanctions conditionnelle
La formulation retenue par les EuropĂ©ens est soigneusement calibrĂ©e. Il n’est pas question d’un geste unilatĂ©ral ou prĂ©alable : la levĂ©e des sanctions est explicitement subordonnĂ©e Ă des « mesures » que devrait prendre TĂ©hĂ©ran dans le domaine nuclĂ©aire. Le contenu prĂ©cis de ces mesures n’a pas Ă©tĂ© dĂ©taillĂ© dans la dĂ©claration commune, mais le principe d’une conditionnalitĂ© est posĂ© clairement.
Ce positionnement europĂ©en s’inscrit dans la dynamique créée par l’accord amĂ©ricano-iranien annoncĂ© par Trump. En se dĂ©clarant prĂŞtes Ă emboĂ®ter le pas Ă Washington, les quatre puissances europĂ©ennes signalent leur volontĂ© de participer Ă un cadre diplomatique plus large, tout en maintenant formellement la ligne d’une non-prolifĂ©ration nuclĂ©aire comme condition sine qua non.
L’inquiĂ©tude israĂ©lienne
Du cĂ´tĂ© israĂ©lien, l’annonce europĂ©enne est accueillie avec une prudence marquĂ©e. Des responsables sĂ©curitaires israĂ©liens mettent en garde contre ce qu’ils perçoivent comme un accord fragile, Ă©laborĂ© dans un calendrier accĂ©lĂ©rĂ© et qui ne rĂ©pond pas de manière satisfaisante aux questions centrales du programme nuclĂ©aire iranien. Leur principale crainte : les arrangements actuellement discutĂ©s risquent de laisser entre les mains de l’Iran des capacitĂ©s nuclĂ©aires significatives, mĂŞme après la conclusion d’un accord formel.
Cette inquiĂ©tude rejoint une ligne constante de la politique israĂ©lienne depuis des annĂ©es : JĂ©rusalem considère que tout accord nuclĂ©aire avec l’Iran doit inclure le dĂ©mantèlement total de ses capacitĂ©s d’enrichissement — et non simplement leur suspension temporaire ou leur encadrement partiel. Or, les contours du mĂ©morandum amĂ©ricano-iranien tel qu’il se dessine ne semblent pas satisfaire ce critère aux yeux des responsables israĂ©liens.
La dĂ©claration europĂ©enne ajoute ainsi une couche supplĂ©mentaire Ă un paysage diplomatique dĂ©jĂ particulièrement dense, dans lequel IsraĂ«l se retrouve minoritaire face Ă une convergence amĂ©ricano-europĂ©enne autour d’un accord dont il n’est pas partie prenante.
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