États-Unis : l’Union européenne a rejoint la campagne d’isolement économique contre l’Iran

Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a annoncé que l’Union européenne avait officiellement rejoint la campagne d’isolement économique menée contre l’Iran. Le secrétaire a écrit sur le réseau X que « les États-Unis se tiennent fermement aux côtés de leurs alliés pour garantir que le régime meurtrier en Iran ne pourra pas exploiter le système financier mondial pour financer ses ambitions nucléaires, son programme d’armement et ses émissaires terroristes. Nous ne nous arrêterons pas tant que chaque bouée de sauvetage économique restante n’aura pas été coupée ».

Cette annonce s’inscrit dans le prolongement direct d’« Operation Economic Outcast », la vaste campagne de pression économique lancée fin août par l’administration Trump contre Téhéran. Le président américain avait alors qualifié cette initiative de « plus écrasante opération économique jamais menée contre un pays », affirmant vouloir cibler les réseaux de contrebande pétrolière, les transferts financiers, les bureaux de change, les registres maritimes et les sociétés-écrans utilisées par le régime iranien pour contourner les sanctions. Selon Trump, ces mesures représentent une véritable « guerre économique » d’une ampleur sans précédent.

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Bessent avait lui-même comparé cette offensive économique au débarquement allié du jour J, la décrivant comme le début d’une vaste campagne destinée à chasser l’Iran de ses positions financières partout dans le monde. « Notre objectif est de couper chaque bouée de sauvetage économique qui maintient ce régime tyrannique en vie, jusqu’à ce que Téhéran se retrouve totalement isolé », avait-il déclaré.

Un soutien européen déjà affiché lors du G20

Le soutien de l’Union européenne à cette campagne n’est pas totalement inédit : il avait déjà été évoqué fin août, lors de la réunion des ministres des Finances du G20 organisée à Asheville, en Caroline du Nord. Bessent y avait alors affirmé que l’Union européenne soutenait ses efforts de sanctions avec un « soutien total », précisant que l’objectif était de créer les conditions nécessaires pour que le régime iranien accepte de revenir à la table des négociations. La Commission européenne avait publié à cette occasion une déclaration affirmant qu’elle « salue les efforts visant à garantir que l’Iran cesse ses activités déstabilisatrices et s’engage de bonne foi dans des négociations de paix, notamment par une pression économique accrue, y compris dans le cadre de l’Opération Economic Outcast menée par les États-Unis ».

La semaine précédente, Washington avait déjà imposé une nouvelle vague de sanctions touchant cinq secteurs clés de l’économie iranienne — l’aviation, les actifs numériques, l’or, la technologie et le transport maritime — ainsi que 60 individus et navires spécifiquement visés. Bessent avait par ailleurs indiqué que de nouvelles sanctions américaines seraient probablement dévoilées chaque semaine, dans le cadre d’une pression continue sur le régime.

Interrogé sur le temps nécessaire pour provoquer l’effondrement de l’économie iranienne, Bessent avait estimé lors du sommet du G20 que cela pourrait se produire « en quelques semaines ou quelques mois », ajoutant que l’objectif n’était pas nécessairement un effondrement total de l’économie, mais plutôt d’amener le régime à « revenir à la raison ».

Cette pression économique intervient dans un contexte de tensions militaires persistantes entre les États-Unis et l’Iran, marquées ces derniers mois par plusieurs échanges de tirs, notamment autour de la navigation commerciale dans le Golfe. Washington affirme vouloir utiliser l’ensemble des leviers à sa disposition — pressions économique, diplomatique, militaire et clandestine — afin de contraindre Téhéran à cesser ses actions déstabilisatrices dans la région.

Le ralliement officiel de l’Union européenne à cette campagne représente un développement significatif pour l’administration américaine, qui cherche depuis plusieurs mois à convaincre ses partenaires internationaux de couper tout lien économique avec le régime iranien. Washington a averti que les pays continuant à commercer avec Téhéran, que ce soit par des transferts financiers, des achats de pétrole ou du transport maritime, s’exposeraient eux aussi à des mesures américaines.