Explosion d’un site nuclĂ©aire iranien : Stuxnet 2?

L’Iran allègue que l’incendie et l’Ă©ventuelle explosion survenus dans sa centrale nuclĂ©aire de Natanz le 2 juillet auraient pu ĂŞtre causĂ©s par une cyberattaque et l’Iran menace de riposter.

L’Organisation iranienne de l’Ă©nergie atomique a confirmĂ© un incident survenu sur le site nuclĂ©aire oĂą, en 2010, une cyberattaque d’un État-nation hautement sophistiquĂ© a Ă©tĂ© orchestrĂ©e par les États-Unis et IsraĂ«l, maintenant connu sous le nom de Stuxnet.

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Initialement, l’agence n’a pas fourni d’informations sur la façon dont le nouvel incident s’Ă©tait produit – ni rĂ©vĂ©lĂ© les dommages causĂ©s sous terre, oĂą se dĂ©roulent la plupart des travaux d’assemblage des centrifugeuses nuclĂ©aires – mais a partagĂ© une photo du bâtiment en feu.

L’Iran dit maintenant qu’il est au courant de la cause de l’incident, mais ne rĂ©vĂ©lera pas ces informations en raison de « considĂ©rations de sĂ©curité », selon un rapport de Reuters.

Mais le chef de la défense civile iranienne, Gholamreza Jalali, a déclaré à la télévision publique hier (3 juillet) que « la réponse aux cyberattaques faisait partie du pouvoir de défense du pays ».

« S’il est dĂ©montrĂ© que notre pays a Ă©tĂ© la cible d’une cyberattaque, nous rĂ©pondrons », a-t-il ajoutĂ©.

Reuters s’est entretenu avec trois responsables iraniens non identifiĂ©s, qui ont dĂ©clarĂ© qu’ils pensaient que l’incendie avait Ă©tĂ© causĂ© par une cyberattaque, mais n’ont pas fourni de preuves pour le prouver. Deux des responsables ont dĂ©clarĂ© qu’IsraĂ«l pourrait ĂŞtre Ă  l’origine de l’attaque, mais n’ont pas pu Ă  nouveau prouver cette affirmation.

Pendant ce temps, le Times of Israel rapporte que l’incendie du site nuclĂ©aire a Ă©tĂ© causĂ© par une cyberattaque israĂ©lienne, après un rĂ©cent incident au cours duquel l’Iran a piratĂ© l’infrastructure hydraulique d’IsraĂ«l. Ce nouveau rapport n’a pas Ă©tĂ© confirmĂ©.

Stuxnet 2 ?

Les dernières nouvelles de l’Iran et les indices selon lesquels l’incident sur le site nuclĂ©aire pourrait avoir Ă©tĂ© une cyberattaque ce qui, bien sĂ»r, conduit Ă  des comparaisons avec Stuxnet, la cyberattaque massive qui aurait Ă©tĂ© perpĂ©trĂ©e par les États-Unis et IsraĂ«l dans un tentative de faire dĂ©railler le programme nuclĂ©aire de l’Iran. L’attaque a rĂ©ussi, dĂ©truisant 1 000 centrifugeuses et retardant le programme nuclĂ©aire iranien de plusieurs annĂ©es.

Cette nouvelle attaque est-elle donc un « enfant de Stuxnet » ou Stuxnet 2 ?

« Nous avons des informations extrĂŞmement limitĂ©es, donc l’attribution est en ce moment une dĂ©cision difficile », explique Ian Thornton-Trump, Cyjax CISO et ancien opĂ©rateur de renseignement militaire. « Ma dĂ©cision est que ce n’est pas Stuxnet 2. Les capacitĂ©s de l’Iran restent limitĂ©es pour une cyber-rĂ©ponse et ils n’osent rien de trop audacieux car ils restent un adversaire non paritaire et seraient Ă©crasĂ©s par une rĂ©ponse cinĂ©tique Ă  tout cyber-agression physique ou importante », ajoute-t-il.

Philip Ingram, MBE, un ancien colonel du renseignement militaire britannique est d’accord. « Je continue de penser Ă  l’Ă©quilibre des probabilitĂ©s, qui Ă©tait une attaque physique. »

Bien sĂ»r, dans le monde de la guerre hybride, rien ne peut ĂŞtre exclu, mais jusqu’Ă  ce que l’Iran affirme « officiellement » qu’il s’agit d’une cyberattaque et fournit des preuves solides pour le prouver, il serait prudent de supposer que l’incident Ă©tait un accident ou un sabotage.